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«Un symbole pour tout le Maghreb»

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

Abderrahmane Youssoufi, ancien responsable de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) marocain ; ancien Premier ministre et compagnon de Mehdi Ben Barka, a tenu à venir à Alger rendre hommage à son ami Hocine Aït Ahmed.
Du haut de ses 91 ans et avec l’énergie que lui impose son âge , Abderrahmane Youssoufi a voulu répondre présent au dernier rendez-vous avec « El Hocine» son ami. « J’ai connu El Hocine alors leader du Mouvement national algérien. Dès le premier jour, j’ai eu la conviction que la Révolution algérienne avait un grand leader», témoignait-il hier au siège du FFS. Et de se rappeler : « Je l’ai mieux connu après, quand il a été arrêté par l’armée française et fait prisonnier avec les quatre autres dirigeants du FLN.

J’ai pu grâce à mon métier d’avocat rendre visite à plusieurs reprises aux cinq détenus. Avec d’autres avocats, nous servions aussi de porteurs de messages entre les cinq détenus et les dirigeants du GPRA. J’ai bien connu El Hocine en ce temps-là et nous avons depuis continué à avoir une profonde relation d’amitié.» Youssoufi a aussi fait partie du collectif d’avocats qui avait défendu Hocine Aït Ahmed en 1965, quand il avait été condamné à mort par Boumediène. « Je garde toujours en souvenir ma participation à sa défense.

Nous avions pu obtenir du président de la République d’abandonner la condamnation à mort», souligne notre interlocuteur. Et d’ajouter : « Nous avons eu une relation d’amitié profonde et c’est pour cela que je suis ici aujourd’hui et j’ai tenu à venir.» Youssoufi évoque la foi de Hocine Aït Ahmed pour l’Union du Maghreb. « C’était le leader de l’Afrique du Nord le plus convaincu et fervent défenseur de l’Union du Maghreb…

Personne, je dis bien personne, parmi les autres leaders maghrébins, n’a autant que lui cette foi et conviction profonde dans l’édification de l’Union du Maghreb. Hocine est un symbole pour tout le Maghreb, il nous quitte aujourd’hui en laissant le testament de l’édification de l’Union maghrébine. Je suis certain que son testament sera respecté et donnera jour à une action positive.» Lire la suite

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Une vie, une leçon de sciences politiques

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

M ercredi, 23 décembre 2015, c’est la veille du Mawlid Ennabawi, j’écoute une chanson de Mohamed Abdelwaheb Menghir lih (Sans raison). J’apprends la mort de Si L’Hocine.
Elle était pressentie, mais le choc est dur, j’eus un sanglot qui dans ma gorge. Aït Ahmed, le dernier des grands révolutionnaire, venait de s’éteindre. Encore sonné par cette nouvelle, des souvenirs défilent à toute vitesse dans ma tête. Son visage calme et reposant, sa parole douce et apaisante, ses propos clairs sans cette langue de bois qui cadenasse le discours des dirigeants politiques le distinguaient des bavards du sérail. A son retour en Algérie après les émeutes d’Octobre 1988 et le massacre incompréhensible de certains d’entre eux (des jeunes), l’Algérie entrait dans une guerre civile qui allait, durant dix ans, défigurer la morphologie de la société.

Lors de son retour au pays, je l’avais rencontré plusieurs fois avec des amis de mon âge (la quarantaine) qui formaient son staff politique. Préparer les élections, les premières censées être libres, était le sujet principal. Il savait écouter et ses remarques et conseils étaient proposés avec beaucoup de douceur. Il était à l’opposé de ces donneurs de leçon que leur narcissisme avait rendu sourds à l’histoire, qui avançait à toute allure et les magouilles des dirigeants loin de s’atténuer s’étaient déchaînées dans le sérail.

Pendant ce temps, légalisé, malgré la loi, le FIS occupait la rue. Le contenir devenait impossible et les élections lui donnèrent la majorité. Elles seront rapidement suivies d’un « coup d’Etat», le troisième depuis l’indépendance, annulation des résultats du vote, démission du président Chadli. Cet acte fut « télévisé». Le cynisme avait atteint son comble. Quand l’Etat d’urgence fut proclamé, l’Algérie venait de passer de l’espoir de démocratie naissant à la dure réalité d’une nouvelle dictature enrobée de « civilité».

