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Historique consécration

Publié le 02/01/2016, par dans Non classé.

Il est 6h sur la route d’Ath Yahia, mais le jour n’est pas encore levé. De part et d’autre de la route, les lumières des villages kabyles sont comme des colliers d’étoiles tombées de la voûte céleste. Telles des colonnes de fourmis géantes, de longues processions de citoyens de tout âge marchent dans la nuit, le silence et le froid.
Ils sont des dizaines de milliers à se diriger vers Tissirth n’ Cheikh (le moulin du saint) pour attendre la dépouille de Hocine Aït Ahmed que personne ne présente plus. Les parkings prévus pour recevoir les bus et les véhicules personnels sont déjà pleins à craquer. La plupart sont arrivés dans la nuit, pour, évidemment, ne pas être pris au dépourvu et rater l’événement du siècle. Quand le jour se lève enfin, il donne à voir une véritable marée humaine qui a déjà pris possession des plateformes prévues pour la foule, les invités d’honneur et la dépouille mortuaire. Comme un long fleuve tranquille, la foule continue d’affluer durant toute cette journée de Nouvel An et de nouvelle ère.

Le flux est continu, y compris lorsque les trois portes menant vers Takka Ath Yahia sont bloquées par l’afflux des visiteurs. Arrivée des quatre coins d’Algérie et de Kabylie, cette foule bigarrée, armée de drapeaux, de posters et de slogans est canalisée derrière des barrières métalliques par un service d’ordre qui veille au grain tant bien que mal. Pour rentrer dans la zone des tentes et des chapiteaux, où doit être exposée la dépouille du défunt, il faut montrer patte blanche : un badge ou un visage connu.

Une foule tendue

C’est la partie réservée aux invités de marque, aux personnalités politiques, aux cadres du parti et à la presse présente en très grand nombre. Comme à leurs habitudes, les journalistes se ruent sur les VIP pour leur arracher des déclarations ou impressions. Ils sont concurrencés par une armée de citoyens munis de portables qui filment tout ce qui bouge.

Vers 9h, la foule massée derrière les premières barrières métalliques s’échauffe tout à coup et donne de la voix. Les slogans fusent : « Pouvoir berra !», « Pouvoir assassin !», « Non aux harka !» La cause de ce courroux qui fait fuser des slogans rageurs et lever des poings vengeurs est la présence d’un ancien Premier ministre versé aujourd’hui dans l’opposition. Les organisateurs, qui redoutent un dérapage, tentent de rattraper le coup et c’est le premier secrétaire fédéral de Tizi Ouzou qui est allé au charbon. Au micro, il exhorte la foule à garder son calme et à rester digne. « Assagui matchi d’ass lehssav» (l’heure n’est pas aux règlements de comptes, dit-il.

Ajoutant au passage : « Mes frères, respectez le vœu de Si L’Hocine, que l’enterrement se déroule dans la dignité.» L’arrivée du très controversé président de la JSK, l’inamovible Mohand Cherif Hannachi, a failli allumer un autre brasier, vite éteint par l’intéressé qui bat en retraite. Assailli par les journalistes, il fera tôt de s’éclipser. Mokrane Aït Larbi, lui, est chaleureusement applaudi et salué. L’ancien militant de la démocratie et des droits de l’homme se sent comme un poisson dans l’eau, heureux de voir ce magnifique hommage que le peuple rend à celui qu’il reconnaît comme l’un des siens. « Ces milliers de gens qui sont là parlent pour lui.

Depuis toujours, Hocine Aït Ahmed a milité pour que le peuple soit souverain et que la dernière parole lui revienne. Le pouvoir en a voulu autrement, mais une chose est certaine, mort ou vivant, Dda L’Hocine a toujours gêné le pouvoir. ‘Yedder dhargaz, yemmuth dhargaz’» (Il a vécu en homme et il est mort en homme), résume Mokrane Aït Larbi. « Tout comme Nelson Mandela et beaucoup de grands hommes, il est revenu pour être enterré en son village», ajoute ce ténor du barreau qui a échappé de peu à un destin politique exceptionnel.

Pendant ce temps, la foule arrive sans discontinuer. Elle déborde largement des lieux prévus pour la contenir. A 11h15, l’un des responsables du parti annonce au micro l’arrivée imminente de la dépouille de Si L’Hocine. Un frisson parcourt la foule exceptionnellement dense et tendue. De mémoire de Kabyle, jamais une telle affluence à un enterrement n’a été vue ou vécue. Cela dépasse de loin les funérailles de Dda L’Mouloud Mammeri ou Matoub Lounès qui étaient jusque-là des références en la matière.

