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On vous le dit

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

– La justice et les sénatoriales à Blida

Des enregistrements sonores ainsi que des requêtes relatifs à d’éventuels cas de corruption lors des choix des candidats au Sénat dans la wilaya de Blida ont été notamment déposés au niveau des instances judiciaires et des services de sécurité. Des centaines de millions, voire des milliards, seraient ainsi déboursés pour que le mieux « offrant» soit sélectionné le jour des sénatoriales du 29 décembre.

Adlène Kadi, directeur adjoint de la campagne électorale de Bouteflika en 2014 dans la wilaya de Blida, crie au scandale. « Je détiens des documents sonores prouvant la corruption de certains candidats. Maintenant, c’est à la justice de faire son travail», insiste le « dénonciateur».

– Record de chaleur à New York pour Noël, des flocons à Las Vegas

New York a battu, vendredi, son record de chaleur pour un jour de Noël, tandis que d’exceptionnels flocons de neige tombaient à Las Vegas et que le sud des Etats-Unis pansait ses plaies après une vague de tornades inhabituelles en cette saison. Manhattan a connu un record de chaleur pour un 25 décembre, avec 18,8°C relevés au cours de la nuit de vendredi, selon le Service national de la météo (NWS). Un sommet jamais atteint depuis le début des annales en 1871, dépassant largement les 17,7°C du 25 décembre 1982 enregistrés à Central Park.

New York traverse un « été indien» depuis une semaine, qui a déjà poussé à des records le 24 décembre, avec plus de 22°C jeudi. Une chaleur qui contraste avec l’hiver enneigé connu l’an dernier à Manhattan. Des fleurs bourgeonnent sur la côte est des Etats-Unis et malgré la pluie qui s’abattait en averses sur la capitale vendredi, les passants profitaient aussi de Washington en T-shirt et sandales, le Washington Post parlant d’un « Noël tropical». Des flocons mêlés de pluie sont en revanche tombés là où on ne les attendait pas : Las Vegas, dans le désert du Mojave (Nevada, ouest). Une image rarissime, seulement observée en 1941, puis en 1988 et 2008, selon le NWS.

– La Russie va construire deux centrales nucléaires au Bangladesh

Le Bangladesh a signé vendredi un accord avec la Russie pour la construction de deux centrales nucléaires d’une capacité de 1200 mégawatts près de la capitale Dacca, pour un investissement d’un montant total de 11,6 milliards d’euros, a annoncé le gouvernement. Le groupe russe Rosatom entamera les travaux début 2016 sur le site de Ruppur dans la région d’Iswardi, à 160 km de Dacca, a précisé vendredi Kamrul Islam Bhyian, porte-parole du ministère des Sciences et Technologies. « La Russie financera jusqu’à 90% du coût total sous forme d’un crédit à un taux d’intérêt de 1,75% au-dessus du Libor», a-t-il précisé.

Le prêt russe, qui courra sur 28 ans, sera assorti d’une période de grâce de 10 ans. Le ministre des Finances a précisé que le contrat représentait le plus important projet jamais lancé par le Bangladesh dans le domaine de l’électricité. La première des deux centrales doit entrer en production en 2022, la deuxième en 2023. Rosatom assurera la gestion des centrales pendant la première année d’exploitation commerciale avant de passer le relais aux autorités locales.

– Nouvel incendie suspect dans une mosquée à Houston

La police enquêtait hier sur un incendie suspect survenu dans une mosquée de Houston, dans le sud des Etats-Unis, une grande association musulmane dénonçant une recrudescence d’attaques depuis l’attentat de San Bernardino. Le feu est « parti de plusieurs points», ce qui le rend « suspect», a indiqué une porte-parole de la police chargée notamment d’enquêter sur les armes et explosifs (ATF) aux médias locaux. L’incendie est survenu vendredi après-midi dans la mosquée Masjid.

