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Réactions

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

– Ali Benflis (TalaiE el Houriat) : « Ce projet ne m’a inspiré que des réactions attristées»

Benflis est triste pour l’Algérie. Il pense que le mal profond dont souffre le pays n’a pas pour origine la Constitution, mais le système politique lui-même. Un système qui sacralise ou violente la Constitution à sa guise. « Nous sommes, explique-t-il, face à un système politique qui a fait son temps et a failli.

D’où le caractère vital pour le pays d’une transition démocratique graduelle, ordonnée et apaisée dont l’élaboration d’une nouvelle Constitution ne serait qu’un élément, qu’une étape.» Pour Benflis, le projet de révision constitutionnelle, rendu public hier, ne lui a inspiré que des réactions attristées. « Près de cinq années de perdues pour le pays pour un résultat aussi dérisoire. Près de cinq années de perdues pour le pays juste pour permettre à un régime politique d’avoir sa Constitution qui ne sera pas celle de la République et qui, en tout état de cause, ne lui survivra pas.

Près de cinq années de perdues pour le pays alors que restent intacts la vacance du pouvoir, l’illégitimité des institutions et l’accaparement du centre de la décision nationale par des forces extra-constitutionnelles qui sont au cœur de la crise du régime d’une exceptionnelle gravité, dont le pouvoir politique en place s’obstine à détourner les regards de nos concitoyennes et de nos concitoyens qui n’en sont pas dupes», note Benflis. Il ajoute qu' »il est triste pour le pays que la Constitution de la République ait été réduite à incorporer une logorrhée politicienne sans consistance, sans profondeur de vues et sans cohérence politique ou juridique. Il est triste pour le pays que la Constitution de la République soit instrumentalisée par le régime politique en place à la seule fin de gagner des sursis et de durer».

– Mohcine Belabbas (RCD) : « La CSE est une offre en trompe-l’ œil»

La légitimité des institutions et la cohésion de la collectivité nationale sont les deux points qui ont retenu l’attention du RCD à propos du projet de loi portant révision de la Constitution qui vient d’être rendu public après, selon M. Belabbas, une incubation de plusieurs années effectuée dans l’opacité, sans que l’on connaisse, aujourd’hui encore, les modalités d’adoption de ce texte.

S’agissant du premier point qui renvoie à la protection du premier des droits du citoyen : la garantie de voir son choix électoral reconnu et respecté, le message appelle, de l’avis du RCD, clarification et implique la plus extrême vigilance. « L’annonce de la constitutionnalisation d’une commission de surveillance des élections (CSE) apparaît comme une offre en trompe-l’œil destinée à entretenir la confusion pour reconduire les méthodes du passé, ce qui ne répond ni au problème crucial de la légitimité des instituions ni, par voie de conséquence, à la demande de l’opposition», explique M. Belabbas.

Le deuxième point portant sur l’officialisation de la langue amazighe consacre enfin le combat de plusieurs générations pour une demande légitime et essentielle pour l’harmonie et la crédibilité des paramètres définissant le cadre devant accueillir notre destin collectif. Il reste, cependant, à faire de cette avancée une pratique effective qui replace la dimension amazighe, langue, culture et histoire dans la vie publique. A cet égard, la promulgation de la loi organique et les termes dans lesquels elle sera formulée doivent retenir l’attention des citoyens.

– Soufiane Djilali (Jil Jadid) : « Ce projet est un désaveu à l’amendement de 2008»

Ce projet, premièrement, est un désaveu à l’amendement de 2008. Le président Bouteflika de manière diplomatique vient de nous dire qu’il a fait une erreur lorsqu’il a touché à la limitation des mandats et aux prérogatives du chef du gouvernement. Deuxièmement, il faut dire que le travail de l’opposition a porté quelques fruits.

C’est grâce à sa pression continue que le pouvoir a cédé sur la question de tamazight et un petit pas sur la commission indépendante. Bien sûr, celle-ci ne répond pas au vœu de l’opposition, mais à l’évidence le pouvoir essaye de séduire l’opposition. Quant au reste des amendements proposés, ils relèvent plus de la propagande électoraliste qu’autre chose en particulier. Il n’y a rien de spécifique concernant l’indépendance de la justice.

