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Le nomadisme politique refait parler de lui

Publié le 11/12/2017, par dans Non classé.

Isolé ou pas, le nomadisme politique n’a jamais autant fait parler de lui que durant les dernières élections locales.
Depuis la proclamation des résultats, de nombreux élus ont rejoint le FLN, après avoir conquis les voix des électeurs en tant qu’indépendants ou sous la casquette d’un autre parti. Ce qui a permis à la formation de Djamel Ould Abbès de rafler la grande majorité des assemblées communales et de wilayas.

Contacté, ce dernier ne voit pas cette pratique comme immorale ou contre l’éthique, mais plutôt comme une nécessité pour beaucoup d’assemblées d’être sous la bannière d’un parti comme le FLN, pour pouvoir gérer les assemblées locales. « Depuis la proclamation des résultats, 70 listes d’assemblées communales ont demandé à rallier les rangs du FLN et nous avons accepté. Nous passons donc de 635 APC, à plus de 700 et nous contrôlons 33 assemblées de wilayas», explique le secrétaire général du FLN. Pour beaucoup, cette transhumance est l’illustration parfaite de l’immoralité qui pollue l’espace politique.

Elle traduit une rupture avec les convictions partisanes. Les candidats qui ont rallié le FLN ne viennent pas tous des listes indépendantes. Hier, une grande partie de la liste FFS, élue à Koléa, dans la wilaya de Tipasa, a rejoint l’ex-parti unique, alors que de nombreuses autres listes, des assemblées communales à Alger, Ghardaïa et à Batna, ont connu le même sort. Pour quelle raison, tous ces candidats se mettent sous la bannière du FLN ? Des élus évoquent, comme réponse, des pressions exercées par l’administration. De nombreux secrétaires généraux de daïra et de wilaya, ainsi que des walis auraient été instruits pour faire en sorte que l’écrasante majorité des assemblées locales soit entre les mains du FLN.

« Les walis ont pesé de tout leur poids pour rallier au FLN les indépendants et les candidats des formations politiques de l’opposition, minoritaires dans les assemblées. Un travail de coulisses a été fait au niveau des assemblées de wilaya pour isoler, par exemple, le RND, y compris dans les localités où ce parti a pu obtenir la majorité. Des alliances ont été arrangées pour permettre au FLN de raffler la majorité», révèle un élu d’une assemblée de wilaya. Pour lui, l’administration « a joué un grand rôle» dans ce qu’il qualifie de « rééquilibrage politique» au « détriment des bonnes pratiques de la démocratie».

En effet, passer d’un parti à un autre, après un mandat, et vers un autre, pour se présenter aux élections, importe peu, mais changer de casquette politique dès la proclamation des résultats s’apparente à de l’opportunisme. Les électeurs y voient une sorte de rupture du contrat moral avec l’élu et une remise en cause de ses engagements. Le chargé de la communication du FLN nie toute intervention de l’administration en faveur de son parti.

« Nous n’avons exercé aucune pression sur aucun des 70 membres des assemblées qui nous ont rejoint. Ils ont fait le choix de revenir à une force politique qui les accompagne pour concrétiser les engagements vis-à-vis de leurs électeurs. Il n’y a rien d’immoral ou de contraire à l’éthique. Ce qu’ils ont promis, ils le retrouvent au FLN, qu’ils estiment être un grand parti», dit-il. Pour lui, de nombreux élus « étaient d’anciens militants du parti, qui sont partis ailleurs, mais qui, à la fin, sont revenus à leur formation d’origine». Il cite le cas de la liste indépendante d’Alger-Centre, dirigée par Abdelhakim Bettache, en soulignant : « Après les résultats, il est venu nous voir, en nous disant qu’il est fils d’un moudjahid, et que le FLN est le plus approprié pour soutenir ses efforts de développement de la commune.»

M. Bouguettaya note, par ailleurs, que dans beaucoup de communes, comme celle de Bab Ezzouar, ou de Batna, des listes du FFS ont rallié le FLN. Ce que Hacene Ferli, directeur de la communication du FFS, conteste : « C’est la liste de l’assemblée communale de Koléa, qui a rejoint le FLN, mais pas avec tous les membres.