Personne n’a été blessé et aucun suspect n’a été interpellé samedi. « Compte tenu de la hausse récente des incidents haineux visant des mosquées dans tout le pays, nous appelons les forces de l’ordre à enquêter sur un possible mobile discriminatoire derrière cet incendie», a déclaré le directeur du Comité de relations américano-islamiques (CAIR) à Houston, Mustafaa Carroll, selon un communiqué de l’organisation. « Les autorités consultent les vidéos des caméras de surveillance et affirment que le feu est suspect», ajoute le CAIR dans le communiqué. Lire la suite

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Mobilisation à béjaïa

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

Un vibrant hommage a été rendu, hier matin à Béjaïa, par le Front des forces socialistes (FFS) au défunt Hocine Aït Ahmed, en organisant un rassemblement et une prise de parole au niveau de la maison de la culture Taos Amrouche.
Des militants du FFS, des sympathisants ainsi que des admirateurs de Dda L’Hocine, qui ont fait le déplacement des quatre coins de la wilaya, ont convergé vers la maison de la culture, où étaient attendus quatre secrétaires nationaux du FFS Chafaâ Bouaïche, Rachid Chabati, Brahmi Ziani et Abdoune Nacer. Plusieurs élus locaux étaient également présents.

Après une minute de silence, les secrétaires nationaux ont pris la parole pour rendre hommage à celui qui fonda le FFS en 1963, le premier parti d’opposition d’Algérie. « Le meilleur et le plus grand hommage qu’on puisse rendre aujourd’hui au défunt Hocine Aït Ahmed, c’est d’être fidèle à sa ligne et de continuer le combat qu’il a mené durant toute sa vie pour l’idéal démocratique et le consensus national», a déclaré Chafaâ Bouaiche. « A ceux qui veulent dissocier Dda L’Hocine du FFS, nous leur disons que ces derniers ne font qu’un», a martelé le député.

Pour sa part, le fédéral du FFS de Béjaïa, Yahia Boukellal a déclaré à El Watan : « Dda L’Hocine est un héritage pour nous tous, nous devons le préserver.» Les personnes présentes, dont des militants de grande date du plus vieux parti de l’opposition, ont vécu l’hommage dans la plus grande émotion. « C’est un père de la nation qui vient de disparaître, il restera dans nos cœurs à jamais.

Dda L’Hocine est un modèle pour tout militant de la liberté et de la démocratie», nous a déclaré Hamid, militant du FFS de la ville d’Akbou. « Je me suis déplacé de Tazmalt pour rendre hommage à Dda L’Hocine. Jeudi, je me rendrai au siège du FFS à Alger pour le voir pour la dernière fois, et vendredi je serai dans son village natal pour l’accompagner à sa dernière demeure», confie un autre militant.

Par ailleurs, les secrétaires nationaux ont appelé les présents à se rendre massivement à la cérémonie de recueillement qui aura lieu, jeudi, au siège national du FFS, à Alger, où sera exposé le corps du défunt, et à l’enterrement qui se déroulera le lendemain dans son village natal, à Ath Ahmed. D’après le fédéral Boukellal, les sections locales du FFS ont formulé des demandes auprès des APC en vue de la réquisition de bus qui transporteront les gens vers Alger. L’organisation de ces départs se met en place au niveau des communes, a-t-il ajouté.

En outre, dans les communes de Souk El Tenine et Timezrit, les sections locales du FFS ont rendu également un hommage au défunt en allumant des bougies et en mettant à la disposition des citoyens des registres de condoléances. Les supporters du MOB ont aussi rendu hommage au défunt, à leur manière, en observant lors du dernier match de l’équipe, à Béjaïa, une minute de silence avant le début de la partie. Sur deux banderoles qu’ils ont agitées tout au long du match, on pouvait lire : « Hommage au visionnaire, au vrai révolutionnaire», « Repose en paix, Dda L’Hocine». Lire la suite

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L’exploit de Larbi Bourrada à Pékin

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

Le décathlonien Larbi Bourrada a réalisé la meilleure saison de sa carrière en signant la cinquième place aux épreuves combinées lors des 15es Championnats du monde d’athlétisme 2015, disputés dans la capitale chinoise du 22 au 30 août.
Au passage, Bourrada a pulvérisé le record d’Afrique du décathlon (8461 points). Un exploit que personne n’attendait du fait que l’athlète relevait d’une blessure. De plus, il était loin des compétitions en raison d’une suspension de deux ans (juin 2012 – juin 2014) infligée par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) pour cause de dopage. Avant le rendez-vous de Pékin, l’ancien champion d’Afrique junior ne figurait guère dans les bilans mondiaux.