Assailli par des centaines de visiteurs massés le long de la route, le cortège funèbre, avec à sa tête l’ambulance transportant la dépouille du vieux leader, a toutes les peines du monde pour avancer. Le speaker supplie longuement et vainement qu’on lui cède le passage. Lorsque enfin le cercueil est extrait de l’ambulance pour être porté à bout de bras et franchir les derniers mètres qui le séparent du chapiteau, où il doit être exposé, une grande émotion s’empare de la foule. Les larmes coulent sur beaucoup de visages.

Les slogans chantés à gorge déployée et les youyous des femmes s’élèvent dans le ciel et créent une atmosphère quasi mystique. « Mes frères, aujourd’hui, l’Algérie se libère pour la deuxième fois !», lance une voix au micro. A partir de cet instant, les funérailles vont rentrer dans une autre dimension. La plupart des barrières cèdent sous la pression de la foule. Des milliers de personnes s’engouffrent à travers les brèches ouvertes dans le dispositif de sécurité. Le service d’ordre s’effondre comme un château de cartes et plus personne ne sera en mesure de peser sur le cours des événements.

Affluence inédite

Ni les membres de la famille, ni les cadres du FFS, ni aucune autre autorité ne peuvent grand-chose. Devenu presque aphone à force de crier dans le micro, le secrétaire fédéral du FFS s’époumone à demander du calme, de la discipline, de la retenue, mais peine perdue. La foule a décidé de s’approprier cet homme dont on l’a longtemps frustré, ce symbole qui a porté ses luttes et ses espérances. Le peuple s’est saisi de son Si L’Hocine qu’il porte à bout de bras, qu’il ne veut pas lâcher. Comme un miracle tombé du Lire la suite

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Grandeur et simplicité

Publié le 02/01/2016, par dans Non classé.

« Assa azeka Si L’Hocine yella yella… Aujourd’hui et demain Si L’Hocine sera toujours là», scandent des milliers d’Algériens affluant
au siège pour saluer et rendre hommage au leader charismatique.
Je suis heureux de retrouver mon pays, mais le déchirement est plus grand à mon retour car je ne sais pas quel pays je vais trouver.» Des propos prononcés par Hocine Aït Ahmed à sa descente d’avion en décembre 1989 après 23 ans d’exil. Décembre 2015, Hocine Aït Ahmed est de retour chez lui, le déchirement est aussi du rendez-vous mais ressenti, cette fois, par tout un peuple qui pleure de le voir retrouver le sol de l’Algérie dans un cercueil. Tout comme en 1989, le grand leader retrouve sa patrie si chère à son cœur.

Il habitait loin d’elle, mais elle l’habitait. Il est revenu pour y être enterré, pour se reposer en son sein et sous son soleil. Après la solennité du moment de passage par l’aéroport, Aït Ahmed renoue avec l’accueil des grands jours que lui réservent à chaque fois les Algériens. « Assa azeka Si L’Hocine yella yella… Aujourd’hui et demain Si L’Hocine sera toujours là», scandent des milliers d’Algériens affluant au siège pour saluer et rendre hommage au leader charismatique.

Comme il le souhaitait, le peuple était là pour faire de son retour un rendez-vous populaire et national. L’avenue Souidani Boudjemaa, fermée à la circulation, était bondée de monde ce jeudi 31 décembre. Passant plusieurs heures à attendre l’arrivée de la dépouille de Si L’Hocine, les centaines, voire les milliers de personnes, jeunes, vieux, hommes, femmes et enfants, guettaient le moindre mouvement ou annonce. A 17h, une sirène retentit du côté de la Colonne Voirol, le cortège funèbre est arrivé.

A l’intérieur du siège, tous les regards se portent sur l’entrée : Aït Ahmed est là ! Est-il réellement mort ? Cette semaine de deuil n’était-elle pas un cauchemar dont l’apparition du leader charismatique en serait le réveil ? Un cercueil drapé de l’emblème national apparaît. Le miracle n’a pas lieu, mais l’aura du grand homme est bien là. Des youyous fusent, des applaudissements et des slogans chers au FFS sont au rendez-vous.

« Si L’Hocine mazalna mouaridine, Si L’Hocine mazalna wataniyine», « Si L’Hocine nous sommes toujours des opposants et des nationalistes», s’échappent presque instinctivement et à l’unisson de la foule. Les pleurs accompagnent les retrouvailles de l’homme avec son peuple. L’émotion est à son comble. La petite famille du défunt, dans un geste hautement symbolique et de dignité, se retire pour laisser la grande famille algérienne rendre hommage à son valeureux fils.

