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Blocage au sommet

Publié le 14/04/2016, par dans Non classé.

Tous les hommes du Président ont été placés à des postes-clés, que ce soit aux ministères de souveraineté ou à la tête des institutions névralgiques du pays.
Les dernières images pathétiques du président Abdelaziz Bouteflika, diffusées par plusieurs sources, entre autres par le Premier ministre français, Manuel Valls, dans un tweet insidieux dimanche dernier, semblent avoir plongé le pays dans un sentiment d’impuissance. L’opinion est tout simplement tétanisée.

Ce que d’aucuns craignaient, soupçonnaient et redoutaient s’avère une réalité poignante. Le Président est très fatigué. Il est, par conséquent, tout à fait légitime de se poser la cruciale interrogation, à savoir qui gouverne en Algérie et jusqu’à quand durera une telle situation.

Si l’on ne pouvait que douter de ses capacités à répondre aux charges qu’impose la fonction présidentielle et de la paternité des décisions prises ces derniers mois, il est désormais clair que le chef de l’Etat n’est plus à même d’assumer ses responsabilités. Et on n’a pas besoin d’un docteur pour nous le dire.

Son état de santé — révélé par les dernières images, photos et vidéos — montre que ce n’est pas lui qui gouverne. L’opinion est en droit de savoir qui a hérité des pouvoirs qui sont les siens, qu’il concentre entre ses mains, à la lumière des deux précédentes révisions constitutionnelles. Il y a forcément quelqu’un qui gère le pays par défaut. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellak ? Selon la Constitution, il n’est qu’un coordinateur de l’action gouvernementale.

Et la Loi fondamentale n’a rien prévu en pareil cas. En réalité, aucune institution ne peut se substituer au chef de l’Etat. Ses pouvoirs sont « indélégables» et nul n’est à même d’en faire usage, sauf dans le cas d’enclenchement de la procédure d’empêchement ou, à proprement dire, de la destitution du Président. Mais on n’y est pas encore. Qui gère donc le pays ? Ses conseillers, à leur tête son frère cadet Saïd Bouteflika ?

A la Présidence, depuis l’arrivée du Président au palais d’El Mouradia en 1999, Saïd Bouteflika a fini, au gré des absences du Président et de son état de santé vacillant, par s’imposer dans les rouages de la prise de décision en s’octroyant des pouvoirs que son poste de conseiller ne confère pas. Restant dans l’ombre de la décision politique, le frère-conseiller ne s’expose pas. Mais les relais politiques et médiatiques de la Présidence ne jurent que par lui.

C’est un secret de Polichinelle que de dire que cet ancien enseignant à l’université de Bab Ezzouar est devenu, au fil du temps, le véritable détenteur de la réalité du pouvoir, une situation bien évidemment due à sa proximité avec son frère. Son influence a dû même s’amplifier après la dissolution du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) et la mise à la retraite de son imposant patron, le général-major Mohamed Médiène dit Toufik, en septembre dernier. Logiquement, il n’y a plus personne ni aucune autre institution pour disputer une quelconque parcelle de pouvoir à la présidence de la République. Mais tellement fragilisée par la dégradation de l’état de santé du chef de l’Etat, la citadelle El Mouradia a bien besoin d’être entourée.

Et les architectes du quatrième mandat du président Bouteflika n’ont, en la matière, négligé aucun détail. Tous les hommes du Président ont été placés à des postes-clés, que ce soit aux ministères de souveraineté ou à la tête des institutions névralgiques du pays, comme au ministère de la Défense nationale qui a à sa tête un de ses plus fidèles partisans, le général Ahmed Gaïd Salah, qui est également chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), ou encore au Conseil constitutionnel Mourad Medelci et au ministère de la Justice Tayeb Louh. Le verrouillage est tel que tous les dépassements ont été passés sous silence.