Il n’avait participé à aucune épreuve du décathlon, se contentant de prendre part au Championnat d’Algérie open qui a eu lieu à Alger (août 2015) où il s’est aligné dans quelques épreuves (110 m haies, hauteur, perche, etc.). C’est pourquoi la 5e place décrochée par Bourrada devant les grands spécialistes est un véritable exploit, au moment où l’athlétisme algérien a encore déçu après que Taoufik Makhloufi, grand favori sur 1500 m, n’ait pas réussi son objectif en terminant 4e.

En terre chinoise, le recordman d’Afrique du décathlon, qui a renoué pour sa troisième participation à un championnat du monde (après Berlin 2009 et Daegu 2011), a rivalisé jusqu’au bout avec des adversaires qui se sont surpassés pour creuser l’écart de quelques points. Des épreuves intenses qui ont permis à l’Américain Ashton Eaton (champion olympique 2012) de conserver son titre (Moscou 2013) avec à la clé un record du monde (9045 points). L’excellente prestation de Bourrada l’a propulsé à la 8e place au classement mondial IAAF 2015.

En effet, Bourrada, qui achèvera son stage d’un mois au Portugal ce mardi 29 décembre, a comme principal objectif cette saison les Jeux olympiques de Rio 2016. Cependant, avant sa première olympiade, Bourrada fera son retour à la compétition mondiale à l’occasion du Championnat du monde d’athlétisme en salle (heptathlon) qui se déroulera du 17 au 20 mars 2016 à Portland (Etats-Unis). En prévision de ce Mondial, Bourrada va courir quelques meetings en salle en Europe. Trois mois plus tard, il fera sa sortie dans l’épreuve du décathlon lors des 20es Championnats d’Afrique d’athlétisme seniors prévus du 22 au 26 juin 2016 à Durban (Afrique du Sud). Cette joute africaine constituera un test avant Rio pour Larbi Bourrada, qui aura 28 ans. Lire la suite

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L’année Sportive 2015 : Palmarès en bref

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

– Boxe

Fidèle à son habitude, le noble art, qui a offert à l’Algérie sa première médaille olympique à l’occasion des JO-1984 à Los Angeles (Etats-Unis), s’est illustré à nouveau en arrachant un podium mondial grâce à Mohamed Flissi (52 kg), médaillé de bronze aux Championnats du monde 2015 à Doha (Qatar). Ses partenaires Chadi Abdelkader (64 kg) et Ilyas Abbadi (75 kg) ont, pour leur part, assuré leur qualification aux JO-2016 de Rio en attendant cinq autres pugilistes, selon les objectifs tracés par la Fédération.

– Lutte

La lutte s’est illustrée cette année avec la 5e place de Tarek-Aziz Benaïssa (-66 kg, gréco-romaine) aux Championnats du monde de septembre dernier à Las Vegas (Etats-Unis), doublée d’une qualification aux prochaines joutes olympiques.

– Judo

Plusieurs judokas algériens ont brillé sur les tatamis aux Jeux africains 2015 disputés du 4 au 19 septembre à Brazzaville (Congo). Certains parlent même de véritable razzia des judokas algériens à Brazza, avec un total de 12 médailles, dont 7 d’or, alors que plusieurs d’entre eux se sont bien positionnés pour arracher le droit de prendre part au rendez-vous carioca l’été prochain.

– Gymnastique

Lors des mêmes Jeux africains 2015, la gymnastique a également brillé en raflant pas moins de 8 médailles avec, à la clé, l’émergence de deux talents : Farah Boufadène et Mohamed-Abdeldjalil Bourguieg, qualifiés eux aussi aux Olympiades.