Comme une amana, Aït Ahmed a retrouvé les bras de son peuple avant de retrouver le lit de sa terre natale. La Fatiha est récitée par tous les présents. Saïd Chibane, ancien ministre sous le gouvernement Hamrouche, appelle les présents à prier pour le défunt et que la baraka accompagne les siens. Exposé dans la cour du siège du parti, le cercueil est disposé de telle sorte à permettre à tous les citoyens de se recueillir et lui rendre hommage. Les anciens maquisards de 1963 sont les premiers à passer devant la dépouille de leur chef fondateur du FFS. Suit une longue file de personnes, connues et anonymes, qui saluent une dernière fois le leader.

Difficile d’avoir une idée précise sur le nombre de citoyens venus se recueillir sur la dépouille du père de la Révolution et de la démocratie. Jusque tard dans la soirée, des gens venaient encore au siège, de longues files attendaient pour rendre hommage à ce monument de l’histoire de l’Algérie. A l’image du défunt, cette cérémonie était faite de grandeur et de simplicité à la fois.

Grandeur par l’immensité de l’homme et de la foule venue de partout l’accueillir et le pleurer au siège du parti ; simplicité par l’accessibilité de la cérémonie à tous les citoyens et par le rituel adopté. Venu par un vol régulier d’Air Algérie, transporté dans une ambulance jusqu’au siège du parti où il a été accueilli par la population, exposé dans la cour de ce même édifice, tout était simple mais tellement chargé de symboles.

Constance et conviction accompagnent Aït Ahmed de son vivant et même vers sa dernière demeure. Il semble livrer le même message que celui de son premier retour en décembre 1989 : « L’Algérie doit retrouver sa densité, son unité, faite de diversité, de la participation de tous les citoyens et citoyennes.» Ce fut le cas pour la cérémonie de recueillement sur sa dépouille. Le sacrifice de toute une vie n’a pas été vain et son rêve d’une Algérie libre et plurielle est possible. Lire la suite

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Commerce : Le crédit à la consommation de retour

Publié le 02/01/2016, par dans Non classé.

Les ministres du Commerce, des Finances et de l’Industrie ont signé, jeudi dernier, l’arrêté interministériel portant sur les conditions et modalités d’octroi du crédit à la consommation, rapporte l’agence officielle APS.
Ce dispositif réglementaire, composé de cinq articles, fixe essentiellement la liste des produits industriels fabriqués ou assemblés localement éligibles au crédit à la consommation, dont l’entrée en vigueur est attendue dès la semaine prochaine. La liste en question, qui comprend sept catégories de produits, à savoir les voitures, les ordinateurs, les électroménagers, les meubles et quelques matériaux de construction, « sera étendue en fonction de l’évolution de la sphère de production», a relevé le ministre du Commerce, lors de la cérémonie de signature de l’arrêté interministériel.

Pour sa part, le ministre des Finances a souligné que ce crédit, outre le fait d’être un dispositif de consolidation du pouvoir d’achat des consommateurs, constitue « une mesure de sauvegarde et d’expansion du produit national». Il a appelé les ménages à veiller à une gestion « vigilante» et « prudente» de leur budget pour éviter tout surendettement.

Le ministre de l’Industrie a suggéré, quant à lui, la mise en place d’un autre dispositif qui permettra de réorienter la consommation de la production locale par les institutions de l’Etat, afin d’accélérer l’appareil de la production nationale. Gelé depuis 2009 pour ralentir les importations et limiter le niveau d’endettement des ménages, le crédit à la consommation a été réintroduit par l’article 88 de la loi de finances 2015.

Dans le détail, les prêts bancaires peuvent, en fonction du choix de l’emprunteur, couvrir la totalité du prix du produit acquis, mais seront assortis de taux d’intérêt non bonifiés. Les produits éligibles au crédit à la consommation ne sont pas conditionnés par un taux plancher d’intégration du produit. Une centrale des risques des entreprises et ménages a été mise en place par la Banque d’Algérie pour s’assurer de la solvabilité du consommateur-emprunteur. Les revenus de l’emprunteur devront assurer le remboursement du crédit durant les délais fixés par le décret exécutif relatif au crédit à la consommation, dont la durée est supérieure à trois mois et n’excédant pas les soixante mensualités. Lire la suite

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Après son recueillement à la mémoire de Si Hocine Aït Ahmed au siège du FFS

Publié le 02/01/2016, par dans Non classé.