Les matraquages médiatiques soutenant que le locataire d’El Mouradia garde toutes ses facultés à gérer convenablement le pays et les réformes menées au sein de l’institution militaire, la manière forte dont elles ont été conduites ont fait réellement croire à une résurrection. Seulement, deux ans après sa reconduction pour un quatrième mandat, les Algériens découvrent un Président qui n’est pas en mesure de conduire le pays jusqu’à la fin de son mandat actuel, en 2019.

S’il a constitué jusque-là une façade légale pour une convergence d’intérêts voraces d’une oligarchie sans foi ni loi, les tenants du pouvoir, qui ne se résument pas uniquement en la personne du frère-conseiller, mais en une multitude d’intérêts, auront du mal à nourrir désormais l’illusion d’un chef d’Etat qui « réfléchit avec sa tête mais pas avec ses pieds». L’opinion nationale le sait désormais plus qu’avant. Cette semaine qui s’achève marque une rupture avec une situation qui n’a que trop duré. Peu importe la manière avec laquelle les Algériens ont appris la vérité, la visite de Manuel Valls a mis fin à un mensonge.

Questions : maintenant que tout le monde le sait, avec toutes les conséquences que peut avoir l’usurpation du mandat présidentiel sur la crédibilité de l’Etat au moment même où le pouvoir est éclaboussé par des scandales de corruption à répétition, va-t-on vers le dénouement de la crise en cherchant une issue par l’organisation d’une élection présidentielle ? Les bénéficiaires du pouvoir finiront-ils par le lâcher ou continueront-ils à s’y accrocher jusqu’à 2019, comme le ressasse le secrétaire général du FLN, Amar Saadani ?

Nul ne peut prédire l’avenir.
L’approche des législatives prévues au début de l’année prochaine pourrait bien bousculer l’ordre des choses. Les remous que traverse le Rassemblement national démocratique, dont Ahmed Ouyahia est secrétaire général par intérim, ne sont pas étrangers à ce contexte de crise. Les tiraillements entre les frères ennemis pourraient bien augurer de certains calculs qui ne sont pas encore visibles et qui sortiront au grand jour au moment voulu. Lire la suite

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Des correctifs prochainement proposés

Publié le 14/04/2016, par dans Non classé.

Depuis sa mise en œuvre, il est constaté que l’Accord d’association n’a pas eu l’effet escompté sur la promotion des exportations hors hydrocarbures et la relance des IDE.
Les correctifs à apporter à l’Accord d’association Algérie-UE, en vigueur depuis 2005, devraient aboutir, avant la fin de l’année en cours, à un rééquilibrage structurel des échanges avec l’Union européenne. Un document présenté par la partie algérienne à la Commission européenne, lors du premier round formel de réévaluation en mars dernier, évoque les motifs pour lesquels l’Algérie demande une révision de l’Accord.

« Depuis la mise en œuvre de l’Accord d’association, il est constaté qu’il n’a pas eu l’effet escompté sur la promotion des exportations hors hydrocarbures et la relance des IDE, qui constituent pour l’Algérie deux objectifs motivant la conclusion de tout accord de libre-échange», souligne le document dont l’APS a obtenu une copie.

Nonobstant les facteurs internes liés à l’offre, la partie algérienne considère que des facteurs externes « découragent» et, parfois, « freinent» les exportations vers l’UE. Il s’agit également du manque d’investissements tournés vers l’exportation à destination du marché européen ou de proximité, note le document, qui évoque aussi « l’érosion des préférences accordées par l’UE à l’Algérie dans le cadre des accords de libre-échange» et « l’absence de connexion entre les PME algériennes et européennes pour favoriser les exportations (intégration dans la chaîne des valeurs mondiales)».

Chiffres à l’appui, le document en question indique que de 2005 à 2015, les pays de l’UE ont exporté vers l’Algérie plus de 220 milliards de dollars alors que les exportations algériennes hors hydrocarbures n’ont pas atteint les 14 milliards de dollars. En 2014, le niveau des importations en provenance de l’UE est passé à près de 30 milliards de dollars contre un niveau moyen annuel de 9 milliards de dollars avant l’entrée en vigueur de l’Accord (entre 2002 et 2004).