– Aviron

Sid-Ali Boudina et Amina Rouba se sont qualifiés pour les JO-2016 dans la spécialité du skiff individuel lors de la régate continentale disputée sur le lac de Tunis. Idem pour la voile avec la qualification des véliplanchistes Cherif Sahraoui Imène (Laser radial), Bouras Hamza et Katia Belabès (RSX).

– Volley-ball

La jeune équipe nationale masculine a déjoué tous les pronostics en remportant le vermeil aux JA-2015 à Brazzaville grâce à son succès en finale devant le Congo (pays hôte). En revanche, les filles ont échoué en finale du Championnat d’Afrique devant les redoutables Kényanes et raté complètement leur participation au rendez-vous de Brazza.

– Handball

La plus grande désillusion reste la participation catastrophique de la sélection algérienne de handball au Mondial 2015 à Doha avec cette 24e et dernière position. Le sept national a ainsi touché le fond après avoir goûté au sacre africain en janvier 2014 lors de la CAN organisée à Alger.

– Handisport

Les sélections de basket masculine et féminine ont été sacrées championnes d’Afrique à Alger, mettant à profit l’engouement et les encouragements du public de la salle de Staouéli, qui a fêté comme il se devait la qualification des deux équipes aux Jeux paralympiques de Rio-2016.

– JM-2021 à Oran

La désignation de la ville d’Oran pour abriter les Jeux méditerranéens 2021 (JM-2021), à l’issue du vote des membres du Comité international des Jeux méditerranéens (CIJM) à Pescara (Italie), a été l’un des moments-phares de l’année 2015. La capitale de l’Ouest algérien a été largement préférée à la ville tunisienne de Sfax pour l’organisation des 19es JM, avec 51 voix contre 17. Les derniers JM organisés en Algérie remontent à 1975. Lire la suite

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L’Algérie vient de perdre un fils valeureux et un militant exemplaire

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

J’ai connu Hocine Aït Ahmed au Caire, en 1953, et déjà on s’attachait à l’homme de conviction doublé d’un patriote intransigeant. Mais c’est dans les prisons françaises où nous avons séjourné entre 1957 et 1961 que se sont renforcés nos liens d’amitié. Je témoigne que lorsque le CEE a adressé aux cinq le projet de plateforme de la Soummam, seul Aït Ahmed l’a approuvé dans son intégralité, alors que ses pairs ont émis des réserves plus ou moins importantes.

Je me souviens de discussions passionnées à la prison de la Santé, notamment après la constitution du GPRA, sur l’avenir de notre pays, où Aït Ahmed se distinguait par de longs développements marqués par la profondeur de la pensée et l’élégance du style. Certains ont reproché à Aït Ahmed un certain angélisme qui l’aurait tenu éloigné des luttes pour le pouvoir. En vérité, le seul groupe auquel il aurait adhéré était celui de Abane, qui a été néantisé après l’assassinat de son chef. A partir de ce moment, Aït Ahmed n’était plus un outsider.

Au lendemain de l’indépendance, il livra un combat à l’Assemblée nationale pour un Etat de droit, de multipartisme, d’élections libres… mais les foudres de Ben Bella ne l’ont pas épargné : emprisonné puis condamné à mort, il doit à ses amis, qui se sont démenés à l’étranger, de n’avoir pas subi le sort de Chaabani. Sous Boumediène, sa libération promise ayant tardé, nous avons assisté à son évasion et à son installation à Lausanne, où nous nous sommes vus à maintes reprises.

En 1989, Aït Ahmed est heureux de retrouver l’Algérie où les événements d’Octobre 1988 ont généré le multipartisme qu’il a toujours appelé de ses vœux ; son parti politique est devenu une force essentielle dans le paysage politique du pays. Mais il va bientôt déchanter devant l’ampleur de la violence qui a caractérisé la décennie rouge. En 1995, nous avons activement soutenu la plateforme du contrat national conclu à Rome et, quatre ans plus tard, nous sommes tous deux candidats à la présidence de la République.

