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«Octobre 88 a été provoqué par le pouvoir politique»

Publié le 24/04/2018, par dans Non classé.

Pour présenter une nouvelle version du tome 1 de ses mémoires, l’ancien ministre de la Défense, Khaled Nezzar, a organisé une conférence de presse. L’occasion pour lui de faire de nouvelles révélations sur la période durant laquelle il était aux affaires. L’ancien membre du HCE a par ailleurs tenu à démentir les rumeurs qui le donnent partie prenante de tractations autour d’échéances électorales, affirmant son « retrait total» de la scène politique.
Je n’ai été(étais) qu’un petit responsable loin d’Alger.» Lorsqu’il s’est présenté, hier devant les journalistes venus l’écouter à l’hôtel El Aurassi, Khaled Nezzar savait qu’il était attendu non pas sur le contenu de son livre mémoires qu’il vient de rééditer, mais sur l’actualité du moment et surtout sur la période durant laquelle l’homme avait assumé les charges de ministre de la Défense. Toujours aussi direct, la mémoire presque intacte, malgré ses 81 ans, le général Nezzar est intarissable de témoignages. Et après chaque « témoignage», il lance une pique.

C’est le cas de cette charge contre les politiques qui « allument le feu, et nous demandent après d’éteindre le brasier». Cette situation, l’orateur – qui dit écrire ses mémoires pour donner  » un angle aux générations montantes – l’a vécue en 1988. Le pays avait connu les pires manifestations de son histoire. Et cela, c’était la faute « du pouvoir politique». « Oui, je le dis aujourd’hui et vous allez le lire dans mon prochain livre, le pouvoir politique avait une responsabilité» dans les événements d’Octobre 1988. « Nous, militaires, étions appelés à faire face aux événements.

Mais j’avais compris que ce qui faisait sortir les jeunes, c’était le désarroi, la colère», tente-t-il d’expliquer. « Ce que s’est passé en 1988 et la décennie noire n’était que la résultante des mauvais choix pris depuis l’indépendance.» Un clin d’œil à ce qui se passe aujourd’hui ? « Depuis l’indépendance, les autorités politiques, au plus haut sommet de l’Etat, ont joué sur les équilibres. Des considérations régionalistes, de connivence ou d’allégeance ont toujours primé sur la compétence. C’est pour cela que cela ne marche jamais», a-t-il indiqué.

Le général connaît cependant ses limites. S’il consent à « livrer» tout sur son expérience militaire, car « je n’étais qu’un militaire», il ne veut pas s’aventurer sur les questions du présent. Il dément ainsi toute initiative visant à se mêler de la question de la succession de Abdelaziz Bouteflika. « La politique, cela ne m’intéresse pas. Je suis redevenu un simple citoyen. Comme vous, j’ai un avis, mais je n’ai plus le pouvoir», a-t-il précisé.

L’homme répondait à une question qui portait sur l’information le donnant porteur d’une initiative pour proposer un « candidat du consensus» lors de la prochaine élection présidentielle.  » Avez-vous des craintes pour l’avenir du pays ?» « Oui», répond le vieux général. Mais, « je m’exprime en tant que citoyen, lorsque je rencontre mes amis. Sans plus», a-t-il encore insisté.

Car, « cela fait longtemps que j’ai quitté la politique. Et contrairement à certains, je l’ai fait de mon propre gré», a-t-il rappelé. Khaled Nezzar a en effet démissionné de l’armée, en 1994, à l’âge de 57 ans pour « me consacrer à ‘‘mes » enfants» et embrasser une nouvelle carrière d’homme d’affaires.

S’il a quitté l’armée, Khaled Nezzar ne s’empêche pas de revenir sur les événements qui ont jalonné sa longue carrière. Il dit aujourd’hui qu’il a « toujours été contre» la présence de « la police politique» dans les institutions. Et c’est cette image qui a donné l’impression aux Algériens que « l’armée faisait tout». « Nous avons été mêlés à la politique malgré nous.

