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Bac, métiers et microcrédits pour la réinsertion sociale des détenus

Publié le 17/06/2018, par dans Non classé.

A travers une cérémonie organisée le 27e jour du Ramadhan à la prison d’El Harrach, des détenus ont fait brillamment étalage de leurs talents et leurs aptitudes intellectuelles et manuelles acquises grâce à des programmes qu’ils ont suivis en milieu carcéral.
L’occasion pour le ministère de la Justice, et plus spécialement la Direction générale de l’administration pénitentiaire (DGAP), de communiquer sur sa nouvelle politique à l’intention des pensionnaires de ses établissements de rééducation en espérant que les virtuoses (hommes et femmes) que nous avons eu le plaisir de découvrir fassent des émules.

Il s’agit, pour résumer, d’un ambitieux programme destiné à prodiguer une formation aux détenus dans le but de les préparer à la vie post-carcérale et leur assurer une réinsertion sociale heureuse qui les prémunisse contre toute tentation de récidive.

Ce plan offre la possibilité à ceux qui souhaitent reprendre leurs études de renouer avec la vie scolaire et aux plus persévérants de décrocher leur baccalauréat et de préparer un diplôme universitaire. Cette année, plus de 4300 détenus sont candidats au bac. Aux autres, il propose des ateliers d’initiation à divers métiers dans le cadre de la Formation professionnelle et de l’artisanat. Des possibilités de microcrédit sont également promises à ceux qui souhaitent monter un projet par le biais de conventions avec l’Ansej, l’Angem et la CNAC.

Grosse opération de com’ que celle organisée mardi dernier par le ministère de la Justice à travers la Direction générale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion (DGAP), en invitant la presse à assister à une cérémonie qui s’est tenue après le f’tour, à la prison d’El Harrach.

Au-delà du prétexte (célébration de Leïlate El Qadr), l’objectif était surtout de promouvoir la politique adoptée depuis quelques années par l’administration pénitentiaire en matière de réinsertion sociale des « nouzala», les « pensionnaires» des établissements carcéraux, par le biais notamment de la formation, étant convaincue que « c’est la meilleure manière de les immuniser contre la récidive».

La cérémonie qui s’est étalée de 22h30 à 00h45 proposait un menu extrêmement dense, où se mêlent concours de récitation du Coran, poésie, histoires courtes aux visées didactiques, ainsi que des résumés d’ouvrages pleins d’érudition dont Zad El Miaâd (Viatique pour l’Au-delà) d’Ibn Qayyim Al Jawziya.

A noter que des femmes détenues étaient également de la partie et se sont formidablement exprimées durant cette cérémonie aux accents épiques qui prenait par moments des airs de joutes savantes tant le niveau affiché par les détenus forçait l’admiration. A cela s’ajoutent des témoignages édifiants de prisonniers qui ont bénéficié d’une formation, et qui préparent soigneusement leur carrière post-pénitentiaire.

« Ces activités s’inscrivent dans le cadre des différents programmes organisés au niveau des établissements pénitentiaires au profit des détenus, entre enseignement général, formation professionnelle et artisanat, activités sportives, culturelles et éducatives ainsi que des concours de récitation du Coran. L’objectif de ces activités est de permettre aux détenus d’acquérir des diplômes et des compétences qui les aideront dans leur insertion dans la société après leur libération», peut-on lire dans le communiqué de presse du ministère de la Justice.

« Laissez vos portables dans le casier»

Il était environ 22h20 lorsque nous nous sommes pointés devant les imposantes portes de fer du plus important établissement pénitentiaire en activité à Alger (Serkadji étant fermé pour être transformé en musée).

Après avoir franchi un premier portail donnant sur le poste de police et la vérification de nos papiers, nous sommes priés d’abandonner nos téléphones portables dans un casier dont nous devions garder la clé. Nous franchissons ensuite un deuxième portail et nous troquons notre carte de presse contre un badge. Nous sommes orientés à présent vers une grille métallique tenue par des gardiens.

Sitôt ayant traversé la dernière grille, nous nous retrouvons dans une cour parée avec faste, un décor qui tranche avec l’austérité habituelle des lieux : des rangées de chaises confortables sont disposées pour recevoir les invités, tandis qu’une scène a été aménagée où sont alignés les membres d’un ensemble musical en costumes traditionnels très cossus (l’ensemble El Aqsa). Un tapis rouge sépare la scène ainsi improvisée du public.

Dans l’arrière-scène sont installées des chaises où ont pris place une trentaine de détenus, les uns vêtus d’une abaya et chechia blanches, les autres d’une blouse blanche aussi, sur un pantalon noir. Dans un coin, à gauche, trône le jury derrière une table. Il est composé de deux imams et un spécialiste de langue et littérature arabes. A la manière des émissions de télévision type « Forsane El Qor’an», ils sont conviés pour départager des récitants du Livre saint issus de sept établissements carcéraux (El Harrach, Blida, Berrouaghia, Chlef, Tizi Ouzou, Tidjelabine et Koléa). Un peu plus bas, au fond, à droite, un autre groupe de détenus a été invité à assister à la cérémonie. Ils sont discrètement encadrés par des gardiens.

La formation, gage d’une deuxième chance

10h30. Plusieurs cadres supérieurs et directeurs centraux de différents ministères débarquent au milieu d’une grande agitation. Ils prennent place aux premières rangées. Le plus en vue est Mokhtar Felioune, directeur général de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion.

Plusieurs départements ministériels sont représentés : MDN, Formation professionnelle, Agriculture, Affaires religieuses, Solidarité nationale…Dans le lot également des juges d’application des peines. A cela s’ajoutent des membres d’organisations partenaires, dont les Scouts musulmans, l’association Ouled El Houma et l’association La Main Tendue qui fait un précieux travail de « réinsertion post-carcérale».

Des serveurs passent entre les rangs chargés de plateaux et proposant aux détenus ainsi qu’aux invités, gobelets de thé et qalb Ellouz. Des bouteilles d’eau minérale fraîche de marque « Texenna» sont également distribuées. L’ambiance est bon enfant. On en oublierait presque les hautes murailles hérissées de barbelés qui nous séparent du monde extérieur, les sirènes agglutinées autour d’une tour de contrôle et la foule d’hommes en uniforme qui veillent au grain…

Dans un mot de bienvenue, le directeur de la prison d’El Harrach a tenu à souligner d’emblée que cette soirée conviviale est la parfaite illustration de la nouvelle politique mise en place ces dernières années « pour aider les pensionnaires de nos établissements à se remettre sur pied et aller de l’avant d’un pas ferme» en leur offrant Lire la suite

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