– Abderrazak Makri (MSP) : « Ce projet n’est qu’une tentative de distraire la scène politique»

« Nous constatons que le temps pris pour la préparation de ce projet et les promesses annoncées en grande pompe n’étaient finalement que des illusions et une tentative de distraire la scène politique. Cette Constitution n’est ni consensuelle ni porteuse de grandes réformes et n’exprime, malheureusement, que les orientations du président de la République et de son entourage», regrette Makri dont le parti ne s’attendait pas à une révolution de la Constitution.

De l’avis de Makri, il s’agit là d’une continuité dans la nature du système politique qui « ne ressemble à aucun système constitutionnel dans le monde et qui fait que le Président gouverne sans assumer les responsabilités et que ce projet ne permet pas à la majorité parlementaire de composer un gouvernement.

Le MSP déplore la non-prise en charge dans ce projet de la proposition de la classe politique concernant la mise en place de l’instance nationale indépendante pour l’organisation des élections et, de ce fait, rien ne changera dès lors que c’est le ministère de l’Intérieur qui gérera le dossier des élections. « Les textes n’ont jamais posé de problème en Algérie, les lois sont parfois parfaites mais ce qui pose problème, ce sont la corruption du système politique, le non-respect et la non-application des lois».

– Hocine Khaldoune (FLN) : « Nos propositions ont été prises en charge»

Ce projet, selon Khaldoune, a pris en charge les propositions faites par le FLN et qui traduisent les préoccupations du peuple. « Nous avons suggéré l’officialisation de tamazight et la séparation des pouvoirs. Le texte détaille ces deux points et mentionne les limites du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif et la procédure suivie pour la nomination d’un Premier ministre», explique Khaldoune qui se réjouit de voir également la proposition portant sur l’instauration du régime d’une session unique parlementaire retenue Lire la suite

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Réactions

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

Si El Hachemi Assad. SG du Haut Commissariat à l’amazighité (HCA)
« La décision permettra un aménagement efficace de tamazight»

Suprême satisfaction ! Le HCA considère cette reconnaissance du statut officiel de tamazight comme un acquis important qui consolidera davantage l’unité nationale et la démocratie en Algérie. L’officialisation veut dire que tamazight détient désormais un autre statut juridique. Lors de mes précédentes déclarations à la presse et d’une manière mesurée, j’ai explicité que nous, au HCA, étions assurés que le processus de l’officialisation est amorcé dès l’instant de son introduction dans l’ancienne Constitution puis son accession au statut de langue nationale. Donc, c’était une question de temps et voilà, le moment est venu pour l’annoncer et rendre justice à ce préjudice de l’histoire.

Cette décision est un acte méthodologique qui permettra un aménagement efficace et planifié de notre langue sous l’égide d’une académie de la langue amazighe. Une des retombées positives de cette officialisation est que l’Etat mettra davantage de moyens pour rattraper le retard accusé en matière de recherche, de développement, d’enseignement et de diffusion. Le véritable processus de mise en œuvre de la volonté constitutionnelle trouvera alors tout son sens. C’est de notre rôle de prendre de l’initiative pour ne pas confiner cette décision dans un cadre strictement théorique. Nous devons travailler sans relâche pour installer les instruments institutionnels d’accompagnement et œuvrer dans la production littéraire, scientifique et culturelle de qualité.»

AlI brahimi. Ancien député, militant de la cause amazighe
« Un droit inaliénable et historique…»

La langue amazighe vient d’être consacrée langue officielle dans la nouvelle mouture constitutionnelle présentée par le chef de l’Etat ! Indépendamment du contexte de délabrement institutionnel, politique, économique et culturel du bilan du pouvoir et des calculs de survie d’un régime honni par l’ensemble des citoyens libres de ce pays, l’instant et la décision sont historiques ! Nous prenons cette justice tardive sans remercier quiconque, parce que c’est notre droit naturel de parler, écrire, travailler et vivre dans notre langue maternelle et parce que c’est le droit historique inaliénable d’une langue et d’une culture qui ont survécu à des millénaires de déni et de répression, de recouvrer, sans conditions, leur souveraineté sur leur territoire historique ! (…).