Dans les APW, nous sommes obligés de passer par des alliances, même si nous avons une majorité. Lorsque celle-ci est entre les mains d’un autre parti, nous respectons et s’il y a lieu de passer par des alliances, nous le faisons.» Pour Ferli, la transhumance traduit un problème « d’éthique, de morale et de dépolitisation. Elle existe partout dans le monde. Le mandat n’incarne plus cette volonté de se mettre au service de la collectivité, mais plutôt d’aller à la recherche des privilèges et du pouvoir».

Pour sa part, le RND, par la voix de son chargé de communication, Seddik Chiheb, se présente comme « la grande victime» de ce scrutin, même si au sein de l’opposition, on l’accuse d’avoir joué le même rôle que le FLN. « Ces opérations de parrainage sont nécessaires pour créer des alliances et gérer les assemblées notamment de wilaya.

Dans de nombreuses assemblées, nous avons été privés de notre position majoritaire. Beaucoup se sont ligués contre nous. Nous avons obtenu 460 communes et 7 assemblées de wilaya. Cependant, nous pouvons dire que le RND progresse lentement mais sûrement. A chaque élection, notre score augmente.

Cela démontre que le parti a une vision politique sérieuse. Nous nous inscrivons dans une démarche constructive. Nous ne faisons pas dans le parasitage», déclare Chiheb, avant d’annoncer, « avec regret», tard dans la journée d’hier, la perte de l’APW de Djelfa, et le report, au 21 décembre, des élections pour celle de Chlef, où les tractations ont été très difficiles. Force est de constater qu’en l’absence d’une loi qui interdit « le nomadisme politique», les listes électorales locales continueront à faire l’objet de chantage et de marchandage pour faire apparaître une nouvelle carte municipale à l’approche de 2019.
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L’exploitation des nappes d’eau albiennes sera autorisée

Publié le 11/12/2017, par dans Non classé.

En visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Biskra, Hocine Necib, ministre des Ressources en eau et de l’Environnement, a rappelé qu’en application des directives du président de la République, le gouvernement avait décidé à l’issue d’un Conseil des ministres, tenu en octobre dernier, de permettre l’exploitation intensive des eaux albiennes du bassin hydrographique du Sahara.

Celui-ci contient des milliards de mètres cubes d’eaux souterraines nécessitant des moyens et des techniques sophistiqués pour être ramenées à la surface. Le forage de puits profonds permettra d’alimenter les wilayas de Biskra, El Oued et Ouargla mais aussi les hauts-plateaux en eau potable et d’irrigation pour les périmètres agricoles de cette région de l’Est algérien, dont certaines zones pâtissent du manque d’eau depuis des années. Pour gérer ce dossier, une commission interministérielle réunissant les ministères des Ressources en eau, de l’Agriculture et de l’Energie a été installée, a-t-on appris. « La disponibilité de l’eau sera aussi un catalyseur pour les agriculteurs, qui pourront de ce fait augmenter les surfaces arables et cultivables, car le développement de l’agriculture est une priorité pour le gouvernement», a soutenu l’hôte de la Reine des Zibans, lequel a été soumis à un périple dans plusieurs daïras pour visiter des chantiers et des infrastructures et s’enquérir de l’avancée des projets relevant de son secteur. Au Centre national de recherches scientifiques et techniques sur les régions arides (Cnrstra) de Biskra, il a donné le coup d’envoi d’une journée d’étude sur le mode d’exploitation des eaux albiennes et sur les techniques de transfert vers les zones habitées et les parcelles agricoles.
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Mobilisation sur fond d’appréhension en Kabylie

Publié le 11/12/2017, par dans Non classé.

L’onde de choc provoquée par le rejet d’une proposition d’amendement au profit de tamazight par la commission juridique de l’APN ne s’arrête pas.
Que ce soit à Béjaïa, à Tizi Ouzou ou à Bouira, depuis quelques jours, les rues de la Kabylie renouent avec la fièvre de la revendication identitaire.