Aït Ahmed repart en exil alors que la guerre civile commençait avec ses cortèges de morts. A son tour, la formule bancale du HCE s’effondre. On fit appel à cet autre géant de l’histoire, Mohamed Boudiaf, qui sera assassiné quelques mois plus tard à Annaba. Là aussi l’acte est télévisé et comme pour la démission de Chadli, il est regardé par tous les Algériens devenus témoins et donc aussi « complices» de ce parricide.

L’Algérie, orpheline de ces deux grandes figures de l’indépendance, venait encore une fois de rater son passage à la démocratie. Il nous faudrait un Shakespeare pour expliquer par l’art cette tragédie politique. Boudiaf, Aït Ahmed disparus, la société est entraînée dans une impasse sans issue, dont nous payons aujourd’hui encore le prix. Menghir lih comme chantait Mohamed Abdelwaheb dans sa magnifique et dernière qasida qui sera interdite par Al Azhar pour blasphème. Adieu cher maître Da L’Hocine. Lire la suite

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Un village historique

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

En 1956, le village Ath Ahmed a été évacué par l’armée française, selon des témoignages recueillis sur les lieux. Boussaâd, le neveu du défunt, nous fait visiter une planque souterraine creusée dans la maison de Hocine Aït Ahmed.
« Il se cachait ici en compagnie d’autres combattants. Elle a été aménagée en 1880 par notre grand-père Cheikh Mohand Oul hocine, qui confia alors à ses proches, sur un ton prophétique : ‘‘Viendra le jour où une génération en aura besoin. » Des centaines de révolutionnaires ont transité par notre maison. Et malgré les fouilles des militaires français, ils ne l’ont jamais découverte.

C’est une casemate de 4 chambres pouvant abriter une quarantaine de moudjahidine. Il y avait un quartier pour les officiers et un autre pour les sous-off.’ Les entrées de la cache étaient dissimulées sous les pattes des vaches, des moutons et recouvertes foin, avec un véritable QG en dessous.

Des armes acheminées de Tunisie ont transité par cette grotte. On raconte que le moudjahid Mohamedi Saïd, connu pour avoir une forte corpulence, rentrait difficilement dans ce trou.» M. Bennadi, fils de chahid, témoigne sur le passé glorieux de ce village de résistants à l’occupant français. « L’ALN a déploré la mort de 11 officiers à Ath Ahmed. En 1992, on avait voulu ériger une stèle pour la mémoire et l’histoire.

Notre requête est tombée à l’eau. Les pouvoirs publics ne voulaient pas l’ériger ici», déplore notre interlocuteur, qui nous apprend que « Hocine Aït Ahmed a été le premier à intervenir à l’Assemblée nationale en 1962 pour demander l’attribution d’un salaire aux veuves de chouhada». A la mi-journée, les visiteurs continaiuent d’affluer. Cadres du FFS, élus d’autres partis politiques (RCD, FLN, RND et PT), ainsi que des centaines de citoyens venant présenter leurs condoléances aux membres de la famille du leader charismatique du FFS.

Pour Rachid Debiane, du village Azouza, « Aït Ahmed est un grand homme de la Révolution qui s’est sacrifié corps et âme à la cause nationale». Hami Rachid, maire RCD d’Abi Youcef, nous déclarera : « Dda El Hocine est un pilier de la démocratie. Militant politique à 16 ans, il était parmi ceux qui ont toujours cru que la France ne sortira de l’Algérie que par les armes. Il n’a jamais retourné sa veste. Il était un Homme, et l’est resté jusqu’à sa disparition.

Aït Ahmed est resté fidèle à son combat. Ce qu’il prônait en 1962 est toujours valable aujourd’hui.» Djillali Kettane, ex-membre du Conseil national du FFS, présentement élu à l’APC d’Ath Khelili, ajoutera : « Si El Hocine nous a appris à aimer la politique, nous a transmis l’amour du pays. A son retour en Algérie en 1989, je voyais en lui le sauveur de la patrie. C’était l’espoir qui renaissait chez nous, et je suis convaincu que c’est la même image que gardent de lui tous les citoyens. L’adhésion des Algériens à ses thèses politiques a été démontrée lors des différentes marches de citoyens et appels faits au peuple. La plus importante manifestation étant celle du 2 janvier 1992.

