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Batna: la dechra de Menâa, un village millénaire en péril

Publié le 19/05/2019, par dans Non classé.
Batna: la dechra de Menâa, un village millénaire en péril

BATNA – Village millénaire de la région des Aurès, la dechra de Menaâ, noyau lointain de la ville du même nom située à 85 km au sud de Batna, croule sous le poids de l’âge et risque tout bonnement de disparaître si rien n’est fait pour contrer l’action du temps.

Il n’est nul besoin d’être expert pour constater l’état de délabrement de la dechra de Menaa causé par l’absence d’entretien et de mesures de protection, une absence qui menace inexorablement l’existence d’une cité séculaire se voulant l’archétype de l’architecture amazigh.

La menace qui pèse sur cette dechra est de plus en plus pressante après l’effondrement d’une bâtisse et la fissuration de l’un de ses remparts, enregistrés cette année suite à d’importantes chutes de pluies ayant conduit à la fermeture de l’une des entrées du village, a confié le président de l’Assemblée populaire de la commune de Menaâ, Mezati Nakous.

 »Ce rempart de plus de 8 mètres peut s’écrouler à n’importe quel moment sur les passants » a mis en garde cet élu, déplorant le manque de moyens financiers dont dispose sa commune mais aussi l’absence de main d’œuvre qualifiée nécessaire aux travaux de restauration.

Anciennement appelée Tfilzi, la dechra de Menaâ avec ses maisons construites généralement sur deux niveaux, est jusqu’à aujourd’hui habitée par de nombreuses familles qui ont jalousement préservé leur mode de vie pour conférer aux lieux un charme des plus saisissants.


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Classée site naturel 1928, la dechra de Menaâ attend toujours sa classification en tant que bien culturel national, a déclaré le directeur local de la Culture, Omar Kebbour, soulignant que ce statut va permettre à ce village de bénéficier des mesures garantissant sa protection contre toute forme de dégradation.

Pour ce faire, il faut préalablement élaborer un dossier détaillé comportant toutes les données archéologiques et historiques mais aussi les relevés topographiques du site, a- t-il dit.

M.Kebbour a ainsi rappelé que les palais de M’doukel avaient été confrontés à la même problématique jusqu’à ce que le dossier de leur classification en tant que biens culturels ne soit soumis en octobre 2018 au ministère de la Culture et à la commission nationale des biens culturels.

D’aucuns universitaires, spécialistes en architecture et protection du patrimoine, suggèrent à leurs étudiants de prendre ce genre de sites non encore classés comme projets de fin d’études ce qui non seulement leur permettra d’enrichir la recherche universitaire, mais aussi de contribuer avec leurs travaux à classer et sauvegarder le patrimoine culturel local, a-t-on fait savoir.

« Thafsouth », une occasion pour perpétuer la célébration du printemps

Fête ayant fait la renommée de la dechra de Menaâ à travers tout le territoire national, Thafsouth où la fête du printemps constitue pour les jeunes de cette région enclavée l’opportunité de faire découvrir toute la beauté de ce village et ses détails architecturaux uniques faisant de ses constructions un havre de fraîcheur en été et un abri chaud en hiver .

S’articulant autour d’un grand festival d’exhibitions hippiques, de tir et de jeux populaires, Thafsouth qui a lieu généralement à la première quinzaine du mois de mars pour manifester son attachement à la terre, permet, selon les jeunes de ce village, d’attirer l’attention sur la situation de la dechra et la nécessité d’entreprendre au plus vite les démarches visant sa classification.


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Dans cet ordre d’idées, la Dechra de Menaâ avait abrité l’année dernière un atelier de formation sur l’architecture ancestrale dans le but de sensibiliser ses habitants sur l’importance de la valorisation et de la protection du bâti séculaire.

La dechra de Menaâ près de laquelle passe la route nationale (RN) n 87, abrite la zaouïa Kaddiriya Ben Abbas, plus connue sous le nom de la demeure du Cheikh. Cette zaouïa a été fondée en 1660. Sa mosquée a été bâtie sur des vestiges d’une construction romaine. Deux petits fils d’Ahmed Bey, dernier bey de Constantine, y sont enterrés.

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