Des marches de protestation s’y déroulent un peu partout depuis que ce rejet a été rendu public.
Hier, des lycéens sont sortis dans plusieurs localités de la wilaya de Béjaïa, comme à Aokas et El Kseur, pour marcher pour tamazight, emboîtant le pas à leurs camarades de nombreuses autres communes des wilayas de Tizi Ouzou et de Béjaïa qui sont sortis dans la rue la semaine passée, brandisssant banderoles et drapeaux amazighs.

Ce mouvement de rue, grossi par un effet d’entraînement inattendu, intervient en pleine période des examens du premier trimestre, déjà perturbés par la grève illimitée du Cnapeste. Le climat n’est pas différent à l’université où la colère gronde.

Aujourd’hui, les rues de Béjaïa et de Tizi Ouzou vont vibrer sous les pas de milliers d’étudiants mobilisés pour battre le pavé dans une marche que l’on veut être celle « du peuple».

A Béjaïa, les étudiants marcheront ce matin vers la place Saïd Mekbel sous la houlette de la coordination locale des étudiants qui a appelé à une grève qui paralyse les deux campus depuis une dizaine de jours. La manifestation synchronisée est organisée pour deux objectifs : dire non à la loi de finances qui vient d’être adoptée par la majorité présidentielle et revendiquer « la promotion, la généralisation et la mise en œuvre juridique et institutionnelle de la langue tamazight».

Les communautés lycéenne et estudiantine bouillonnent alors que des voix sages, mais rares, tentent de ramener le débat sur un terrain fertile, tout en sensibilisant sur une « mauvaise» interprétation des faits et rendant compte de la distinction entre une loi et une proposition d’amendement. « La distinction est plus qu’impérative», écrit Brahim Tazaghart, ancien militant du MCB, dans une contribution publiée par El Watan.

« Un débat enclenché sur la base de fausses informations, de confusions, du mauvais usage des concepts, de manipulations des mots est voué à l’échec. L’éthique politique, la morale militante, la noblesse de notre combat ne nous permettent pas de tricher avec la population, de mentir devant le peuple, de déformer la formation politique de nos étudiants et de notre jeunesse», affirme B.

Tazaghart qui soutient, cependant, les manifestations pacifiques des lycéens et des étudiants. Y a-t-il eu mauvaise communication ? M. Tazaghart le croit et, selon lui, c’est elle qui a autorisé les questions des lycéens, étudiants et de la rue « telles que : c’est vrai qu’ils veulent supprimer l’enseignement de tamazight ?» En reprochant aux partis politiques de laisser, par leur silence, la voie aux « manipulateurs», il les invite à défendre la promulgation de « la loi organique» qui doit suivre pour la mise en œuvre de la constitutionnalisation de tamazight, langue nationale et officielle en 2016.

La seule réaction des partis a été celle du RCD et du FFS qui accusent tous deux le PT de « manipulation». Le RCD dénonce « l’effet de manipulation recherché par le PT», et le FFS accuse le même parti de « manœuvres de manipulation de l’opinion». Loin des querelles partisanes, qui calmera la rue ? La protestation des lycéens et étudiants continue et gagne même le soutien de la société civile, dont certaines organisations ont appelé à rejoindre les marches d’aujourd’hui.

Pour la coordination des étudiants de Béjaïa, le message est clair, le pouvoir « persiste dans sa marginalisation de notre identité millénaire ‘‘tamazight » par le refus catégorique de sa promotion, sa génération et sa mise en œuvre juridique et institutionnelle comme langue nationale et officielle». Les tenants du pouvoir sont accusés de s’attaquer « aux fondements mêmes de la nation, à savoir son identité».
En même temps qu’elles crieront le rejet des « lois antisociales et antipopulaires», les marches d’aujourd’hui dénonceront surtout « la précarisation de la culture amazighe» et rappelleront l’atmosphère des manifestations d’avant la constitutionnalisation de tamazight. Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 11/12/2017, par dans Non classé.