Les importations en provenance d’Europe sont constituées essentiellement d’intrants, d’équipements et de produits industriels finis à hauteur de 80 à 85% en moyenne annuelle, suivis des produits alimentaires avec une part variant entre 15 et 20%, précise le document présenté lors de la dernière réunion bilatérale à Bruxelles.

Concernant les exportations algériennes hors hydrocarbures vers l’UE, elles sont passées de 500 millions de dollars (avant la mise en œuvre de l’Accord) à seulement 1,5 milliard de dollars en 2015, avec une diminution sensible de 31% par rapport à 2014 (2,3 milliards de dollars). Ces exportations sont constituées essentiellement de produits dérivés des mines et de l’énergie, tandis que les produits agricoles, agro-industriels et de pêche ne dépassent pas 8% des exportations hors hydrocarbures vers l’UE. Quant aux produits industriels manufacturés, ils sont quasiment absents.

Selon Saïd Djellab, directeur du suivi des accords commerciaux régionaux au ministère du Commerce, après la première réunion formelle tenue en mars dernier à Bruxelles, une deuxième devrait être organisée en mai prochain, alors que la troisième, qui sera consacrée à la présentation des mesures et propositions de révision de l’Accord, aura lieu en juillet ou septembre 2016. Lire la suite

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Le silence embarrassé des autorités

Publié le 14/04/2016, par dans Non classé.

Les questionnements chargés d’inquiétude de l’opinion publique et de la classe politique — en droit de savoir — mettent le Président et son gouvernement sous pression.
Embarrassant est le silence de la présidence de la République qui vient de vivre une semaine désastreuse. Entamée par une polémique avec le journal Le Monde sur la publication en une de la photo de Bouteflika pour illustrer le scandale Panama Papers, suivie de la convocation de l’ambassadeur de France, du refus de visa pour les journalistes, la semaine se termine avec les affreuses images du Président.

Diffusée au soir de l’audience avec le Premier ministre français, Manuel Valls, la séquence montrant Bouteflika dans un état insoutenable a plombé le moral national. Le désarroi a même gagné des niveaux supérieurs dans le pouvoir. Les réactions d’indignation, de colère et de sidération sont à la hauteur de l’absurde jeu politique auquel s’adonnent les décideurs.

Où sont passés les « porte-parole» du régime ?

Les questionnements chargés d’inquiétude de l’opinion publique et de la classe politique — en droit de savoir — mettent le Président et son gouvernement sous pression. Le choc provoqué par les images n’est pas seulement moral, il est aussi et surtout politique. Comment faire oublier cette pénible séquence qui rappelle, si besoin est, l’ampleur du désastre qui ronge la maison du pouvoir ? Pas si simple. Les multiples porte-parole du pouvoir, qui n’existent que par les démons qu’ils inventent, sont comme sonnés et désarçonnés.

Ils sont groggy. Les mises en scène de réception de personnalités de passage par Alger à la résidence d’Etat, érigées en stratégie de communication politique pour répondre à ceux qui doutent de la capacité de Bouteflika à gouverner, ont manifestement atteint leurs limites. Elles ne peuvent plus fonctionner.

Désormais, il y a un avant et un après la triste séquence de dimanche soir. La pathétique scène qui s’est déroulée à Zéralda, qui laissera assurément des séquelles indélébiles dans le corps national, ne relève pas d’une simple erreur de communication et de mésaventure protocolaire. Elle fait partie de cet enchaînement de séquences fâcheuses du scénario noir amorcé depuis avril 2014. Une élection qui a rompu les derniers consensus à l’intérieur du régime et qui a poussé à l’extrême les dérives présidentialistes pour se proclamer in situ une présidence à vie.

