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«Les initiatives locales de développement solidaire peuvent constituer une alternative viable et durable»

Publié le 24/02/2018, par dans Non classé.

– Une dynamique est née ces dernières années en Kabylie. Quelques villages ont décidé d’engager des projets de développement après l’échec des politiques publiques depuis 1962. Comment interprétez-vous ce phénomène qui est, c’est le moins qu’on puisse dire, à cheval entre la sociologie et l’économie ?

Le développement ne peut être réduit à des étapes linéaires de croissance excluant les spécificités structurelles et socioculturelles des sociétés. Le développement nécessite une approche socioéconomique et historique et une prise en compte des caractéristiques des structures sociales et culturelles des communautés locales pour mieux appréhender et intégrer la logique et la dynamique de ses acteurs.

L’Algérie, après l’indépendance, avait opté pour un modèle de développement dit des industries « industrialisantes», orienté vers des industries lourdes comme la sidérurgie, la métallurgie, la mécanique, la chimie et l’énergie. Ces industries ont été dotées d’un capital technique de dernière génération, mais vite rétrogradées sous l’effet de la désarticulation et dysfonctionnement de ce modèle en déphasage avec les spécificités socioéconomique du pays.

Faut-il rappeler que durant la crise économique des années 1990 et l’application du Plan d’ajustement structurel (PAS), les communautés villageoises en Kabylie ont orienté davantage les actions de l’organisation sociale villageoise (tajmaat) vers les besoins socioéconomiques des villages en réalisant des infrastructures de base, eau, électricité, assainissement, aménagements, etc.

Les comités de village ont joué un rôle important dans le développement local et la prise en compte des besoins réels des populations villageoises. Cette dynamique n’est pas récente, elle est ancestrale ; elle a certes traversé des crises, mais elle a su resurgir et évoluer. Son fondement peut être appréhendé dans l’auto-organisation et l’esprit de solidarité qui structurent les communautés villageoises de la Kabylie.

– C’est une entreprise unique au monde que des citoyens financent eux-mêmes leur propre développement, avec leurs propres moyens, souvent rudimentaires. Quelles leçons peut-on tirer de ces expériences exceptionnelles dans un pays qui peine à s’ouvrir des perspectives réelles de développement ?

Le financement solidaire du développement dans les villages de la Kabylie est une réalité concrète. Ces pratiques de financement sont ancrées dans la dynamique collective auto-organisationnelle des villages.

La mobilisation des financements solidaires via notamment les caisses villageoises, les envois de fonds des émigrés et la participation des associations du village ont montré leur efficacité et une certaine innovation sociale dans la gestion des projets (étude, financement, suivi et réalisation). Ces dernières années, les villages ont réalisé des projets lucratifs générateurs de revenus (location des salles de fêtes, cybercafés, bus de transport).

Il faut aussi souligner que ce système de financement solidaire villageois est fortement soutenu par les fonds de la communauté des émigrés établis à l’étranger. L’organisation et l’institutionnalisation de ces pratiques vont les pérenniser davantage et même créer une relation institutionnalisée avec les collectivités locales et les institutions financières.

– Tiferdoud est l’exemple le plus édifiant de ces initiatives. Ses habitants ont des projets ambitieux pour développer une économie locale, construite sur le développement durable, l’écologie (le recyclage des déchets) et le tourisme de montagne. Pensez-vous que cela est du domaine du réalisable à l’échelle d’un village s’il n’y a pas d’accompagnement et un environnement qui appuient et mettent en valeur de tels projets ?

L’environnement juridique et institutionnel du pays ne permet pas le développement de ces pratiques qui relèvent en réalité de l’économie sociale et solidaire. Les initiatives solidaires existent et se développent dans les villages, mais l’Etat doit les accompagner avec un cadre réglementaire adapté voire des financements.

L’Assemblée populaire de la wilaya de Tizi Ouzou, à titre d’exemple, a accompagné ces dynamiques écologiques de protection de l’environnement dans le cadre du concours du village le plus propre, dédié à la mémoire de Aïssat Rabah. Cette initiative a été bien accueillie par les comités de village (372 villages qui participent depuis 2013).

On relève que les communautés villageoises sont fortement engagées dans la protection de l’environnement et pour rendre leurs villages attractifs. Certains comités de village ambitionnent la valorisation de leur patrimoine matériel et immatériel en vue de développer le tourisme solidaire de montagne.

