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Beaucoup de retard à rattraper à Béjaïa

Publié le 01/03/2018, par dans Non classé.

L’arrêt de la grève du Cnapeste est reçu à Béjaïa avec soulagement au sein de la famille de l’éducation mais laisse place à une autre inquiétude, celle induite par la réalité de l’après-grève, de son bilan et des dommages subis par les élèves à quelques jours des examens du deuxième trimestre, déjà affichés.
La grève « nationale» a donc duré 28 jours. A Béjaïa, elle a été de 42 jours, sans compter le mouvement de novembre dernier, ce qui nous donne une grève de deux mois pile. C’est ce cumul qui nourrit toutes les inquiétudes, malgré les assurances des pouvoirs publics. Sur les tablettes de la direction de l’éducation (DE), le « programme d’accompagnement» est devenu un leitmotiv depuis quelques jours.

Il se décline sur deux aspects « pédagogique et psychologique». Le psychologique est censé réparer les fêlures que la longue grève a occasionnées sur le moral des élèves qui ont perdu leur rythme de scolarité, et peut-être le goût aux études pour certains, à croire des témoignages de parents.

« Quand je demande à ma fille de reprendre ses cours, elle me répond à quoi bon !» relate la mère d’une collégienne. Le défi est celui de pouvoir renouer le fil en un temps limité. Les conseillers d’orientation ont été mis à contribution pour rassurer les élèves sur la possibilité de rattraper le retard et tenter d’absorber les tensions qui pourraient survenir.

La tâche ne semble pas avoir été rude, puisque la wilaya n’a pas connu de mouvement de protestation des élèves, si ce n’est l’action de ceux de Sidi Aïch qui ont marché à Béjaïa-ville dans le calme sous la houlette de la Fédération des parents d’élèves. Les manifestations de rue des lycéens en solidarité avec les enseignants radiés vécues dans certaines wilayas, notamment à l’Ouest, n’ont pas concerné Béjaïa.

La raison pourrait être que, selon la direction de l’éducation, aucune décision de radiation n’a été adressée. Maintenant que le mouvement prend fin, l’attention partagée pendant la grève entre grévistes et élèves est désormais reportée exclusivement sur ces derniers. « Il faut leur montrer que le rattrapage est possible», nous dit Bezza Benmansour, le secrétaire général de la DE de Béjaïa.

L’essentiel du travail pour rattraper le retard se concentre dans l’accompagnement pédagogique qui sollicitera des efforts de la part des enseignants mais aussi des apprenants.

Il est laissé la latitude aux chefs d’établissement d’adopter le programme qu’il faut en concertation avec toutes les parties. C’est l’orientation donnée par la DE qui préfère parler de « régularisation pédagogique». En termes plus simples, on réfléchira à comment pouvoir « faire le maximum» pendant le temps qui reste d’ici l’arrêt des cours, le 20 mai. Bourrage des crânes ?

Elèves et parents l’appréhendent sérieusement. « Ce ne sera pas du bourrage», nous répond Bezza Benmansour. « Si un cours repose sur quatre activités, l’enseignant devra le faire par exemple sur deux seulement. Il ne donnera que l’essentiel», nous explique le DE, Badar Brahim. Optimiser le temps, sacrifier certaines matières secondaires, comme le dessin, occuper la matinée des samedis, et les après-midi du mardi…

C’est donc aux chefs d’établissement qu’il est laissé l’initiative de décider. A en croire le DE, officiellement les responsables des établissements scolaires n’ont été soumis à aucun programme obligatoire dans ce sens, ni même instruits pour sacrifier obligatoirement la première semaine des vacances de printemps. « Il ne faut pas oublier que le bac sportif c’est pour les vacances de mars», précise Benmansour.

Il revient à dire que beaucoup de directeurs de ces établissements n’auront pas le choix et risquent d’aller vers ces mesures extrêmes, notamment pour les lycées qui ont été tous secoués par la grève. « 113 grévistes ont pris en charge des classes d’examen dans les lycées et 131 dans les CEM», tente de rassurer le DE, mais le chiffre est minime. Dans le moyen, 95 CEM, sur 158, ont été concernés par la grève, dont certains partiellement. Au primaire, 85% des écoles ont été épargnées par le mouvement.

A en croire les derniers chiffres de la DE, à son dernier jour, hier, la grève a mobilisé 2781 enseignants dans la wilaya, dont 1309 dans les lycées et 1157 dans les CEM. Les chiffres sont ceux comptabilisé après la reprise de 887 grévistes hier. La reprise totale aujourd’hui remettra les compteurs à zéro à Béjaïa, puisque le problème des radiés ne se pose pas vraiment. La DE a préparé un millier de décisions de radiation qu’elle n’a pas envoyées aux concernés, selon le DE, mais qui a quand même expédié toutes les deuxièmes mises en demeure.

« Ceux qui ont reçu la deuxième mise en demeure, la loi les obligent à présenter un justificatif de leur absence. S’il n’est pas valable, ils devraient passer devant la commission paritaire qui statuera en tant que commission de discipline», précise le DE. Est-il possible de faire passer plus de 1000 enseignants mis en demeure devant la commission ?

« C’est possible qu’ils ne le seront pas», nous répond Badar Brahim. L’inquiétude de l’administration semble être l’élève et la réaction qu’il réserve au programme de rattrapage. « Il faut qu’ils sachent que les examens officiels se feront sur les cours réellement dispensés», ajoute le DE, qui prend ses précautions pour n’évoquer en aucun cas la fameuse ataba (seuil). Pourtant, elle se cache bien dans le seuil des cours réellement dispensés.
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