C’est lui qui a justement lancé le slogan ‘‘ni Etat policier, ni Etat intégriste ». C’est lui également qui avait formé tous les cadres politiques de l’Algérie indépendante, ceux de la démocratie, du Mouvement culturel berbère. C’était un militant tout court, qui avait toujours payé ses cotisations. Il n’y avait que la responsabilité qui le différenciait des autres militants du parti.» Le responsable de wilaya du FFS, Farid Bouaziz, ne tarit pas d’éloges, pour sa part, sur les qualités humaines et militantes du grand moudjahid Hocine Aït Ahmed. « C’était quelqu’un de très simple. J’ai eu l’occasion d’être présent à ses côtés lors des réunions. Il communiquait beaucoup par des anecdotes.

Celle qui m’avait marqué le plus concerne la réunion que tenait celui-ci avec des responsables de la Révolution, notamment Mohamed Boudiaf. Aït Ahmed nous disait que ‘‘Boudiaf, lorsqu’il parlait, aimait hausser le ton ». Et Dda El Hocine de lui rétorquer avec beaucoup de finesse : ‘‘Si Boudiaf, ce n’est pas parce que tu hausses le ton que tu as raison ». Aït Ahmed aimait transmettre ce genre de messages à ses militants. C’est une façon de nous apprendre à bien nous comporter et à être à l’écoute des douleurs des citoyens. Si El Hocine, en plus d’aimer son pays, aimait beaucoup son peuple. D’ailleurs, il disait que ‘‘le Maghreb est un seul peuple ».» Lire la suite

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Un grand stratège du Mouvement national

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

Avec la disparition de Hocine Aït Ahmed, c’est à la fois un acteur et un stratège militaire et diplomatique du Mouvement de libération nationale algérien qui vient de nous quitter.
On reviendra certainement sur plusieurs aspects de ses contributions. Sans minimiser son action opiniâtre en faveur d’un système politique démocratique après l’indépendance du pays, ni tout ce qu’il a enduré pour faire prévaloir son idéal, je ne soulignerai ici que ses contributions au Mouvement national sur les plans militaire et diplomatique.

Né en 1926, militant du Parti du peuple algérien (PPA) alors qu’il était élève au lycée de Ben Aknoun (Alger), il devient rapidement membre du comité central puis membre du bureau politique de ce parti. En 1947, à 21 ans, il est l’auteur du fameux rapport adressé aux instances dirigeantes du Mouvement national pour préconiser les principes, la stratégie et les modalités de la lutte armée afin d’organiser le combat contre l’occupation coloniale.

Nommé chef d’état-major de l’ Organisation spéciale (OS, organisation paramilitaire créée par le PPA) après le décès de Mohamed Belouizdad dont il était au départ l’adjoint, il est à ce titre le premier inspirateur et organisateur sur le terrain des premiers groupes et sections militaires dans différentes régions du pays, préparant la lutte armée qui sera conduite ensuite par le FLN à partir du 1er Novembre 1954. L’apport de Hocine Aït Ahmed à la définition de la stratégie et de l’action diplomatique du Front de libération nationale est encore plus connu.

Ce n’est pas un de ses moindres mérites, cet ancien responsable militaire du Mouvement national a plaidé pour la nécessité d’une action diplomatique forte, indispensable pour compléter la lutte armée. Il en a défini la stratégie et les premiers principes tout en cherchant à les appliquer sur le terrain, par exemple en impulsant l’ouverture de plusieurs représentations diplomatiques du FLN, notamment celle de New York afin de faire connaître et conforter la lutte de Libération nationale sur le plan international, particulièrement auprès des Nations unies et de nombreux pays.