L’administration bafoue la loi relative à l’élection du P/APW de Chlef

Alors que le délai a expiré jeudi dernier, l’administration locale tarde à organiser l’élection et l’installation du président de l’APW de Chlef, qu’elle a reportées à trois reprises pour cause « de raisons majeures». Lesquelles ? Le mystère demeure entier. Mais pour l’alliance majoritaire, composée du RND, du MSP et du Front El Moustakbel, ces motifs ne sont que des prétextes fallacieux pour tenter d’imposer le candidat du FLN . Pour eux, il ne s’agit donc, ni plus ni moins, que d’ une guerre d’usure implacable menée par l’administration en vue de tenter de diviser et d’infléchir la position de la majorité qui demeure toujours unie autour de son candidat, élu du RND, Mohamed Touil, personnalité connue à Chlef et cadre supérieur dans l’administration des Douanes. Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, demeure silencieux face à cette situation inédite. A noter que le parti majoritaire, le RND et ses alliés, le MSP et Front El Moustakbel comptent 32 sièges à l’APW, alors que le FLN et le MPA n’ont eu, respectivement, que 10 et 5 sièges .

Un incendie détruit 12 chalets à l’annexe de l’ENA à Hydra

Un incendie s’est déclaré dimanche vers 05h31 au niveau de l’annexe de l’Ecole nationale d’administration (ENA) à Hydra (hauteurs d’Alger), détruisant 12 chalets sans faire de victimes, a indiqué le lieutenant Khaled Benkhelfallah, chargé de l’information à la direction de la Protection civile de la wilaya d’Alger. Un incendie a détruit 12 chalets désaffectés au niveau de l’annexe de l’ENA située en face du siège de ladite école, à Hydra, a précisé le lieutenant Benkhelfallah dans une déclaration à l’APS. Quelque 50 autres chalets et des habitations à proximité ont pu être épargnés grâce à l’intervention des éléments de la Protection civile, qui ont mobilisé six (6) camions de pompiers et deux (2) ambulances, a fait savoir le responsable. Les services de sécurité ont ouvert une enquête pour déterminer les causes du sinistre, a-t-il ajouté.

Trois narcotrafiquants interceptés et 19 kg de kif traité saisis

« Dans le cadre de la lutte contre la contrebande et la criminalité organisée, un détachement de l’ANP et des éléments de la Gendarmerie nationale ont intercepté, le 9 décembre 2017 à Tlemcen, trois 3 narcotrafiquants et saisi 19 kilogrammes de kif traité, tandis qu’un autre détachement a saisi, à Tamanrasset, 12 détecteurs de métaux, trois (3) groupes électrogènes et un marteau piqueur», précise la même source. Par ailleurs, des éléments de la Gendarmerie nationale ont appréhendé, à Batna et Sétif/5e RM, cinq (5) individus en possession de trois (3) armes à feu et 468 cartouches de différents calibres, tandis qu’ils ont intercepté, à Oran, Relizane et Mostaganem, quatre (4) contrebandiers et deux (2) quintaux de déchets de cuivre . Lire la suite

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«Il n’y aura de changement du système que si un nombre suffisant d’Algériens y croient»

Publié le 11/12/2017, par dans Non classé.

Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, revient dans cet entretien sur les dernières élections locales en analysant les résultats et le taux d’abstention élevé. Il explique sa démarche pour l’application de l’article 102 de la Constitution, donne son point de vue sur le 5e mandat, répond sur l’initiative du trio Ibrahimi-Benyellès-Yahia Abdennour. Pour Soufiane Djilali, la classe politique actuelle n’est pas encore prête pour assumer ses responsabilités.
Vous avez affirmé au lendemain des législatives que l’abstention massive des élections était le premier acte de désobéissance civile. L’abstention a été également au rendez-vous des élections locales. Sommes-nous dans la poursuite de cette désobéissance civile ? Jusqu’où ira-t-elle ?

