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Beghai-Khenchela : des mets atypiques pour achalander la table de Yennayer

Publié le 10/01/2019, par dans Non classé.
Beghai-Khenchela : des mets atypiques pour achalander la table de Yennayer

KHENCHELA – Des traditions ancestrales sont encore vivaces dans la commune de Baghai, à 16 km du chef-lieu de la wilaya de Khenchela, notamment celles relatives à la célébration du nouvel an amazigh, ou des mets culinaires traditionnels comme « Berkoukech Khlie » (plomb avec de la viande séchée) et « Achekhchoukh dchicha El mermez » (chakhchoukha arrosée de sauce à base d’orge concassé), restent les maitres incontestés du repas de Yennayer.

Pour fêter chichement cet événement, les femmes de la région de Baghai s’affairent à préparer les mets les plus délectables pour célébrer, comme il se doit, la soirée du 12 janvier de chaque année, qui demeure une occasion de rassembler toute la famille autour d’une même table.

Propriétaire d’un restaurant de plats traditionnels implanté à la nouvelle ville de Khenchela, Aicha, une habitante de Baghai, agée de 69 ans, a confié à l’APS, que son objectif à travers l’ouverture de ce restaurant est, certes, de gagner sa vie, mais aussi de pérenniser l’héritage culturel amazigh, dont le repas de Yennayer.

Cette sexagénaire soutient, à cet effet, qu’elle et ses congénères, l s descendantes de la Kahina des amazighs Dihya, figure historique et identitaire célèbre des Aurès, mitonnent avec beaucoup de fierté le fameux « Berkoukech bel Khlie » pour célébrer la fete de Yennayer.

« Berkoukech Bel Khlie », une marque déposée

« Je prépare le Berkoukech, le matin meme du jour de l’an avec de la semoule fine que je roule avec un peu d’eau et du sel, à laquelle je rajoute une petite quantité de couscous dans une gasaa en bois, que je roule progressivement de manière circulaire avec les deux mains jointes et ce, jusqu’à l’obtention de gros grains de Berkoukech prets à etre cuits à la vapeur », a détaillé Mme Aicha.

En parallèle, cette femme, aux origines chaouies authentiques, fait cuire dans une marmite des fragments de Khlie, des tomates, du piment fort, des pois chiches, des fèves séchées, le tout mélangé avec de l’ail, de l’huile et de l’eau pendant un quart d’heure ou plus, avant de transvider dans la sauce le Berkoukech préalablement cuit à la vapeur pour qu’il continue de mijoter.

Une fois cuit, ce met traditionnel est servi avec les morceaux de Khlie dans une grande gasaa en bois, autour de laquelle les membres de la famille se réunissent dans une ambiance chaleureuse qui donne tout son sens à cette fête amazighe, a-t-elle précisé.


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Native de la commune de Babar au Sud de la wilaya de Khenchela, Mme Aicha qui vit désormais à Baghai depuis qu’elle s’est mariée il y a plus de 45 ans, confectionne également à l’occasion de Yennayer, un autre met traditionnel que ses enfants apprécient particulièrement, appelé « Achekhchoukh dchicha El mermez », un plat célèbre dans la tribu des Nememcha.

Il s’agit, a-t-elle dit, de mettre de la dchicha de mermez (orge concassé) dans de l’eau bouillante avec des tomates, de l’ail, du coriandre, du piment fort, rouge et vert, et des fèves séchées, tandis que sa fille prépare de fines galettes de chakhchoukha sur le tadjine en fer, avant de les morceler et servir le plat dans des ustensiles en terre cuite à l’heure du diner.

Mme Aicha révèle, à cet effet, que les membres de sa famille savourent ce plat d’autant qu’il réchauffe en cette période de grand froid caractérisant la région durant l’hiver, ajoutant que le nouvel an amazigh est célébré dans une ambiance conviviale, du fait que le chef de famille invite tous les proches à partager le diner de Yennayer.

Par ailleurs, même si certaines traditions liées à la célébration du nouvel an amazigh à Khenchela s’étiolent peu à peu, Mme Aicha estime, toutefois, qu’il « existe encore des familles dans la région de Baghai qui les préservent, notamment les femmes vivant dans les zones rurales ».


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Parmi ces traditions, Mme Aicha évoque le remplacement du « Kanoun », un foyer creusé dans le sol contenant des pierres servant d’appui pour poser la marmite et cuire les aliments, à l’occasion de la nouvelle année amazighe.

Yennayer c’est également une opportunité de réunir la famille et d’échanger les visites avec les proches, affirme, pour sa part, Chadli Guellil, un poète et écrivain, faisant partie des personnalités les plus en vue du milieu culturel à Khenchela.

Selon lui, « l’objectif majeur à travers la préparation du repas de Yennayer est de rassembler les membres de la famille autour de la table, de se rendre visite et échanger les divers plats préparés spécialement pour l’occasion, et ce, dans la joie, la fraternité et la mansuétude ».

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