Ce n’est pas l’armée qui avait décidé d’intégrer le comité central (du FLN, parti unique, ndlr). Nous avions nos voix comme tout le monde», a-t-il rappelé. Puis, selon lui, le rôle de l’institution militaire a été « surdimensionné» et même fantasmé. Car, même lors de la désignation de Chadli Bendjedid comme chef de l’Etat en 1979, la décision n’était prise que par « quelques officiers, Kasdi Merbah et deux autres», mais « pas par l’institution militaire».

En revanche, le général Nezzar dit toujours assumer son choix d’avoir opté pour l’arrêt du processus électoral en janvier 1992. Mais là encore, le vieux général rappelle qu’il n’était qu’une voix parmi tant d’autres. « Mais, lorsque le président Chadli avait montré des hésitations, j’avais assumé mes responsabilités.» « Et j’ai la conscience tranquille.

La seule chose que je regrette ce sont les morts, les blessés et les destructions de l’économie nationale», indique-t-il. Après le premier tome qui a porté sur sa carrière politique, le général Nezzar a promis de publier un nouveau livre. Intitulé Séquence politique, le nouveau tome couvrira la période de 1988 à sa démission en 1994. Il n’en dira pas plus. Mais il assure que ce qui l’a poussé à écrire des livres, « c’est le sang qui a coulé durant les années 1990». Lire la suite

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La région de Ghardaïa, un patrimoine universel inestimable en quête de préservation

Publié le 24/04/2018, par dans Non classé.
La région de Ghardaïa, un patrimoine universel inestimable en quête de préservation

GHARDAIA – Avec ses siècles d’histoire et ses splendeurs architecturales, la région de Ghardaïa renferme un patrimoine civilisationnel inestimable placé au plus haut niveau de l’héritage humain par l’Unesco en 1982 comme patrimoine universel, et qui ne demande aujourd’hui qu’à être préservé.

Cet héritage matériel et immatériel des ksour de la vallée du M’zab, qui devait être au coeur de toute action de promotion des investissements et du développement socio-économique durable, ne manque pas de relever le paradoxe entre une région classée par l’UNESCO et la faible prise de conscience de l’impact de ce classement.

Depuis plusieurs décennies, la région de Ghardaïa, particulièrement la vallée du M’zab, a subi les conséquences d’une urbanisation rapide et parfois anarchique au détriment de son patrimoine architectural, estiment de nombreux acteurs du mouvement associatif activant dans la préservation du patrimoine.

La vallée a connu les effets d’une urbanisation accélérée, anarchique et une dégradation avancée de son environnement, notamment ses palmeraies, où des constructions illicites ont été édifiées sans respect des normes architecturales de la région, a fait savoir un notable de la région.


Lire aussi: Patrimoine culturel de Ghardaia: opération d’urgence de restauration


Le paysage architectural de la vallée du M’zab, qui possède une grande richesse sur le plan de la typologie formelle et fonctionnelle et de la diversité du langage architectural utilisé dans les différentes oeuvres bâties, connait des bouleversements au niveau de ses structures urbaine, sociale et économique, a indiqué, de son côté, un jeune architecte de passage à Ghardaïa.

Ces bouleversements, accentués depuis quelques années, se manifestent par des constructions illicites et anarchiques, un squat du foncier et d’espace vert notamment les palmeraies, où le béton a fait son apparition en force, ajouté à la ruralisation de l’espace urbain de la vallée, a expliqué le même interlocuteur.

Selon les statistiques de la direction de l’Urbanisme, l’Architecture et la Construction (DUAC), le nombre de constructions illicites recensées dans la vallée du M’zab dépasse les 1.600 bâtisses, construites sans permis de construire, sans respect de l’architecture locale et sur des terrains squattés, défigurant le paysage et l’environnement dans la vallée.

Cette dernière est entrée ainsi dans un cycle de dégradation de son espace physique et de son style architectural où un processus de délaissement des matériaux de construction locaux et traditionnels au profit du ciment et du béton a défiguré les sites de la région.