L’éloquence la plus achevée de même que la connaissance la plus fine de son parcours ne suffisent pas à rendre au défunt Si Hocine Aït Ahmed ce qui lui est légitimement dû, tant ce dont les générations de l’indépendance et celles à venir sur cette terre bénie lui sont redevables est difficilement mesurable. Beaucoup a été dit au sujet du défunt, mais cela représente si peu au regard de son parcours et son œuvre. Nous lui sommes tous redevables de beaucoup, mais nous ne nous sommes acquittés que d’une part infime de la dette que nous avons envers lui.

Sa vision était autrement plus pénétrante, ses prévisions plus justes et le rythme de sa marche plus rapide. Sa vision était plus pénétrante, car il a été le premier à voir que la plus grande ambition de la Glorieuse Révolution de Novembre resterait lettre morte aussi longtemps que serait différé l’avènement de la République démocratique et sociale que lui-même et ses compagnons ont fixé à l’Algérie indépendante et souveraine comme aspiration suprême et but absolu.

Ses prévisions étaient plus justes, car il a toujours senti au plus profond de lui-même que l’avènement de ce projet était inévitable en dépit des obstacles qui se multipliaient sur son cours, des entraves répétées qu’il rencontrait sans cesse et des adversités qui se diversifiaient pour toujours différer l’heure de sa venue ; et nous voilà à cette heure qu’il avait prévue, celle de l’appel au retour au projet de l’Etat démocratique et social qu’il n’a pas cessé un seul instant de lancer et que nous avons pour devoir national de perpétuer après lui.

Le rythme de la marche de Si Hocine Aït Ahmed était plus rapide et il était en avance sur son temps, car il a su identifier opportunément la citoyenneté, la souveraineté populaire, les libertés et les droits humains comme autant de piliers dont ne peut se passer la construction d’un Etat moderne, d’une nation soudée et d’une société harmonieuse et unie. Si justice n’a pas été rendue à Si Hocine Aït Ahmed, c’est l’histoire elle-même qui la lui rendra, cette histoire dont il a écrit les plus belles pages s’agissant du sacrifice, de l’abnégation et du don de soi à son pays et à son peuple.

La mémoire nationale collective sait comment protéger et pérenniser la mémoire des plus grands et parce que Si Hocine Aït Ahmed a fait partie des plus grands, elle saura comment dire que pour lui le sacrifice quel qu’il soit était insignifiant et que seul comptait plus que tout son devoir envers son peuple. La mémoire nationale collective saura, aussi, comment dire que pour lui le coût de l’abnégation comptait pour si peu au regard de l’envergure de ses responsabilités envers la nation.

La mémoire nationale collective saura, enfin, comment dire qu’il ne tenait aucun compte du souci de soi, mais qu’il prenait toujours la juste mesure de ce qu’il lui importait d’accomplir pour être en conformité avec ses convictions, pour être en paix avec sa conscience et pour mériter la seule reconnaissance à laquelle il tenait, celle de son peuple qu’il a su servir sans compromission et sans défaillance. Lire la suite

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Si El Hocine inhumé chez lui à Ath Ahmed

Publié le 01/01/2016, par dans Non classé.

Le défunt Hocine Ait Ahmed a été inhumé, aujourd’hui vendredi, au cimetière de son village natal Ath Ahmed à Tizi Ouzou, dans une grande ferveur populaire.
Des dizaines de milliers de personnes ont afflué vers Ath Ahmed pour accompagner le révolutionnaire à sa dernière demeure.

Le premier ministre Abdelmalek Sellal, selon des témoins oculaires, a été chahuté et sa voiture aurait été caillassée avant son arrivée au lieu de recueillement, à Tissirt N’chikh.

Hocine Ait Ahmed, l’un des architectes de la guerre de libération algérienne et fondateur du FFS, est décédé mercredi dernier à Lausanne en Suisse, à l’âge de 89 ans. Sa dépouille est arrivée, hier jeudi vers 16 heures, à l’aéroport Alger. Une veillée funèbre a eu lieu au siège national du FFS où une foule nombreuse est venue rendre un dernier hommage à Si El Hocine.

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Arrivée de la dépouille de Hocine Aït-Ahmed dans son village natal

Publié le 01/01/2016, par dans Non classé.

La dépouille du moudjahid et leader politique Hocine Aït-Ahmed, est arrivée vendredi dans son village natal Ath Ahmed, a-t-on constaté sur place.

Le cortège funèbre, qui a démarré du siège national du Front des forces socialistes (FFS) à Alger, est arrivé à Ath Ahmed dans la daïra d’Ain El Hammam, en passant notamment les communes de Belouizdad à Alger, des Issers à Boumerdes et de Tizi Ouzou.

L’enterrement d’Aït Ahmed, décédé mercredi 23 décembre à Lausanne à l’age de 89 ans, aura lieu après la prière du vendredi. Lire la suite

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