Depuis, à la lumière des contre-performances politiques successives, il s’avère que les tenants du pouvoir ne sont plus en mesure de gérer la « quincaillerie interne». En livrant la guerre au général Toufik Mediène et ses Services secrets pour faire main basse sur l’essentiel des leviers de commande, Bouteflika s’est privé, paradoxalement, d’un instrument aussi efficace que redoutable qui organise le jeu politique dans l’ombre.

La reconduction de Bouteflika pour un quatrième mandat, alors qu’il n’est plus en mesure d’assumer une responsabilité aussi lourde, a précipité le pouvoir dans un engrenage dont il est difficile de sortir. Elle place dangereusement le pays dans le vide. Le renforcement de ses pouvoirs par la reprise en main des principaux points d’appui politiques, économiques et militaires formalisés dans une révision qui souffre de consensus ne lui a pas permis d’asseoir une base politique solide.

Cela a étrangement abouti à son isolement. Un pouvoir personnel doublé d’une mystification qui camoufle mal un immobilisme politique. Aujourd’hui, l’image d’un homme à l’éloquence de feu a laissé place à un Abdelaziz Bouteflika vieillissant, impotent, incapable de diriger le pays. Une fin solitaire. Un autocrate isolé et manipulé par son entourage, lui qui s’est toujours vu comme « l’incarnation de l’Algérie et de son peuple».

Le pouvoir sans la responsabilité

Dans l’esprit des anciens, c’est l’image de Habib Bourguiba, l’ex-chef d’Etat tunisien, qui réapparaît. Son entourage immédiat joue la carte du temps qui, visiblement, n’est plus un allié, mais surtout celle de la légalité constitutionnelle. « Tant qu’il est en vie, il ira au bout de son mandat qui court jusqu’à 2019», assure un ancien compagnon du chef de l’Etat.

Mais le pays peut-il s’accommoder encore plus longtemps d’une pareille situation politique, alors que les défis exigent une présence et un leadership permanents ? Loin des cérémonies et des discours officiels, de nombreux hauts dirigeants affirment toute la « difficulté de la tâche dans un monde qui évolue rapidement et dont les rapports de force changent constamment».

Ancien ministre et diplomate affûté, Abdelaziz Rahabi ne se trompe pas en assurant que l’état du pouvoir actuel « affaiblit considérablement les capacités de représentation du pays». Au plan interne, la « vacance présidentielle» a ouvert la voie au champ du non-droit. Amie de longue date de Bouteflika, la militante indépendantiste Zohra Drif-Bitat résumait l’équation en disant : « Ceux qui ont la responsabilité n’ont pas le pouvoir et ceux qui détiennent le pouvoir n’ont pas la responsabilité.»

L’opposition, pour sa part, dénonce inlassablement des « groupes politiques informels qui s’emparent des leviers du pouvoir» et réclame l’application de l’article 88 de la Constitution et la convocation d’une élection présidentielle anticipée. Mais en l’état actuel d’un pouvoir verrouillé, les instruments pour mettre en application cette exigence sont inopérants.

Les lignes de clivage entre les deux blocs rendent les chances d’un possible compromis — pourtant si nécessaire — minimes. En bas, la société, dans ses différentes strates, à bout de souffle, observe, en apparence froidement. Elle s’interroge, non sans inquiétude. Mais elle est aussi à bout de nerfs. L’histoire est imprévisible. Elle peut connaître une accélération rapide et brutale. Lire la suite

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Les dérobades de Tayeb Louh à l’apn

Publié le 14/04/2016, par dans Non classé.

Le ministre trouve « scandaleux» que des députés osent s’élever au rang d’un juge et distribuent des accusations.
C’est un ministre de la Justice très en colère qui s’est présenté hier devant les députés pour répondre à leurs critiques. Tayeb Louh a été interpellé, mardi dernier, par les élus — à l’occasion de la présentation, en plénière, du projet de loi complétant l’ordonnance n°66-156 portant code pénal — sur le retour de Chakib Khelil, sur d’autres dossiers liés à la corruption et surtout sur le silence de la justice. Remonté contre certains intervenants qui ont dressé un réquisitoire contre l’appareil judiciaire, M. Louh a pris sa revanche en donnant un cours aux députés sur l’indépendance et le fonctionnement de la justice.