L’Algérie et la plus grande part de l’Afrique du Nord appartiennent aux espaces linguistiques et culturels arabophone et francophone, mais ne seront jamais arabes ni français parce qu’elles sont déjà amazigh et qu’elles doivent le rester ! (…) La fin institutionnelle du déni lève aussi toute couverture à l’amalgame islamité-arabité qui n’a bizarrement de prétention qu’en Afrique du Nord. Il reste et appartient aux formations politiques islamistes de renoncer à cet abus culturel et linguistique en acceptant sincèrement, voire en rejoignant la marche du peuple amazigh vers le recouvrement total et la reconstruction de sa souveraineté culturelle !

Le socle identitaire de l’Algérie est aujourd’hui conforté à charge pour le régime auteur du déni anti-amazigh d’entreprendre la thérapie collective identitaire et culturelle pour différencier arabisme et arabophonie ! Plus au-delà, il appartient maintenant à ceux qui s’arrangeaient du déni culturel anti-amazigh pour justifier leur tiédeur ou leur refus d’intégrer les rangs du mouvement démocratique, de se mobiliser pour imposer la citoyenneté, l’Etat de droit et l’Etat civil lequel ne saurait se confondre avec une dictature militaire ou religieuse (…)»

– Brahim Tazaghart. Militant de l’amazighité, écrivain et éditeur
« Une justice rendue au combat de plusieurs générations»

Je suis satisfait par cette décision portant officialisation de la langue amazighe. Satisfait pour tamazight et content pour l’Algérie qui consolide ainsi sa cohésion nationale. Avec l’officialisation de tamazight, c’est une nouvelle étape dans la refondation démocratique de la nation algérienne qui s’achève. C’est aussi l’indépendance du pays qui se consolide en se libérant de la conception jacobine de l’Etat qui est une conséquence directe de la colonisation.

Je crois que cette reconnaissance, qui vient rendre justice au combat de plusieurs générations de militants, est une leçon à retenir : ‘Ne jamais céder devant les difficultés et les obstacles, ni paniquer et faire fausse route au risque d’offrir aux nostalgiques de la colonisation leur revanche tant attendue.’ Elle exprime aussi la vérité que la construction des Etats et des nations n’est pas chose aisée, qu’elle est un processus continu avec des réaménagements et des correctifs à apporter en permanence.

En cet instant, le fait que nous n’avons pas tiré profit d’une manière optimale de la reconnaissance de tamazight comme langue nationale en 2002 me traverse l’esprit. C’est pour cette raison que j’appelle les militants de tamazight, les spécialistes et autres praticiens d’être à la hauteur de cette prochaine reconnaissance. C’est une décision essentielle à capitaliser. Avec des camarades, nous avons commencé, il y a un temps, à travailler sur la loi portant mise en œuvre de la reconnaissance de tamazight comme langue officielle. Nous étions certains que ce moment arrivera. Et face à l’histoire qui est en train de s’écrire, nous n’avons pas le droit à l’échec.» Lire la suite

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Quand Bouteflika se désavoue

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

Quatre mandats présidentiels, trois révisions constitutionnelles. C’est unique dans les annales politiques ! Mais le président Abdelaziz Bouteflika l’a fait.
La première fois en 2001 pour constitutionnaliser la langue amazighe comme langue nationale, la seconde en 2008 pour enlever la limitation des mandats et en briguer autant qu’il le souhaitait, la troisième pour revenir à l’article 74 de la Constitution de 1996 qui limitait les mandats présidentiels à un, renouvelable une seule fois. Pourquoi le chef de l’Etat a fait donc tout ce tour pour revenir enfin à la mouture initiale, en verrouillant définitivement cette disposition ?

