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Ben Bouali Abdennour

Publié le 05/11/2016, par dans Non classé.

Un ancien cadre s’en est allé. Un ex-directeur général d’une ex-société nationale. Un pionnier de l’industrie décédé le 27 octobre dernier.
Un de ces jeunes ingénieurs qui ont porté à bout de bras le programme d’industrialisation du temps de l’Algérie ambitieuse et conquérante. Il a tiré sa révérence discrètement et précocement à un âge où il n’est pas déraisonnable d’espérer un surplus de longévité. De nos jours, 77 ans, ce n’est pas si vieux que ça. Hélas, le destin en a décidé autrement et de l’accepter ne diminuera en rien de notre peine, nous qui avons été ses proches collaborateurs. Un de plus, dirons-nous, comme pour nous consoler d’une fatalité qui ne cessera jamais de nous surprendre chaque fois qu’elle vient frapper à proximité.

Feu Abdennour Ben Bouali, c’est de lui qu’il s’agit, faisait partie de cette minorité d’ingénieurs des Grandes écoles que l’on pouvait compter, au lendemain de l’indépendance, sur les doigts d’une main. Dès sa sortie de l’Ecole centrale de Paris, il fut appelé par Monsieur le ministre de l’Industrie et de l’Energie (MIE) pour se voir confier la gestion du complexe sidérurgique d’El Hadjar (Annaba), et ce, avant qu’il ne vienne coiffer, en 1972, en tant que directeur général, la Société nationale des industries de la cellulose (Sonic). Il n’avait pas encore 30 ans, il y restera jusqu’en 1978 en veillant à ce que le secteur des industries de la cellulose et du papier prenne la place qui lui revenait dans les plans nationaux de développement.

Lorsqu’il quittera la Sonic, celle-ci disposait non seulement d’un potentiel industriel d’une dizaine d’usines réparties sur tout le territoire national, mais aussi de perspectives de développement à la hauteur des défis de l’époque. Hélas, ce qui survint par la suite, la « déstructuration» des entreprises — au nom de la restructuration —, le virage qui a conduit à l’économie de bazar ont réduit à néant les efforts de toute une génération.

Feu Ben Bouali ne pouvait que constater de loin le désastre, trouvant à s’employer entre-temps en tant qu’expert à l’Onudi d’où il eut l’occasion de mettre ses compétences au profit des pays en voie de développement.
Tous ceux qui ont eu le privilège de travailler sous son autorité savent quel chef il fut. Homme affable, intègre et de raison, il a su communiquer et entretenir l’harmonie dans les relations entre hommes et inter-structures. Homme qui doit son autorité à sa compétence plus qu’à sa position hiérarchique, sa manière d’appréhender objectivement et rationnellement les problèmes, de rechercher les solutions les plus adéquates ont été pour tous un modèle de pédagogie et de savoir-faire.

Aujourd’hui, sa disparition, au-delà de l’émotion et du sentiment de tristesse qui sont en nous, interpelle et renvoie au souvenir d’une époque où l’espoir était au bout du sacrifice et de l’effort. Toute une génération de cadres qui ont fait don de leurs meilleures années et dont beaucoup n’ont eu que l’ingratitude des lendemains désenchanteurs.
A chaque « départ», c’est un pan entier d’une histoire originale qui s’en va, emportant avec elle la mémoire de l’expérience d’une dynamique trop tôt enterrée. Prions pour que les générations actuelles et futures en prennent acte, capitalisent ces sacrifices et fassent que les erreurs et les expériences acquises servent de tremplin à l’édification d’un avenir prospère et apaisé.

Pour l’heure, le décès de Abdennour Ben Bouali nous enjoint au recueillement. Ses proches collaborateurs, ci-dessous signataires, et l’ensemble du collectif de l’ex-Sonic partagent l’affliction de sa famille, lui présentent leurs sincères condoléances et prient pour que Dieu l’accueille dans Son Vaste Paradis.

Chaïb Cherif Brahim,
Merzouk Mustapha, Bourouina Sadek ,Lagha Abd Errahmane ,Kebdi Rabah Lire la suite

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