Il a été un inspirateur réfléchi et un acteur déterminé de l’action diplomatique du FLN, notamment à la Conférence internationale de Bandung où il a représenté le FLN. On le sait moins, il a même préconisé, dans un long rapport adressé au Comité de coordination et d’action (CCA), la création du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). C’est un immense acteur et un grand stratège du Mouvement national qui vient de nous quitter.
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Recueillement dans la sobriété et l’intimité à Lausanne

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

La cérémonie de recueillement sera ouverte aux membres de la communauté algérienne en Europe et aux amis suisses du défunt.
Aït Ahmed quittera définitivement, jeudi prochain, son exil suisse qui n’a que trop duré pour celui qui fait partie des pères fondateurs de la nation algérienne. Depuis l’annonce de son décès mercredi matin, les membres de sa famille les plus proches se recueillent, restreints par une intimité totale, dans une chapelle du centre mortuaire Montoie de Lausanne. Ils profitent du « calme» helvétique pour faire dignement leurs adieux à un parent si valeureux.

Néanmoins, d’après nos informations, la famille organisera une veillée funèbre publique mardi. La cérémonie de recueillement sera ouverte aux membres de la communauté algérienne en Europe et aux amis suisses du défunt. Sa veuve et ses enfants ont ainsi fait le choix de la sobriété et de la décence — valeurs non étrangères au zaïm éternel du Front des forces socialistes (FFS) — dans leur manière de lui rendre un ultime hommage avant le rapatriement de sa dépouille, baignée dans les honneurs, vers l’Algérie, seul « vrai» chez-lui. Il y recevra manifestement un vibrant hommage populaire, d’abord au siège national du FFS à Alger, le 31 décembre, et ensuite dans son village natal à Aïn El Hammam (Tizi Ouzou), le 1er janvier lors de son enterrement.

En attendant, le « fief» helvétique du zaïm n’a pas échappé, en toute logique, à la fièvre de prosternation devant l’immensité de ses services glorieux rendus à la nation depuis 1945. En effet, quelques journalistes et plusieurs concitoyens guettaient, depuis jeudi après-midi, la moindre information sur la possibilité de se recueillir une dernière fois sur la dépouille de feu Dda L’Hocine, puisqu’ils ne pourront pas le faire au pays.

La plupart ont fait le déplacement à Lausanne depuis Genève, Paris ou encore Bruxelles. Souvent, ses concitoyens se sont rendus au centre hospitalier universitaire Vaudois (CHUV) où s’est éteint Si L’Hocine à l’âge de 89 ans. Faire le deuil en était certainement l’unique quête. Pour cause des fêtes de Noël, réduit était le personnel de ce grand hôpital lausannois. Mais les quelques infirmiers approchés ont exprimé leur « regret d’apprendre la disparition d’un homme sage et dévoué».

Emue, une infirmière avoue connaître « Monsieur Aït Ahmed» depuis une trentaine d’années. Fatigué et affaibli par une longue maladie, aggravée par l’accident vasculaire cérébral (AVC) qu’il a subi en janvier 2015, l’artisan de Bandung a rejoint l’Au-Delà « paisiblement, sans souffrance», selon sa famille. Son cœur de fils de la Toussaint a fini par céder à un arrêt cardiaque après une hospitalisation très brève cette fois-ci. Le plus sage des neuf historiques algériens est parti sagement, sans faire de bruit. Paradoxalement, de sa mort paisible a retenti un vacarme tumultueux.

Celui d’une mobilisation populaire sans précédent autour de l’héritage de sa mémoire et de ses combats. Le deuil national historique décrété par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a pris effet hier et durera encore sept jours. Les avis sont unanimes. « J’ai appris la triste nouvelle à la télé suisse romande. Ma première réaction était de me demander : qu’a-t-il fait de mal pour mourir en exil ? Je me suis dit que l’Algérie a toujours su donner des grands hommes que le régime a exclus», a regretté Mohamed Chetouane, un ostéopathe algéro-suisse de Fribourg, à 60 km de Lausanne.

Il espère, vu l’ampleur de l’hommage national unanime rendu à feu Aït Ahmed, « en tirer de bonnes leçons. En tout cas, j’espère que son combat ne sera pas enterré avec lui. C’était un combat d’un patriote pour l’amour de son pays». Dans le même sillage, notre ancien confrère Madjid Talbi, établi à Genève depuis 2011, a réaffirmé qu' »il s’agit d’une grande perte pour une Algérie qui cherche encore son chemin de liberté. C’est une lumière qui s’est éteinte pour notre génération assoiffée de démocratie».