Le ministre d’Etat et chef de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia, avance un argument farfelu pour justifier et la révision de la Constitution en 2008 et la reconduction de Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat en 2014 : « En 2008, c’était une demande de la part de la société. Une personnalité particulière. Après cet amendement, il y a eu beaucoup de protestations. En 2014, j’avais dit que la candidature de Bouteflika était un sacrifice de sa part pour éviter au pays de sombrer dans la violence.»

Etonnant mais logique raccourci de la part d’Ahmed Ouyahia. Etonnant parce que la suppression de la disposition de limitation des mandats en 2008 était, faut-il rappeler, largement contestée. Abdelaziz Bouteflika n’aurait jamais fait deux autres mandats, s’il n’avait pas révisé la Constitution en 2008, sans se référer d’ailleurs à l’acceptation par voie référendaire du peuple souverain. C’est le Parlement réuni en deux Chambres qui l’avait avalisée, alors que les modifications touchaient l’un des principes de fond de la démocratie : le principe cardinal de l’alternance pacifique au pouvoir.

Pourquoi le président Abdelaziz Bouteflika revient aujourd’hui pour reprendre l’article 74 de la Constitution de 1996 et limiter les mandats présidentiels à deux seulement ? Le fait-il parce qu’après avoir brigué quatre mandats successifs dans des conditions très contestées, il veut se racheter auprès de l’opinion publique nationale et internationale ? Quelle trouvaille d’Ahmed Ouyahia quand il dit que « la candidature de Abdelaziz Bouteflika en 2014 était un sacrifice de sa part pour éviter au pays de sombrer dans la violence» !

Le chef de cabinet de la Présidence, qui s’interrogeait autrefois si « le 4e mandat du Président était une bonne chose pour l’Algérie», aurait pu chercher d’autres arguments encore plus passables auprès de l’opinion. Une révision constitutionnelle remettant au goût le principe de la limitation des mandats, dont les droits d’auteur en Algérie appartiennent exclusivement à l’ancien président de la République, Liamine Zeroual, et qui interviendrait avant les élections présidentielles d’avril 2014, aurait certainement gêné sa tenace ambition de briguer un quatrième mandat. Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

– Deux conducteurs de train blessés par des jets de pierres

En moins de 24 heures, deux conducteurs du train rapide reliant Alger à Oran ont été blessés par des pierres lancées par des individus lors du passage de la rame au lieudit El Hassania, à la sortie ouest de Chlef. Le conducteur du train matinal venant d’Alger et se dirigeant vers Oran a été touché à la tête, hier vers 10 h, tandis que le second a été blessé à la main la veille à 17h30. Ce dernier a pu quitter l’hôpital de Chlef hier et rejoindre son domicile, alors que son collègue a été placé sous surveillance médicale dans le même établissement.

Les travailleurs de la SNTF déplorent cette énième agression survenue sur ce tronçon à cause, disent-ils, de l’absence de sécurité à cet endroit . « Nous avons attiré l’attention de qui de droit, mais personne n’a daigné intervenir pour mettre fin à ces graves atteintes qui touchent le personnel des trains et les voyageurs», dénoncent-ils.

– Gestion controversée de la communication à l’Académie de Tiaret

Le communiqué fustigeant l’intrusion de confrères dans une école primaire pour les besoins d’un reportage, sans autorisation expresse de la directrice, vient s’ajouter à la cacophonie qui règne dans le secteur de l’éducation à Tiaret. L’Académie, par la voie de sa cellule de communication, dont les membres sont des collègues relevant du corps enseignant et officient en tant que correspondants de presse, a donc « rappelé le principe d’une autorisation préalable à tout travail journalistique».

Au lieu d’une clarification des rôles, le communiqué, pour controversé qu’il fût, a le mérite de poser une problématique de fond : à quoi servent la carte du journaliste professionnel et subsidiairement les cellules de communication dont a beaucoup parlé le ministre. Trop souvent, et il est regrettable de le souligner, les membres de ces cellules de communication de la direction de l’éducation de Tiaret se comptent parmi le personnel enseignant, voire issus de la corporation journalistique locale elle-même.