Aussi, il est important de souligner l’implication des femmes dans ces actions de développement et de protection de l’environnement. Les structures traditionnelles kabyles sont dominées par les hommes et les femmes ne participent pas dans la délibération du conseil du village (tajmaat). Ces dernières années, les femmes se sont structurées dans des associations culturelles et environnementales et participent avec le comité du village dans plusieurs actions de développement.

– Que faut-il faire pour que cette dynamique devienne constante et que les projets ambitieux qui s’y inscrivent soient réalisables pour stabiliser les populations et leur donner les moyens pour atteindre leurs buts ?

Le développement local nécessite l’engagement et la participation inclusive des acteurs locaux et ne devrait pas exclure les structures sociales et politiques traditionnelles d’un territoire. La prise en considération des spécificités de ces structures s’est avérée nécessaire pour l’adaptation de toute action de développement aux besoins réels des sociétés locales.

Cela suppose aussi un modèle d’organisation décentralisé de l’Etat. La décentralisation est perçue comme une condition capitale pour la gouvernance locale et le développement local participatif. Elle ne peut, en effet, se limiter à la délégation des pouvoirs de décision ou de délibération aux institutions administratives officielles et formelles de l’Etat.

Autrement dit, la décentralisation ne doit pas occulter les structures sociopolitiques traditionnelles qui sont dans certains pays en voie de développement indépassables du fait de leur rôle et l’ancrage politique, culturel et social. Je pense que c’est à travers cette approche que les comités de village doivent être intégrés et institutionnalisés en mettant en place un dispositif légal et institutionnel adéquat et adapté à leurs spécificités, et en respectant également leur fonctionnement démocratique.

La loi 12-06 relative aux associations ne convient pas à l’organisation sociale du village. Je pense qu’il faut mettre un autre cadre réglementaire susceptible de faire sortir ces pratiques de développement de leur caractère informel et les pérenniser en créant des institutions villageoises de développement.

– Est-ce que ces initiatives en Kabylie peuvent constituer une véritable alternative de développement dans la région ? Ou du moins offrir un environnement qui favoriserait une réelle dynamique Lire la suite

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« Conexión », un concert flamenco-jazz présenté à Alger

Publié le 24/02/2018, par dans Non classé.

ALGER – « Conexión », intitulé d’un concert flamenco-jazz, animé vendredi à Alger, par le duo espagnol Juan Gomez Chicuelo et Marco Mezquida, dans une ambiance relevée, devant un public nombreux.

Accueilli a l’Opéra Boualem-BessaIh, le duo, soutenu par leur compatriote, Paco de Mode à la percussion, a enchanté le public, 80 mn durant, à travers les huit pièces de leur unique album ensemble, au titre repris pour leur concert à Alger.

Epoustouflants de virtuosité, les trois musiciens ont fait montre de toute l’étendue de leurs talents respectifs, étalant leurs nouvelles créations à l’esprit flamenco et aux consonances jazz, sur des cadences composées, où les moindres intervalles harmoniques et rythmiques étaient exploités.

Les sonorités des cordes piquées et les accords renversés de la guitare de Juan Gomez Chicuelo caractérisant le genre flamenco, ont été renforcés par les dissonances harmoniques et les envolées phrastiques de Marco Mazquida au piano, donnant un champ d’expression plus contemporain, ouvert sur l’universalité et le jazz, à une musique représentative d’un genre autochtone.

Dans des arrangements prolongés, conçus pour les prestations en public, les pièces, « Chicuelina », » Al Sol », « A Solas », « Velas », « Engano » « Neuordo », « Lento, andante, trepidante » et « Conexión », ont offert des espaces d’interprétation plus élargis aux trois musiciens qui ont brillé de maîtrise et de technique, se donnant la réplique dans des appels-réponses ahurissants de complicité et de précision.

Le public, applaudissant longtemps « cette belle fusion des genres », de l’avis d’une spectatrice, a savouré le spectacle dans l’allégresse et la volupté.

« Conexión », concert au genre musical introspectif, a mêlé les caractères fougueux du jazz et nostalgique du flamenco, pour permettre une rencontre judicieuse sur une même partition, d’un contenu authentique avec une forme des plus modernes.