C’est aujourd’hui un constat unanime, l’abstention est devenue endémique. Les taux de participation officiels sont largement gonflés, mais personne n’est dupe. Les Algériens vivent chaque élection comme un moment de déni de leur citoyenneté. Ils savent que ce qui aurait dû être l’expression de leur volonté et de leur souveraineté est, à chaque fois, transformé en une manipulation de mauvais goût, juste pour maintenir en place le régime. Au fond, les Algériens sont blessés par tant de mépris. S’abstenir d’aller voter c’est une façon de dire aux dirigeants : « Faites ce que vous voulez puisque vous avez le pouvoir, mais sans nous.» Cette défiance, très profonde, est une désobéissance civile.

Tant que la rente et l’assistanat sont plus ou moins assurés, il y aura une forme de statu quo. Mais si ce contrat est rompu, alors la question de la légitimité du pouvoir se reposera avec force et probablement avec… violence !

Vous avez décidé de boycotter tous les processus électoraux jusqu’à ce qu’il y ait changement de système. Mais pour plusieurs partis de l’opposition, le boycott comme l’abstention ne sont pas forcément un levier de lutte efficace pour le changement. Certains d’entre eux considèrent même cela comme une attitude passive qui arrange plus les partis du pouvoir et qui ne les dérange. Qu’avez-vous à leur répondre ?

Cette question est légitime. Vous pensez bien que nous avons longuement débattu en interne. La réponse dépend de ce que vous cherchez, en tant que parti politique. S’il s’agit, pour vous, de mettre en place un appareil politique, la participation aux élections peut vous donner quelques moyens.

Mais à quel prix ? Les APC, les APW et bien plus encore l’APN et le Conseil de la nation sont les paravents démocratiques du système. Celui-ci peut tolérer une marge de manœuvre aux différents acteurs mais ne leur permet en aucune manière de remettre en cause sa viabilité. J’entends bien certains arguments en faveur de la participation, en particulier, celui de mobiliser ses militants et sympathisants, d’utiliser des « tribunes» institutionnelles pour faire avancer ses idées, et de construire une base pour le parti.

La réalité est qu’à ma connaissance, aucun parti politique depuis 1989 n’a pu démontrer la justesse de ces arguments. Les appareils politiques ne peuvent se maintenir que grâce au jeu des quotas et des alliances avec le pouvoir.

Maintenant et a contrario, voyons l’effet du boycott : tout le monde sait, qu’au final, le pouvoir est très embêté par cette situation, bien qu’il contrôle les partis, directement ou indirectement, et distribue les quotas en rééquilibrant à sa guise les résultats. Tant que l’abstention reste passive, il s’y adapte. Le problème pour le pouvoir commence lorsqu’il y a un discours politique qui donne un sens à cette abstention et qui la transforme en boycott. Les faits sont devant nous : près de 80% des Algériens refusent d’aller voter. C’est tout dire !

Vous avez lancé une campagne pour l’application de l’article 102 de la Constitution pour destituer le président Bouteflika qui, selon vous, ne gouverne plus le pays. Où en êtes-vous ?

Oui, nous avons réclamé, à plusieurs reprises, l’application de l’article 102 de la Constitution. Tout le monde sait que le Président est totalement et définitivement dans l’incapacité de gouverner. L’ICSO, qui regroupait les partis de l’opposition, avait rendu publics des communiqués pour réclamer une présidentielle anticipée pour cause de vacance du pouvoir. Mais très opportunément, certains partis ont commencé à nier cette position à l’approche des élections.

J’ai entendu dire un président de parti qu’il n’était pas contre le principe de la candidature de Bouteflika pour un cinquième ou un sixième mandat, et un autre balbutier timidement que le poste de président de la République n’était ni occupé ni vacant ! Allez comprendre quelque chose à cette logique ! Le président de la République française a accompli, seul, le cérémonial officiel à Maqam Echahid, puis il a pris un bain de foule au cœur d’Alger, encore seul, et a animé une conférence de presse, en maître de céans, toujours sans la présence du président de la République algérienne…

Y a-t-il besoin d’une autre preuve pour admettre que M. Bouteflika est dans l’impossibilité d’assumer ses charges constitutionnelles ?