Le ministre qualifie d' »inacceptable» et d' »insensée» la démarche des députés demandant au ministre de s’immiscer dans des affaires juridiques. « Je ne comprends pas cette réaction. Le ministre n’a pas le droit ni les prérogatives d’interférer dans le travail de la justice dès lors qu’elle est indépendante.

Je n’ai pas le droit de commenter le dossier d’une telle personne ni son retour en Algérie et encore moins de parler du mandat d’arrêt lancé contre elle», tranche le ministre, dans une allusion aux députés et responsables de partis politiques (FLN et RND) qui ont commenté le mandat d’arrêt lancé contre l’ancien ministre de l’Energie et accusé ouvertement le procureur général de la cour d’Alger de l’avoir « émis sur un coup de téléphone».

M. Louh a rappelé que l’Algérie milite depuis de longues années pour la séparation des pouvoirs et que tout commentaire sur le travail de la justice est une atteinte à l’indépendance de ce pouvoir consacré par la Constitution et une remise en cause de ce principe. Poursuivant son réquisitoire, le ministre trouve « scandaleux» que des députés osent s’élever au rang d’un juge et distribuent des accusations à tort et à travers. « Où allons-nous ? Si chacun d’entre nous devient juge, les choses échapperont à tout contrôle et la situation deviendra grave», a-t-il estimé.

Le ministre a invité les députés à respecter la présomption d’innocence. « Laissez la justice faire son travail sans ingérence. Les affaires traitées par la justice le sont selon des procédures judiciaires bien déterminées ; le juge est libre et responsable de ses décisions et il n’est comptable que devant le Haut-Conseil de la magistrature», dit-il d’un ton ferme.

Voulant enfoncer les députés, le ministre leur a conseillé de ne plus le saisir sur des affaires judiciaires : « Les députés ont l’immunité parlementaire. Certains d’entre vous ont des affaires avec la justice. Est-ce que je dois m’immiscer dans les affaires de justice qui vous concernent ? Bien sûr que non. Et c’est le cas d’ailleurs pour toutes les autres affaires.»

Par ailleurs, Tayeb Louh a mis en garde ceux qui tentent de discréditer et de ternir l’image de la justice, des juges et de l’institution législative en général. Il a également rappelé à l’ordre les députés ayant cité des noms de juges en plénière : « C’est un comportement irresponsable.» Le garde des Sceaux a assuré que « personne ne peut être au-dessus de la loi». Lire la suite

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L’Etat ne joue pas son rôle de régulateur

Publié le 14/04/2016, par dans Non classé.

La hausse des prix ne se limite pas aux marchés de détail, elle touche aussi les marchés de gros du pays.
Depuis quelques jours, les prix des fruits et légumes affichent une hausse vertigineuse, mettant à mal le budget des ménages au revenu moyen. Cette hausse ne se limite pas aux marchés de détail, mais aussi aux différents marchés de gros du pays. En début de semaine, la pomme de terre était cédée à 65 DA le kilo au marché de gros de Attatba, dans la wilaya de Tipasa. La hausse n’a pas épargné la courgette, l’oignon, le poivron vert, la tomate ou la carotte.

Ce n’est qu’hier que les prix ont sensiblement baissé. La pomme de terre, produit phare de l’alimentation, est affichée à 45 DA le kilo, de même que la carotte. Les navets et le chou vert sont à 40 DA/kg, les aubergines et la tomate à 60 DA/kg, le chou-fleur, le concombre, l’artichaut et la betterave à 60 DA/kg et l’oignon à 40 et 60 DA le kilo.