Considéré comme l’un des guitaristes flamenco de référence, Juan Gomez Chicuelo a travaillé avec des musiciens de renom, à l’instar d’Enrique Morente ou Diego El Cigala.

Il a notamment composé une partie de la bande originale de « El Quijote », dernier film d’Orson Welles.

Pianiste consacré dans les domaines du jazz et de l’improvisation, Marco Mezquida a reçu de 2011 à 2013, trois prix consécutifs en tant que Musicien de l’Année de l’Association des Musiciens de Jazz de Catalogne.

Il a enregistré 25 albums, dont cinq d’entre eux en tant que leader et a joué dans plus de 30 pays sur 4 continents, avec plusieurs musiciens et groupes des plus influents de la scène du jazz, à l’instar de Jorge Rossy, Giulia Valle, Perico Sambeat et Marc Miralta.

Le concert « Conexión » est organisé sous l’égide du ministère de la Culture, par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), en partenariat avec l’Opéra d’Alger et l’Institut Cervantès d’Alger.

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L’OFA compte ériger une statue à l’effigie de la moudjahida Djamila Bouhired

Publié le 24/02/2018, par dans Non classé.
L'OFA compte ériger une statue à l'effigie de la moudjahida Djamila Bouhired

LE CAIRE – L’Organisation de la Femme arabe (OFA) compte réaliser une statue au Caire (Egypte), à l’effigie de la moudjahida Djamila Bouhired, outre les projets d’un film et d’un livre sur son parcours militant, selon la presse égyptienne.

En marge de la 2e édition du Festival international des films de femmes d’Assouan, dédiée à la moudjahida Bouhired, la présidente de l’OFA, Mirvet Tellaoui a indiqué que la statue sera érigée dans « l’une des rues du Caire », précisant que le film et le livre consacrés à la moudjahida retraceront « le riche parcours militant de Bouhired ».

Créée en 2003, l’OFA, organisation gouvernementale activant au sein de la Ligue des Etats arabes, a pour objectif « la défense de la cause de la femme arabe ».

La moudjahida Djamila Bouhired participe actuellement à la deuxième édition de ce festival dont les manifestations se poursuivront jusqu’au 26 du mois en cours.

Outre les projections cinématographiques, les organisateurs de ce festival ont élaboré un riche programme de rencontres et conférences traitant du cinéma et de la cause de la femme.

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Le Bastion 23 célèbre la « Casbah en aquarelle » 

Publié le 23/02/2018, par dans Non classé.

ALGER- Une exposition de peinture, dédiée à l’architecture et à des scènes de vie dans une vision idéaliste de la Casbah d’Alger, intitulée « La Casbah en aquarelle », a été inaugurée jeudi par le plasticien Abdenasser Rebati.

Organisée par le Centre des arts du Palais des raïs- Bastion 23, cette exposition une célébration symbolique de la journée nationale de la Casbah coïncidant avec le 23 février de chaque année.

Dans ces oeuvres Abdenasser Rebati reproduit en aquarelle l’univers architectural de la Casbah, appuyé par des ruelles étroites, des escaliers et parfois des fontaines en tentant d’incruster des scènes de vie anciennes traduites généralement par des femmes en haïk.

le peintre reprends également quelques éléments décoratifs des maisons traditionnelles dans ces £uvres à l’image de la céramique, les moucharabiehs ou encore les grandes portes anciennes et leurs heurtoir en reproduisant fidèlement les détails ornementaux de chaque objet.

« La Casbah en aquarelle » est également une célébration de la lumière par des oeuvres lumineuses qui mettent en avant une cité blanche et gorgée de soleil mise en avant par le contraste que produit l’ombre des sabat.

Par cette collection, exposée au Palais 17 du bastion, l’artiste peintre souhaite mettre en avant la particularité architecturale de la Casbah d’Alger en lui « redonnant par la peinture le lustre qu’elle perd au fil du temps ».


Lire aussi: Casbah d’Alger: ouverture l’été prochain d’espaces de culture et d’artisanat le long de la Galerie touristique


A l’occasion de la journée nationale de la Casbah, le centre des arts a également accueilli les jeunes de l’association culturelle « Zahrat El Djazair » qui ont organisé un petit défilé de mode et une exposition de costumes traditionnels algérois. L’association a également organisé un récital de musique châabi animé par de jeunes interprètes et musiciens amateurs.