– La moto synonyme d’accident à Blida

Des accidents de moto se produisent presque quotidiennement à Blida. Les conducteurs de ces engins, généralement insouciants, ne respectent pas le code de la route et beaucoup d’entre eux conduisent sans casque. Rien qu’avant-hier (lundi), un conducteur d’une moto, qui roulait à grande vitesse, a raté un virage avant de heurter un camion au niveau du boulevard Larbi Tebessi, au centre de Blida.

Il s’en est sorti avec des blessures au dos. La veille, soit dimanche, en début de soirée, un accident mortel a eu lieu à la sortie nord de la ville de Boufarik, juste après le barrage fixe de la police. En effet, un jeune Boufarikois, âgé de 17 ans, a été écrasé par un camion, après avoir fait une chute de sa moto (une Vespa). Le jeune est mort sur le coup. Les conducteurs de moto sont appelés à faire preuve de vigilance pour éviter des accidents, souvent fatals.

– Saisie de poulets avariés à Larbaâ

Les gendarmes des brigades territoriales de Larbaâ et Hammam Melouane (est de Blida) viennent d’arrêter quatre personnes, qui transportaient à bord de quatre camions 274 quintaux de viande de volaille, impropre à la consommation, lors d’une patrouille sur la RN8 entre Larbaâ et Tablat. Après vérification, il s’est avéré que les mis en cause détenaient des certificats de vétérinaire falsifiés. La viande saisie a été incinérée dans une décharge publique par les employés de l’APC de Larbaâ. Une enquête est ouverte…

– Collision à Djelfa

Deux personnes ont trouvé la mort et huit autres ont été blessées diversement dans deux accidents de la circulation survenus dans la nuit de lundi à mardi sur le réseau routier de Djelfa. Le premier accident est survenu au nord de la région, sur l’axe de la RN1 reliant Aïn Oussera et Hassi Bahbah, où une collision entre un bus de transport de voyageurs de la ligne Alger-Adrar et un véhicule touristique a causé la mort, sur place, du chauffeur du véhicule, en plus des blessures à sept passagers du bus. Le second est survenu sur l’axe de la RN40, reliant Sidi Laâdjel et Hassi Fdoul, suite à une collision entre deux véhicules de tourisme, ayant causé la mort d’une personne et des blessures à une autre.
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Manifeste Kabyle : «Réparation d’une injustice»

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

Les animateurs du Manifeste kabyle, un mouvement qui revendique « un statut politique particulier pour la Kabylie dans une Algérie multiculturelle», estiment que la décision de l’officialisation de tamazight intégrée dans la nouvelle Constitution n’est que « la réparation d’une injustice d’Etat majeure envers les millions de citoyens locuteurs en tamazigh au même titre que la langue arabe (article 3)».
« Toutes les régions amazighophones seront particulièrement attentives sur la prise en charge effective de leur langue tant sur le plan politique qu’institutionnel», précisent les mêmes militants dans un communiqué transmis à notre rédaction. « Une officialisation de la langue tamazight qui serait simplement une réparation symbolique et qui n’accorderait pas aux amazighophones le droit de la développer, de manière souveraine dans leurs régions, sera un leurre constitutionnel et engendrera encore plus de frustration et pérennisera le sentiment d’exclusion», ajoute le même document signé par Ahmed Aït Bachir, l’un des initiateurs du Manifeste kabyle.

« Depuis l’annonce de la révision de la Constitution en 2011, le temps a été suffisamment long pour permettre aux décideurs d’engager un véritable processus démocratique, condition incontournable pour donner légitimité à tout projet de révision de la Loi fondamentale. En partant du principe que l’association des citoyens, par l’ouverture d’un véritable débat, est un droit fondamental opposable à toute forme de construction d’un droit juridique qui s’imposerait à eux, on ne peut que s’interroger sur les motivations réelles de cette révision», soulignent les rédacteurs du même texte. Lire la suite

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Le «changement» n’a pas eu lieu

Publié le 06/01/2016, par dans Non classé.