« Notre patrimoine matériel légué par nos aïeux se dégrade de jour en jour à cause des vicissitudes du temps et des aléas climatiques ainsi que les effets de l’homme, autant de facteurs qui entachent le passé prestigieux de cette région », a estimé Ahmed Nouh, notable de Béni-Isguen.

Un jeune membre actif d’une association de préservation du patrimoine du Ksar de Mélika, Bakir M., a recensé une vingtaine de cas d’atteinte au patrimoine à l’intérieur du ksar, notamment la création de nouvelles ouvertures pour des bâtisses ne tenant pas compte de l’impact sur le voisinage, sans parler des transformations réalisées sur les façades des bâtisses.

Le visage urbanistique de la vallée du M’zab souffre d’une détérioration avec de nombreuses bâtisses dégradées et d’autres en ruine, des murs lézardés, ainsi que la présence d’éléments intrus intégrés à l’architecture de la région, notamment certains ouvrages en béton armé qui viennent se substituer à ceux d’autrefois réalisés avec des matériaux traditionnels à base de chaux, a reconnu le chargé de la gestion de l’Office de protection et de préservation de la vallée du M’zab (OPVM), Kamel Ramdane.

« Il y a vraiment urgence », confie-t-il à l’APS, en désignant les dégâts causés par les vicissitudes du temps, les agressions de l’homme sur le patrimoine architectural, tout en saluant l’apport constant de l’Etat pour la préservation et la restauration du patrimoine.

Des bâtisses au style architectural ancestral, notamment au centre-ville de Ghardaia, sont remplacées par des constructions modernes sans même respecter la couleur ocre des façades, symbole des villes du sud du pays, a-t-il poursuivi.

Mise en place d’un processus de sauvegarde

Devant cette situation « alarmante », les responsables chargés du patrimoine et de la culture ont mis en place un processus de sauvegarde de la vallée du M’zab.

Selon le responsable chargé de la gestion de l’OPVM, des rappels à l’ordre pour se conformer avec l’architecture locale ont été adressés afin de préserver le style architectural atypique de la région et de juguler la détérioration du patrimoine.

« Nous collaborons avec les services concernés par nos avis sur la localisation des projets d’investissement afin d’être en conformité avec la loi sur le patrimoine 04/38 du 15/07/1998 et le décret exécutif N-05/209 qui érige la vallée du M’zab en +Secteur Sauvegardé+ en 2005 », a-t-il affirmé.

La liste des travaux à mener d’urgence pour la sauvegarde du patrimoine local s’allonge de jour en jour, en attendant l’achèvement du plan de sauvegarde confié à un bureau d’étude et qui accuse un retard.

A titre d’illustration, le ksar de Béni-Isguen et son rempart, joyau de l’architecture ancestrale qui constitue le monument historique le plus visité de la région avec sa tour et sa façade resplendissante, est victime de la pollution, des intempéries et de l’usure du temps, ainsi que des fuites et infiltrations des réseaux d’eau potable et d’assainissement, a-t-on constaté.

Outre cela, plusieurs parties extérieures des ksour sont dans un état moins reluisant, les gouttières traditionnelles ayant perdu leur tête et arborent d’inélégants tuyaux en PVC pour l’évacuation des eaux, tandis que la pierre et autres matériaux de construction locaux ont cédé la place aux parpaings, briques et autre béton.

Plusieurs opérations de restauration du patrimoine architectural, notamment les maisons traditionnelles construites selon une architecture étudiée, les ouvrages hydrauliques ancestraux, les puits traditionnels, les monuments funéraires, ont été lancées pour juguler la dégradation et renforcer l’attractivité touristique de la région.

2.000 bâtisses ont subi une opération de rénovation

Pas moins de 2.000 habitations traditionnelles ont subi une opération de rénovation depuis l’année 2000 et une vingtaine d’actions de restauration et de revitalisation du patrimoine architectural atypique et autres monuments historiques ancestraux affectés par les aléas du temps ont été réalisées dans la vallée du M’zab, a fait savoir le responsable Lire la suite

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19e Festival européen en Algérie: musique, danse et films dans quatre villes

Publié le 23/04/2018, par dans Non classé.
19e Festival européen en Algérie: musique, danse et films dans quatre villes

ALGER – Des spectacles de musique, de danse et des projections de film mettant à l’honneur la culture européenne sont au programme du 19e Festival européen en Algérie, un rendez-vous culturel annuel prévu 26 avril au 13 mai dans quatre villes, ont indiqué lundi à Alger les organisateurs.