Nous menons campagne la main dans la main sans nous faire d’illusions sur la neutralité du commandement de l’armée, et lorsque nous avons eu la preuve que ce dernier, malgré les promesses publiques du chef d’Etat démissionnaire, avait choisi son candidat et décidé de l’imposer au peuple par tous les moyens par un simulacre d’élection, les six candidats se sont retirés pour continuer individuellement leur combat pour une Algérie nouvelle. Pour ma part, j’ai créé un parti politique, Wafa, que le pouvoir a refusé d’agréer en violation flagrante de la Constitution. Le 13 novembre 2000, la police envahit le siège de ce parti sans mandat de perquisition, confisque documents et matériel, malmène et arrête le secrétaire général, le retient jusqu’à l’aube au commissariat central de police et appose les scellés.

Il m’était impossible de trouver une salle pour tenir une conférence de presse afin de répondre à cette injustice. Tous les dirigeants des partis politiques agréés sollicités, pourtant proches de notre ligne, ont refusé, par peur de la réaction du pouvoir, de nous prêter une salle pour deux heures, le temps de réagir devant la presse. Seul Aït Ahmed a mis à notre disposition le siège du FFS pour deux jours, matériel et personnel administratif compris, et c’est là, grâce à lui, que j’ai pu reprendre contact avec l’opinion publique, en présence d’une trentaine de personnalités politiques dont certaines étaient encore indésirables auprès de la direction du FFS.

Aujourd’hui, si l’Algérie perd un combattant infatigable et un militant exemplaire en la personne de Hocine Aït Ahmed, je perds un ami et un frère. Je prie le Seigneur des mondes de lui accorder Sa Miséricorde et je m’associe au deuil de son épouse et de ses enfants. De même que je partage la douleur des dirigeants et des militants du FFS et de notre peuple, car Aït Ahmed appartient à l’ensemble de l’Algérie. Lire la suite

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Les autres combats permanents de Hocine Aït Ahmed

Publié le 27/12/2015, par dans Non classé.

L’homme de Bandung, un Maghrébin et même au-delà, était de tout temps au-devant des combats des peuples pour leur autodétermination.
Pour un Maghreb démocratique.» C’est ainsi que Hocine Aït Ahmed concluait chacune de ses interventions politiques. Le très charismatique leader historique a de tout temps associé son combat pour la Libération nationale à celui de l’émancipation d’un grand Maghreb et à l’avènement d’une Afrique du Nord démocratique. Le rêve maghrébin était chevillé à son long combat. Forgé par la solidarité agissante des mouvements de libération nationale dans leurs épreuves les plus dures, l’esprit maghrébin exprimé de manière forte à la faveur de la grande conférence de Tanger, en avril 1958.

« Nous, les représentants des mouvements de libération nationale de Tunisie, d’Algérie et du Maroc, proclamons solennellement notre foi en l’unité du Maghreb et notre volonté de la réaliser dès que les conditions s’y prêteront, c’est-à-dire quand les forces françaises et étrangères auront évacué leurs bases de Tunisie et au Maroc et quand l’Algérie sera devenue indépendante», proclamait la conférence maghrébine de Tanger. Jusqu’au bout, Hocine Aït Ahmed s’est réclamé l’héritier du projet des Tunisiens Ahmed Tlili et Abdelhamid Chaker, des Algériens Ferhat Abbas et Abdelhamid Mehri, des Marocains Mehdi Ben Barka et Abderrahim Bouabid.

D’ailleurs, au 40e jour de la disparition du leader marocain Abderahim Bouabid, en février 1992, Hocine Aït Ahmed avait réaffirmé avec force son attachement à l’émergence d’une intégration régionale sur des bases démocratiques. « Je renouvelle ici mon serment à l’édification d’un Maghreb démocratique. On ne touchera pas à l’espérance démocratique que porte le grand Maghreb. De Tanger à Benghazi, de Nouakchott à Illizi, un seul peuple», clamait-il.