Pour lui, l’héritage de l’ancien patron de l’Organisation Spéciale est celui d' »un homme qui a toujours défendu son pays avec une conviction ferme, tout en rêvant d’un idéal que les obscurantistes opportunistes ont jusque-là toujours détruit». Quant à Belkacem Amarouche, l’un des premiers arrivés à Lausanne au lendemain de l’annonce du décès de Si L’Hocine, il pense que « sa mémoire peut métamorphoser nos actions politiques et citoyennes pour un avenir meilleur et radieux de notre pays».

Toujours optimiste, le député FFS de la circonscription électorale Europe-Amérique, dont fait partie la Suisse, a martelé qu' »Aït Ahmed a toujours inspiré les choix du FFS et son idéal nous guidera sûrement à faire plus d’efforts pour l’édification d’un réel Etat de droit en Algérie», rappelant que le fondateur du FFS et son président pendant un demi-siècle a toujours porté le flambeau de la liberté et la démocratie. « Il a, dit-il, défendu dignement les intérêts de toutes les Algériennes et tous les Algériens, que ce soient ceux établis en Algérie ou ceux établis à l’étranger. Il leur souhaitait une citoyenneté ouverte sur l’universel.» Lire la suite

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Louisa Hanoune demande une enquête sur ses biens

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

« Je ne vais pas me taire. Soit l’oligarchie, soit la majorité du peuple qui, certainement, aura le dernier mot. Votre fin est imminente», a lancé la secrétaire générale du PT lors d’une rencontre organisée hier à Annaba.
La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a appelé, hier, le procureur général près la cour de justice de Annaba à ouvrir une enquête approfondie sur ses biens personnels et de sa famille. « Je vous appelle officiellement, M. le procureur général, d’instruire les services de sécurité, notamment les brigades économiques à l’effet d’ouvrir une enquête approfondie sur mes biens personnels ainsi que ceux de ma famille.

Et j’insiste à ce que les ministres du Travail et de l’Agriculture — Mohamed El Ghazi (ex-wali de Annaba), Sid-Ahmed Ferroukhi, ainsi que le wali d’El Tarf à apporter leurs témoignages s’ils ont attribué des biens à moi et à mes frères», a déclaré hier Louisa Hanoune lors d’un point de presse qu’elle a tenu à Annaba. Cette rencontre, qui s’est transformée en meeting politique, était l’occasion pour la patronne du PT d’exiger, parallèlement, l’ouverture d’une enquête sur la maffia locale du foncier que tout le monde connaît. « On a porté atteinte à ma vie privée et à celle de ma famille.

Je ne vais pas me taire. Soit l’oligarchie, soit la majorité du peuple qui, certainement, aura le dernier mot. Votre fin est imminente» a, d’un ton coléreux, menacé Mme Hanoune, sous les ovations et les youyous de l’assistance. « Nous avons déposé trois plaintes, moi, mes frères et le député Smaïl Kouadria, pour diffamation et faux et usage de faux. Même le gérant du projet de la coopérative immobilière à laquelle est associé mon beau-frère s’est joint à nous en recourant à la justice.

S’ils ne peuvent pas confirmer leurs accusations, les accusés sont passibles de prison», a-t-elle encore averti avant d’aborder le rejet par son parti de la loi de finances 2016. A ce propos, Mme Hanoune a étroitement lié un danger imminent au contenu des articles de la LF-2016. « Le danger de cette loi confectionnée par l’oligarchie est pire que le terrorisme de Daech. Si l’ANP nous rassure en protégeant nos frontières, l’austérité que générera cette LF-2016 constituera un danger interne qui risque de faire exploser le pays», a-t-elle estimé, non sans proposer des alternatives.

« La solution réside dans les 5 milliards de dollars que l’Algérie a prêtés au FMI, dans les 5000 néo-multimilliardaires, dans le démantèlement tarifaire et dans le recouvrement des milliards prêtés par nos banques à l’oligarchie et non remboursés jusqu’à aujourd’hui.» Très attendue par les journalistes, la question concernant la menace de révéler des noms des fils des ministres impliqués dans des affaires illicites à Annaba si une émission consacrée sur ses biens passe à Ennahar TV n’a pas eu de réponse. Mme Hanoune l’a tout simplement éludée. Lire la suite

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