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Beaux-Arts : La grève de la faim se poursuit

Publié le 10/02/2017, par dans Non classé.

Sept étudiants de l’Ecole nationale des beaux-arts sont en grève de la faim depuis dimanche. Ils ont décidé de continué leur mouvement. Les étudiants en pharmacie seront aussi, pour le troisième mois consécutif, en grève. Dimanche, il n’y aura pas de reprise des cours, comme ordonné par le ministre Hadjar.
La situation à l’Ecole nationale des beaux- arts d’Alger ne fait que s’aggraver. Sept étudiants observent une grève de la faim depuis près d’une semaine. Ces derniers, qui ont souhaité garder l’anonymat de peur d’inquiéter leurs proches, sont déterminés à maintenir leur action jusqu’à satisfaction de leurs revendications sociopédagogiques.

Le plus jeune d’entre eux, 19 ans, a été hospitalisé d’urgence, mercredi, après avoir perdu connaissance. Le ministère de la Culture a, comme à son accoutumée, dépêché ses cadres afin de discuter avec les étudiants, mais ces derniers, rencontrés à Alger, assurent qu' »ils ne leur font plus confiance». « Nous avons compris que les responsables de la Culture se moquent complètement de notre sort. Ils ne veulent pas réformer les Beaux-Arts.

Ils préfèrent nous occuper avec nos estomacs», s’indigne Myriam Zeggat, porte-parole du mouvement. Impossible de rencontrer les grévistes. Les étudiants expliquent qu’après avoir mis fin au blocus qu’ils avaient imposé à l’administration le 9 janvier, « cette dernière a non seulement privé les étudiants de leur transport mais a aussi donné l’ordre aux agents de fermer l’école et de ne laisser personne entrer ou sortir de l’établissement».

« Ce groupe, qui a entamé une grève de la faim, s’est trouvé piégé à l’intérieur de l’école. Les agents nous ont même empêchés de leur ramener de la nourriture. Les étudiants ont fini par continuer sur leur lancée et décrété une grève de la faim qui est aujourd’hui à son sixième jour», témoignent-ils. Devant l’Ecole des beaux-arts à Télemly, les agents de la sécurité de l’Ecole nous ont interdit l’accès afin de rencontrer les grévistes, sous prétexte que « nous devions être muni d’un ordre de mission délivré par le ministère de la Culture».

Désormais, les beauzaristes sont sous embargo. Quant à leur situation, elle reste jusque-là la même, et ce, malgré tous les mouvements de protestation observés par les différentes promotions au cours de ces dernières vingtaine d’années. Pour ne prendre que l’exemple des plus récents, Infidj’Art, ce mouvement initié en mars 2015 par les beauzaristes, en est la preuve. Les étudiants, qui ont porté les mêmes revendications, ont contesté pendant plus deux mois, en vain. Plusieurs autres actions ont été organisées en novembre 2016, mais rien n’a changé. « Jusqu’où ira cette situation ?» s’interrogent-ils.

Hébergement

« L’Ecole des beaux-arts n’a jamais été repensée depuis l’indépendance. Les responsables de la Culture sont en train de tuer notre école. L’Etat doit comprendre que si nous voulons le développement de notre pays, il faut encourager la pensée créative», suggère Myriam Zeggat. Son camarade rétorque : « Nous demandons des réformes profondes. Le ministère doit agir par des actions tangibles et non pas par des promesses qu’il ne saurait tenir. L’urgence n’est pas que économique, elle est aussi culturelle.»

Les revendications portées par les étudiants ont été formulées selon l’urgence et le temps raisonnable de leur réalisation. A court terme, le problème posé jusque-là reste, entre autres, celui de l’hébergement. Les étudiants assurent qu' »ils ne disposent pas encore de cité universitaire qui leur soit propre». Ils sont obligés de changer de lieu de résidence à chaque début d’année. L’année dernière, ils ont été placés dans les dortoirs de l’Institut supérieur des métiers des arts du spectacle (Ismas).

Cette année, ils sont temporairement à la cité de Zéralda, appartenant à l’Office national de la culture et de l’information (ONCI). Les étudiants affirment que les responsables de l’Ismas leur ont clairement signifié qu' »ils ne voulaient pas d’eux dans leur résidence». « Il y a toujours des considérations personnelles dans ces affaires, mais ce sont nous les étudiants qui finissons par être les victimes à la fin», dénoncent-ils. Cette fois-ci, les étudiants des Beaux-Arts ont contracté un retard de deux mois. L’entrée universitaire n’a finalement débuté qu’au début du mois de décembre, et encore… les étudiants avouent qu' »ils n’ont comptabilisé jusque-là qu’un mois d’étude».

A Zéralda, comme cela a été indiqué dans leurs actions précédentes, les étudiants manquent toujours de moyens de transport. Quant à la restauration, elle, ils assurent qu' »elle est quasiment inexistante». « Les responsables ne font que raconter leurs problèmes. C’est comme si nous devions les résoudre à leur place. Ce n’est pas à nous de parler des problèmes d’argent de l’école. Nous sommes ici pour nos études et pas pour trouver des solutions économiques qu’est censé régler le ministère de la Culture et ses différents organismes. Les œuvres universitaires sont garanties par la loi.

C’est un droit. Ils veulent juste nous orienter vers d’autres problèmes, chose que nous avons compris il y a longtemps», s’emporte l’un des contestataires. Sur le même registre, les étudiants revendiquent aussi « le retour des sorties pédagogiques et des workshops qui sont, selon eux, quasiment inexistants dans une école où ces derniers devaient être réguliers». « Les administrateurs de l’école partagent cette responsabilité avec les enseignants. Certains de nos enseignants s’absentent la plupart du temps.

Quant à l’administration, elle ne fait rien pour les remplacer alors qu’elle peut faire appel à des professionnels pour y remédier. Au contraire, l’administration ne fait qu’aggraver la situation», expliquent-ils. Devant la nécessité de recrutement, les grévistes soulèvent aussi le manque de post-graduation qui peut constituer, selon eux, la solution au problème. « Ce domaine reste fermé, et ce, depuis plus de 20 ans. L’administration refuse d’ouvrir le post-graduation et donc, aucun de nous ne peut songer à devenir professeur un jour», s’inquiètent-ils.

Actualisation

Pour le moyen terme, les étudiants expliquent que la question de l’actualisation des cours reste encore en suspens. Cette revendication a été portant soulevée lors des actions précédentes, au cours de Infidj’Art, mais rien n’a été fait depuis. « Nos cours datent des années 1980 et n’ont aucun lien avec l’art contemporain.

Nous ne cessons de rappeler l’importance de les actualiser, en vain. Vous ne pouvez pas discuter d’un pareil sujet avec des administrateurs, mais avec des artistes qui connaissent la valeur et la portée Lire la suite

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