Placée sous le signe « Couleurs de l’Europe », l’édition 2018 verra la participation d’une vingtaine de pays de la l’Union européenne présents à ce rendez-vous à travers un programme de spectacles de musique, de théâtre et de danse à Alger, Annaba, Constantine, Tlemcen et Oran, a indiqué le chef de délégation de l’UE, John O’ Rourke lors d’un point de presse.

La musique, art très présent au programme de festival, est représentée par des ensembles symphoniques et troupes folkloriques d’Autriche, de Suède, de Hongrie, de Pologne ou encore d’Italie.

La chanteuse portugaise de Fado, Maria Emilia, donnera un concert à Alger alors que le groupe « Gallow Street » (Pays-Bas) sera au rendez-vous avec un concert de jazz.

Le chanteur et instrumentaliste Djamel Laroussi, lui, se produira à cette occasion à Alger, alors que le pianiste El-Hachemi Lounissi accompagnera la soprano Stella Louise Goeke.

Le pianiste Smail Benhouhou, qui a collaboré avec des musiciens de renom, est également à l’affiche de ce festival qui prévoit, d’autre part, un spectacle de danse moderne de la compagnie britannique « Chamelon ».

Le cinéma, art peu présent dans dernières éditions de ce festival, est mis en valeur à travers la projection de films comme « Noces » de Stéphan Streker » (Belgique), et les films suédois « Siv Sleeps Astry » de Catti Edfeldt (Suède) et « Une famille syrienne » de Philippe Van Leeuw.

Le public algérois sera également au rendez-vous d’un spectacle de magie intitulé « La Bulgarie, une magie envoûtante », présenté par illusionniste Borislav Borisov et l’actrice et chanteuse Desislava Nikolova.

La photographie est également prévue, à travers une exposition « Fragrances et villes bulgares » qui regroupera les œuvres du photographe bulgare Krassimir Matarov et son compatriote Ruslan Asanov.

En réponse à une question sur éventualité d’étendre le programme des activités du festival à d’autres villes d’Algérie, John O’ Rourke a expliqué que le « manque de moyens logistiques » notamment la sonorisation a déterminé le choix de limiter ces festivités aux villes du nord.

« Si nous pouvions aller dans le sud, nous en serions ravis », a-t-il dit, précisant que le public devra s`acquitter à partir de cette année d`une somme de 300 DA à l’entrée.

Organisé depuis 2000, le Festival culturel européen en Algérie est un rendez-vous annuel qui se déroule à Alger et dans d`autres grandes villes du pays.

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Bouteflika inquiet face au « vieillissement » des agriculteurs

Publié le 23/04/2018, par dans Non classé.

 » Nous notons avec inquiétude le phénomène du vieillissement dans le milieu agricole, et c’est pourquoi nous exhortons nos jeunes à s’intéresser davantage à cette activité lucrative ».
Le président Abdelaziz Bouteflika a adressé lundi un message aux participants aux assises nationales de l’agriculture qui se tiennent à Alger.

 » Nous notons avec inquiétude le phénomène du vieillissement dans le milieu agricole, et c’est pourquoi nous exhortons nos jeunes à s’intéresser davantage à cette activité lucrative pour les agriculteurs et capitale pour nous tous, en tant que peuple et en tant que pays », a indiqué le chef de l’Etat dans un message lu en son nom par le ministre de la Justice, Tayeb Louh.

Pour remédier à cette situation, Bouteflika a appelé  » l’ensemble des concernés dans l’Etat à promouvoir la formation dans le domaine de l’agriculture et ses filières dans les différents cycles de notre système universitaire et de formation ». Il a également exhorté  » le système bancaire à encourager les exploitations agricoles et les investisseurs dans ce secteur à l’acquisition des moyens modernes, qu’ils soient mécaniques ou à caractère utilitaire ».