L’exposition « La Casbah en aquarelle », se poursuit jusqu’au 5 mars.

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Décès du réalisateur de télévision Abdelhak Benamar 

Publié le 23/02/2018, par dans Non classé.

ALGER- Le réalisateur de télévision Abdelhak Benamar est décédé jeudi soir à Alger, à l’âge de 79 ans, a t-on appris auprès de ses proches.

Le défunt qui a rejoint l’Entreprise de la télévision algérienne en 1963, a réalisé de nombreux programmes télévisés dont l’émission « Sabahiet ». L’enterrement du défunt aura lieu ce vendredi après la prière du Dohr au cimetière de Garidi (Alger).

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Des milliers de collégiens dans la rue à Boumerdès

Publié le 23/02/2018, par dans Non classé.

Le bras de fer qui oppose le Cnapeste au ministère de l’Education nationale commence à prendre d’autres tournures dans la wilaya de Boumerdès.
Hier, des milliers de collégiens de différents établissements de la région sont sortis, pour la seconde journée, dans la rue pour « exiger le retour de nos enseignants», radiés par la tutelle à cause de la poursuite de la grève. Le directeur de l’éducation, M. Khensous, parle de plus de 24 radiations dans les trois cycles, soulignant avoir envoyé une 2e mise en demeure à 1500 autres grévistes pour cesser leur mouvement. Mais cela, semble-t-il, n’a pas plu à certains élèves.

A Bordj Menaïel, des centaines de collégiens, dont des filles, ont bloqué hier la RN12, avant d’improviser une marche au centre-ville. Les manifestants ont brûlé des pneus et bloqué la chaussée avec des blocs de pierre et des troncs d’arbre juste en dessous du pont à l’entrée de la ville, provoquant d’immenses embouteillages.

La circulation a été rétablie une heure plus tard après l’arrivée des gendarmes, mais certaines images de jeunes criant leur colère sur cette route à grande vitesse donnent à réfléchir. « Pourquoi ce sont eux qui protestent et pas leurs parents ?» se demande un passager. A Figuier, la situation a failli dégénérer. Des collégiens du CEM Zerrouki Mohamed ont déserté leur établissement après la venue de quatre suppléants. Sur leur route vers l’Académie, ils ont jeté des pierres à l’intérieur du CEM Ahmed Malek, pour faire sortir leurs camarades et les inciter à se joindre à eux.

Saccage !

Chose qui a été faite, mais après le saccage de plusieurs fenêtres. Les élèves ont marché jusqu’au chef-lieu de la wilaya « en signe de soutien à nos enseignants», ont-ils déclaré. D’autres actions similaires ont été enregistrées dans les localités de Thénia, Dellys, Zemmouri, Ouled Moussa, Hammadi, Naciria, etc. « Ils veulent nous ramener des gens qui n’ont jamais enseigné.

Nous n’allons jamais accepter cela», s’écrient des élèves qui s’apprêtaient à bloquer la RN24, à Zemmouri. Si le coordinateur local du Cnapeste, M. Moula, y voit « une preuve de conscience et de fidélité des élèves à leurs enseignants», le directeur de l’Education, lui, parle « de manipulation». « Le nombre de protestataires est insignifiant et ils ont été tous manipulés.

Avant-hier, on a déposé plainte contre trois enseignants du CEM de Benmerzouga, à Khemis El Khechna. Ils ont été pris en flagrant délit de distribution de banderoles aux élèves», a-t-il précisé. « Ces accusations sont de pures affabulations qui visent à discréditer nos adhérents et à leur faire peur», réagit M. Moula. Pour lui, la procédure de radiation des grévistes est illégale. « La radiation ne doit être enclenchée qu’au bout de 44 jours d’abandon de poste et après l’épuisement des voies de recours auxquelles la loi accorde un délai de 15 jours.

La radiation n’a pas lieu d’être puisque les enseignants sont en grève, mais n’ont jamais abandonné leur poste», a-t-il appuyé. Durement touchés par ce conflit qui perdure, les élèves de la wilaya de Boumerdès – fief du Cnapeste – semblent commencer à perdre patience. La protesta risque de gagner les lycéens et les jours à venir s’annoncent très houleux dans le secteur. Lire la suite

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