D’ailleurs, il faut noter que le président français n’a dit aucun mot sur une supposée « alacrité» de Bouteflika. Cette partie du « contrat» politique a été remplie par Le Drian, une fois de retour en France ! E. Macron ne veut pas détériorer son image avec de gros mensonges, même au nom de la raison d’Etat.

Comme tous les peuples, les Algériens ont besoin d’un leader qui incarne la fonction de dirigeant suprême. Il doit être un modèle, une raison de fierté nationale. Quelqu’un peut-il croire que M. Bouteflika inspire de l’admiration et du rêve ? Il a déjà irrémédiablement détruit son image dans l’imaginaire populaire, en attendant de détruire ce qu’il reste du crédit de l’Etat.

Des personnalités nationales ont lancé des appels similaires. Comptez-vous coordonner vos actions politiques ?

La situation actuelle exige que toutes les bonnes volontés s’associent sur un minimum politique. Tous les Algériens sont interpellés. Il y a eu une initiative du trio Ibrahimi-Benyellès- Yahia Abdennour. Quelles que soient leurs convictions personnelles, ils représentent tout de même une autorité morale alors qu’ils n’avancent aucune ambition personnelle. Je pense que d’autres personnes doivent s’associer à cette initiative et essayer de créer un contrepoids au pouvoir actuel. J’espère qu’ils assumeront jusqu’au bout cette démarche qui les honore. Lire la suite

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«On a vécu l’enfer à Sabratha»

Publié le 11/12/2017, par dans Non classé.

Mokhtar Boudjemaâ a 43 ans. Sur la photo de profil de son compte Facebook, il ne fait pas vraiment son âge : un visage poupin flanqué d’un bouc autour du menton, yeux noirs et regard tendre, esquissant un sourire.
Ce qui se dégage de lui, de prime abord, c’est une bonté profonde, une douceur bienveillante. Et cela se confirme dans le timbre de sa voix chaude teintée d’un accent de l’Ouest, Sidi Bel Abbès plus précisément, « Petit Paris» comme il la nomme dans l’une des photos qu’il a prises de sa ville, son patelin de cœur et son port d’attache.

Mokhtar « navigue», comme il dit, sans plus de précisions. Il navigue à vue… Il ne s’épanche pas trop sur sa situation, ne s’étale pas sur sa biographie. Nous saurons simplement qu’il n’a pas de travail stable, qu’il est célibataire et sans enfant. Issu d’une famille modeste, il est orphelin de mère et fait partie d’une fratrie de sept membres.

« Je suis le premier de ma famille à avoir tenté l’expérience de l’émigration», affirme-t-il. En parcourant ses posts et commentaires sur Facebook, nous sommes d’emblée impressionnés par son talent littéraire et poétique, avec, parfois, des saillies bien senties et autres épigrammes aux allures d’aphorismes. Il est féru de peinture, de littérature, de photographie, de soufisme… Il se définit comme un « homme de la marge» et termine une série de petites réflexions par : « Min wahyi bardi essabah (inspiré du froid du matin).» On a du mal à croire que ce garçon plein d’esprit est autodidacte. « J’ai appris grâce à la lecture», confie-t-il modestement.

« K’raht !»

Mokhtar n’est pas près d’oublier les quatre mois qu’il vient de passer en Libye, dont plus de la moitié en détention. « Je suis parti le 27 juillet 2017 par la Tunisie», commence Mokhtar. Qu’est-ce qui l’a donc poussé à entreprendre ce projet de « harga» qui se révélera périlleux ? « K’raht !» lâche-t-il avec amertume. « J’étais dégoûté. Les conditions de vie t’obligent à partir, khouya», résume-t-il. Le 27 juillet donc, il met le cap sur la Tunisie où un passeur l’attendait. Lui, il le désigne sous le nom d' »El harrag».