Abdelaziz Bouteflika, selon la même source, a affirmé :  » Je veillerai, dans ce sens, à ce que l’Etat soutienne, par toutes ses capacités, l’activité agricole afin de la propulser vers plus de progrès ».

Lire aussi : Assise sur l’agriculture, en quête d’un modèle de développement Lire la suite

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BTPH : Ouverture du 21e Salon Batimatec

Publié le 23/04/2018, par dans Non classé.

La 21e édition du Salon international du bâtiment, des matériaux de construction et des travaux publics (Batimatec) a été inaugurée hier officiellement à Alger par le ministre de l’Industrie et de Mines et celui de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville.
Conjointement organisé par la Safex et la société Batimatec expo, le Salon a drainé plus de 1000 participants, parmi lesquels figurent quelque 500 exposants étrangers en provenance de 17 pays. Toutes les branches du bâtiment, des matériaux de construction et des travaux publics sont représentées à ce Salon, considéré comme le plus important Salon du bâtiment du continent africain, selon les organisateurs.

Le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelwahid Temmar, a réitéré la volonté du gouvernement à encourager les opérateurs algériens en vue d’augmenter des capacités nationales de production dans le secteur du BTP, tout en insistant sur le partenariat avec les entreprises étrangères.

Les organisateurs, qui tablent sur 200 000 visiteurs cette année, ont programmé quatre journées techniques ponctuées de conférences-débats autour de diverses problématiques liées à la construction, des travaux en ateliers, des séances de démonstration et autres rencontres B2B. Les sujets mis en débat portent essentiellement sur l’innovation, l’écoconstruction, l’industrie des matériaux de construction.

Les participants à ces rencontres aborderont aussi la transition numérique dans les diverses filières de la construction qui accusent un grand retard dans ce domaine. Il s’agit, notamment, du Building Information Model, de l’architecture de terre, des nouvelles techniques et technologies de construction, des matériaux de construction performants, de la promotion des produits locaux et de la création, seuls ou en partenariats, de nouveaux produits et procédés de construction, estiment les organisateurs.

Lors de l’édition 2017, le Salon Batimatec avait enregistré une participation record de 1224 exposants, dont 624 sociétés nationales et 600 sociétés étrangères originaires de 24 pays, sur une superficie d’exposition globale de 44 000 m². Lire la suite

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Contraintes financières ou pressions politiques ?

Publié le 23/04/2018, par dans Non classé.

Echorouk TV a décidé, depuis le 5 avril, l’arrêt du tournage des deux séries Rais Corso et Ces jours-là (Tilka al ayyam)
de « façon définitive» .
La décision est justifiée par des « raisons purement financières», est-il précisé dans un communiqué diffusé samedi par Echorouk online. En fin de tournage en Turquie, la série Rais Corso est réalisée par le cinéaste et producteur égyptien Adel Adib. La comédie historique « réalisée à 60%» a bénéficié d’un grand casting : Sid Ahmed Agoumi, Souilah.

L’autre série, « Tilka al ayyam », a été confiée à un réalisateur germano-turc, Mohamed Jok, précise le site électronique DIA, et serait prête à la diffusion. Là aussi des acteurs de premier plan étaient de la partie : Nabil Asli, Mustapha Laribi, Hassan Benzerari, Boualem Bennani…

Anticipant tous les commentaires sur sa décision qui éclabousse sa grille ramadhanesque, la direction d’Echorouk a averti qu' »elle est la seule autorisée à communiquer sur ce sujet et que toute déclaration d’autres parties ne représente que son auteur et n’engage en rien le groupe de près ou de loin». La chaîne rassure, par ailleurs, tous les artistes et techniciens que « leur situation financière et administrative sera régularisée dans les prochains jours».