La révision de la Loi fondamentale du pays consacre, certes, tamazight comme langue officielle, et revient à la limitation des mandats présidentiels, mais ne consent aucune avancée démocratique.
L’avant-projet de révision constitutionnelle est enfin rendu public. En gestation depuis quatre ans, la mouture finale du « plus important chantier» du président Bouteflika durant son quatrième mandat ne contient que quelques nouveautés. Ce n’est finalement pas la « grande révolution» de la législation nationale devant jeter les bases « d’un Etat civil» promis depuis 2014. Dévoilé hier lors d’une conférence de presse par le chef de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia, ce document propose, notamment, le retour à la limitation des mandats présidentiels, l’officialisation de la langue amazighe et certaines codifications de l’exercice politique dans le pays.

En effet, après avoir violé la Constitution en 2008 pour permettre au chef de l’Etat de briguer deux mandats supplémentaires, le pouvoir décide de reproduire l’ancien article 74 contenu dans la Loi fondamentale de 1996. « La durée du mandat présidentiel est de cinq ans et le président de la République est rééligible une seule fois», stipule le nouvel article 74 proposé dans cet avant-projet.

Qualifiée « d’antidémocratique» en 2008, cette disposition deviendra, selon ce texte, « intangible» en vertu de l’article 178 qui énumère les constantes immuables de l’Etat. Et comme le pouvoir algérien maîtrise l’art de défendre tout et son contraire en même temps, Ahmed Ouyahia a présenté des arguments justifiant cette décision. « Cela participe du respect de l’alternance au pouvoir», lance-t-il d’emblée.

Le chef de cabinet de la Présidence justifie également les décisions précédentes : « En 2008, la suppression de la limitation des mandats répond à une demande insistante de la population qui souhaitait que le président Bouteflika reste au pouvoir (…) en 2014, le président de la République a fait un sacrifice pour éviter au pays de sombrer dans la violence», estime-t-il. Ahmed Ouyahia rejette, dans ce sens, le terme « violation» de la Constitution, affirmant que « la matrice de celle de 1963 est restée la même jusqu’à aujourd’hui». « Elle n’a connu que des améliorations et des enrichissements», soutient-il.

Concernant l’officialisation de la langue amazighe, Ahmed Ouyahia explique aussi sa non-intégration dans la short-liste des constantes intangibles « par la nécessité de la promouvoir et de la standardiser au préalable». Se félicitant du fait que ce document renforce les droits de l’opposition, les libertés individuelles et collectives ainsi que la liberté de la presse, l’orateur défend ce projet qualifié par l’opposition de « non-événement».

Rejet des arguments de l’opposition

Rappelant toutes les phases de sa préparation, Ouyahia affirme que le président Bouteflika voulait faire de ce projet « un dialogue national». « Nous avons voulu consulter tout le monde. On n’a exclu personne. Le document contient 70 à 80% des propositions faites par ceux qui ont participé aux consultations. C’est une révision profonde, même si elle n’est pas venue dans le sens voulu par l’opposition qui demande un changement de régime», lance-t-il, avant de rejeter les arguments de l’opposition : « Son discours (l’opposition, ndlr), matin et soir, consiste à dire qu’il n’y a pas de légitimité des pouvoirs et une vacance des institutions.

Je suis désolé de leur répondre que la légitimité des institutions est donnée par le peuple algérien souverain et que la vacance des pouvoirs n’est pas un programme politique qui mènera loin.» Ahmed Ouyahia défend, dans ce sens, la légitimité du président Bouteflika : « L’Etat est debout. Et puisque le discours sur la vacance des institutions concerne le président Bouteflika, il démontre chaque jour qu’il dirige le pays. Depuis qu’il est Président, il a un gouvernement qui travaille sous son autorité, il reçoit des délégations, il suit la législation et propose la Constitution.»

Le chef de cabinet de la Présidence rejette aussi la demande de l’opposition concernant la création d’une instance indépendante pour l’organisation des élections, qu’il qualifie d' »invention des ONG occidentales destinée à l’Afrique et à l’Europe de l’Est». Ahmed Ouyahia exclut également l’éventualité d’une dissolution du Parlement après la révision de la Constitution. Lire la suite

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