« C’est un Algérien qui fait passer essentiellement des Algériens», précise-t-il. Pour éviter les postes-frontières trop surveillés, le « taxi clandestin» conduit par un Libyen emprunte un chemin détourné, à une bonne distance du poste-frontière de Ras Jedir qui sépare la Tunisie de la Libye. Le trajet est payé entre 100 et 130 dinars tunisiens (soit entre 7000 et 9000 DA) par place, indique notre ami. Première image qui marque Mokhtar : « Parmi les autres passagers qui étaient avec moi dans le véhicule, il y avait une femme, une Libyenne, avec ses enfants. Profitant d’une courte halte, ils ont ouvert la portière et ont sauté de la voiture. Leur mère a dû courir derrière eux. Ils ne voulaient plus retourner en Libye à cause de la situation là-bas», s’émeut-il.

Mokhtar est d’abord conduit à Zouara, ville côtière berbère située à l’ouest de la Libye, à une soixantaine de kilomètres de la frontière tunisienne. « On a été gardés dans une ferme avec d’autres migrants, principalement des Algériens.» Le séjour à Zouara sera de courte durée. « On a dû partir, les choses se sont gâtées, t’khaltat», explique l’ex-harrag.

« Les côtes libyennes sont moins surveillées»

Mokhtar reprend la route pour Sabratha, ville portuaire située à 70 km à l’ouest de Tripoli. C’est la Mecque des harraga, grosse plateforme migratoire pour tous les départs vers l’Italie. Ces derniers mois, Sabratha a beaucoup fait parler d’elle pour avoir acquis la réputation de repaire de tous les trafics et théâtre d’une nouvelle traite esclavagiste, dont les principales victimes sont les migrants subsahariens. Selon un rapport du HCR daté du 17 octobre 2017, quelque 20 500 migrants étaient détenus à Sabratha jusqu’en octobre, « y compris dans les centres de détention officiels». 14 500 migrants avaient été libérés des mains des miliciens, tandis que 6000 autres étaient toujours en captivité dans des lieux tenus par des réseaux de passeurs. Nous demandons à Mokhtar le secret de ce choix risqué.

« C’est parce que les côtes libyennes sont moins surveillées en raison du chaos qui règne là-bas et de l’absence d’Etat dans ce pays, alors que chez nous, la mer est étroitement contrôlée. Et puis, les côtes européennes sont beaucoup plus accessibles depuis la Libye. L’Italie est toute proche», argue-t-il.

Une fois à Sabratha, les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu. Mokhtar devra attendre plusieurs jours avant que l’occasion de prendre la mer se présente. « La personne chargée de notre accueil nous a d’abord conduits dans un hôtel réservé spécialement aux harraga», révèle Mokhtar.

« Tout le monde est armé à Sabratha»

Finalement, le « guide» du groupe dont il faisait partie invite ses « clients» à quitter l’hôtel avant de les emmener vers un de ces entrepôts désaffectés qui servent à héberger les immigrants, à Sabratha. « Nous étions 53 Algériens dans ce haouch», assure notre interlocuteur. « Il y avait différentes nationalités : des Soudanais, des Ethiopiens, des Marocains, des Egyptiens, des Africains de plusieurs nationalités. Il y avait même des Syriens», ajoute-t-il. « Il y avait également des femmes et des enfants», se souvient-il. Nous lui demandons s’il y avait des gens armés dans ce camp. « En fait, tout le monde est armé en Libye», rétorque Mokhtar Boudjemaâ. « C’est quelque chose de tout à fait naturel là-bas. A Sabratha, tu vois des gens circuler avec une Douchka (mitrailleuse lourde, ndlr). Tu vois des civils s’exhibant avec des chars dans les quartiers, des gamins qui s’amusent avec des kalachnikovs… Normal !»

Dans le camp, l’attente sera longue avant que le réseau ne mette la main sur une embarcation sûre. « Un jour, le passeur nous a de nouveau ramenés à l’hôtel des harraga. J’y suis resté une semaine», reprend Mokhtar. Comment s’arrangeait-il pour payer l’hôtel et régler les frais de son séjour qui ne faisait que s’allonger ? Avait-il suffisamment de ressources ? Il explique : « J’ai payé le passeur algérien 500 euros, après, c’est lui qui payait les intermédiaires. En général, les migrants versaient aux passeurs entre 700 et 1000 euros.» « Au Lire la suite

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