Des voix à l’intérieur du groupe privé évoquent des « pressions politiques» que justifierait le contenu des scénarios.
« C’est un remake de l’épisode de Sultan Achour 10 de Djaâfar Gacem, où le groupe a perdu la publicité étatique (ANEP). Le scénario de Rais Corso parle de succession. Pour la deuxième production tournée entre la France et la Tunisie, le traitement du sujet délicat de la décennie rouge est à l’origine de la décision.

Dans les couloirs de la chaîne, on parle également de l’implication de techniciens gulenistes qui aurait déplu dans l’entourage d’Erdogan», détaille un journaliste de la rédaction d’Echorouk, sous le sceau de l’anonymat, affirmant que la production, qui a bénéficié d’une grande distribution et de moyens colossaux, devait coûter au groupe la bagatelle de 30 milliards de centimes.

Rédacteur du site DIA, Salim Agar parle d’un « cas unique» dans les annales de la télévision privée algérienne. « On suspend le tournage de deux productions majeures à quelques jours du Ramadhan, au risque d’asphyxier la chaîne. C’est également un échec pour la coproduction entre une télévision turque et une télévision algérienne.

La chaîne Echorouk, qui a été leader de l’audience durant les deux dernières années lors du mois de Ramadhan, risquerait d’être totalement effacée durant ce mois sacré, face aux productions lourdes de chaînes comme l’Entv, El Djazairia One, Dzair Tv et Ennahar Tv», estime le journaliste, faisant remarquer que sur le plan artistique, les deux productions annulées auraient supplanté toutes celles qui seront diffusées par les concurrents.

Origine et destination des fonds ?

Pour Agar, cette situation reflète l' »absence d’informations» sur les sources de financement des chaînes et la source d’alimentation en production : « Le cas Echorouk est un avertissement clair à toutes les chaînes privées sur la relation entre les télévisions algériennes et les pays étrangers.»

Selon le réalisateur Amar Tribèche, l’arrêt des productions est un « grand dommage», surtout pour le téléspectateur algérien, car c’est lui qui est pénalisé en premier lieu. « Le directeur de la chaîne est le premier à rendre des comptes et à s’expliquer clairement devant tous les Algériens, car c’est de l’argent du contribuable algérien dont il s’agit, du moment que l’argent du sponsoring est défalqué des impôts algériens ! Donc nos services des impôts ont leur mot à dire dans cette histoire !

L’argent du contribuable sort à l’étranger par des moyens détournés et ce ne sont même pas les professionnels algériens qui en profitent, mais des Turcs, des Egyptiens, des Tunisiens, des Iraniens… Ces chaînes ne font pas de différence entre sponsoring et publicité, alors que notre juridiction est claire», s’offusque-t-il.

Pour le réalisateur d’El Bedhra, l’Algérien doit être informé sur le statut juridique des chaînes offshore et de leur légalité : « Depuis la création anarchique de ces chaînes ‘privées’ beaucoup d’énergumènes ont investi le domaine culturel audiovisuel. Seule l’EPTV est légale dans notre pays et c’est la seule qui est restée digne malgré tout, après que ces chaînes privées se sont emparées, de façon détournée, de la manne publicitaire.»

La situation financière du groupe privé, qui dispose d’un quotidien, d’une revue et de trois chaînes HD (Echorouk Tv, Echorouk News, CBC Benna), s’est dégradée ces derniers mois. Des journalistes évoquent des pressions sur les animateurs d’émissions « critiques», des ponctions et des retards dans les salaires. « On attend toujours le salaire de mars», s’offusque un journaliste.

Le quotidien arabophone, criblé de dettes, n’a pas tiré depuis trois jours sur les rotatives publiques pour cause de créances impayées, signale un journaliste. Contacté par El Watan, le directeur général du groupe, Ali Fodil, dément des « allégations erronées et tendancieuses colportées sur les réseaux sociaux». « Ce sont des commérages colportés sur les réseaux sociaux pour faire sensation. Les détails sur l’arrêt des productions sont dans le communiqué rendu public», s’est contenté d’affirmer Fodil, soulignant que « le problème des retards dans le paiement des journalistes ne s’est plus posé depuis quatre ans».

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