La présence du leader marocain Abderrahmane Youssoufi à Alger pour saluer la mémoire de son camarade était un témoignage sincère de cette conviction commune pour un espace maghrébin émancipé. Pour la petite et la grande histoire, Youssoufi avait été envoyé par Bouabid pour défendre Hocine Aït Ahmed devant la Cour révolutionnaire, en 1965. Sa vision du Maghreb était en porte-à-faux avec celle, idéologique, paternaliste et démagogique, voulue par les systèmes autoritaires en place.

« Le socle démocratique du Maghreb»

Débarrassé de la conception nationaliste étroite et hostile, l’engagement pour la construction maghrébine découle aussi d’une conviction qui tire ses racines d’un passé lointain, avant de rencontrer les aspirations contemporaines du combat libérateur. Fidèles à l’esprit de l’Etoile nord-africaine, Aït Ahmed et son ami Abdelhamid Mehri ainsi que beaucoup de militants du Mouvement national se sont toujours vu comme des Maghrébins.

Leurs liens avec les acteurs du Mouvement national en Tunisie et au Maroc étaient étroitement confondus. « Les deux hommes (Aït Ahmed et Mehri) ont été naturellement du même bord après Octobre 1988, leur culture politique et leur vision maghrébine ne pouvaient que favoriser cette grande complicité politique», assure un proche des deux leaders. Il faut dire aussi que cette conviction maghrébine n’était seulement pas tournée vers le passé, mais résolument inscrite dans une perspective d’avenir, renouvelée à l’aune d’une mondialisation rampante.

Hocine Aït Ahmed luttait pour un ensemble maghrébin politiquement et économiquement intégré, fondé sur le socle de la démocratie, pour pouvoir tirer son épingle du jeu géostratégique internationale. « La mondialisation est déjà là, elle s’impose à tous et nous envahit de toutes parts. Elle comporte d’indéniables aspects positifs pour ceux qui savent s’y insérer de manière planifiée et au mieux des intérêts de leur peuple. L’Europe est partie prenante de la mondialisation car, au préalable, elle a réussi une unification fondée sur un socle démocratique partagé.

C’est ce qui fait sa force et lui permet de sauvegarder son identité et ses capacités compétitives dans tous les domaines. En revanche, l’intégration séparée des pays maghrébins hypothèque leurs intérêts et leur souveraineté. On ne saurait évaluer les conséquences fâcheuses de l’échec de la construction maghrébine.

Les options bureaucratiques et les conceptions étriquées du nationalisme ont stérilisé les nombreuses tentatives d’intégration régionale au Maghreb. Pis, elles ont créé un état de tension permanent, incompatible avec la coopération et le développement. Il est déjà tard, mais il est encore temps pour relancer la construction maghrébine en changeant de démarche et en édifiant un socle démocratique qui est seul capable de mobiliser les ressources et les énergies pour un développement durable.

Le Maghreb aurait ainsi des atouts et le pouvoir de négocier, au mieux de l’intérêt de ses enfants, son insertion dans ce monde nouveau qui s’installe», affirmait-il début 2000. Le grand Maghreb était un des étendards de ce grand Maghrébin — aux multiples combats — qu’il arborait sut toutes les tribunes. « Une partie importante de nos élites a déjà déserté la bataille collective pour un Maghreb fort, démocratique et uni dans la conquête de ses intérêts. Ce n’est pas nouveau dans notre histoire.

Ce qui serait nouveau serait de réussir à repousser nos atavismes meurtriers, nos égoïsmes plus tribaux que nationaux et cette sorte de fatalisme qui nous pousse à accepter le pire quand le mieux nous semble trop lourd à porter», disait-il encore quelques années avant sa disparition. Ainsi était aussi l’homme de Bandung, un Maghrébin et même au-delà. Il était de tout temps au-devant des combats des peuples pour leur autodétermination.

Un fervent défenseur de la cause palestinienne, un pourfendeur du système de l’apartheid. Il était d’un soutien sans faille pour les peuples en lutte pour leur émancipation. Il fut une militant permanent qui, même dans l’adversité, ne cédait jamais sur ses convictions et ses principes. Sa place est désormais au panthéon de l’histoire nationale algérienne, mais aussi maghrébine. Lire la suite

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