« Tout le monde ne peut pas se permettre d’aller faire ses provisions dans les marchés de gros», s’emporte Bahia, fonctionnaire et maman de cinq enfants, rencontrée au marché Réda Houhou d’Alger. « Avec 1000 DA, il m’est impossible de faire mes achats de fruits et légumes pour deux jours», se plaint-elle. Dans son couffin à moitié vide, 3 kg de pomme de terre à 75 DA/kg, 5 bananes à 300 DA (le kilo est à 280 DA), une poignée de fraises à 280 DA et deux kilos d’oignons à 140 DA. Elle a dû débourser encore 500 DA en plus pour acheter des carottes à 70 DA/kg, un kilo de tomates à 70 DA, un kilo de courgettes à 100 DA et un autre d’artichauts à 100 DA.

« J’ai dépensé près de 1500 DA rien que pour ces quelques fruits et légumes. La viande est intouchable. Ma famille et moi avons presque oublié le goût de la viande fraîche tant je n’achète que de la viande congelée», ajoute-t-elle avant de prendre le bus à destination du marché de Bab El Oued. Selon Bahia, on peut y faire de bonnes affaires, notamment en matière de prix, grâce aux marchands informels qui y pullulent.

Les chambres froides pointées du doigt

Interrogés sur cette hausse des prix, les vendeurs de fruits et légumes au marché Réda Houhou jettent la balle dans le camp des mandataires. Selon Mohamed, un quinquagénaire, la marge bénéficiaire est infime et cette hausse est la retombée logique de la flambée des prix au niveau des marchés de gros. Pour le président de la commission nationale des mandataires, Medjber Mohamed, les grossistes n’y sont pour rien.

« Cette dernière augmentation du prix de la pomme de terre est due aux mauvaises conditions climatiques qui ont empêché la récolte. Etant donné que les prix obéissent à la règle de l’offre et de la demande, ils ont tous baissé. La pomme de terre est à 45 DA, de même que la tomate. Cette baisse a touché tous les autres produits.

En plus, nous n’avons pas le droit de spéculer parce que les produits sont périssables et nous sommes obligés detout vendre dans la journée», explique-t-il. Et de pointer du doigt les services du ministère de l’Agriculture chargés de la gestion des chambres froides, censés assurer le rôle de régulateur en ces périodes creuses de l’année et pallier au manque de produits agricoles frais. Ainsi, la production existe en abondance, sauf qu’il y a un immense dysfonctionnement dans la distribution car l’Etat ne joue pas son rôle de régulateur du marché.

Le même constat est relevé par Boulenouar El Hadj Tahar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens. Pour lui, cette hausse s’explique par trois facteur majeurs, dont la période creuse entre les saisons de récolte entre les régions du Sud et de l’Ouest. « Même si l’Algérie accuse un déficit de près de 1,5 million de tonnes de ce produit très demandé, le manque dans la production ne se fait pas réellement sentir.

Durant cette saison 2015-2016, la production de pomme de terre a dépassé le seuil des 4,6 millions de tonnes. En attendant l’arrivée de la grande production de l’Ouest, puis celle des Hauts-Plateaux, les chambres froides auraient dû jouer leur rôle de régulateur pour éviter la spéculation. Cela remet aussi en cause tout le système de stockage et celui des chambres froides. Le troisième facteur est le manque de marchés de proximité, ce qui augmente la différence entre le prix de gros et celui de détail», explique notre interlocuteur.

Dans cette ambiance de spéculation et de manque d’organisation, le citoyen et l’agriculteur sont les uniques parties à en payer le prix. Le premier n’arrive pas à joindre les deux bouts dans ce flot de dépenses et son pouvoir d’achat s’érode. Le second se retrouve à vendre sa récolte au prix de revient pour qu’elle arrive entre les mains des citoyens à deux fois, voire trois fois son prix réel. L’Etat va-t-il y mettre fin ? A l’horizon, pas de lueur d’espoir ni d’intervention sur le terrain.

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L’article 88 ou l’impossible équation

Publié le 14/04/2016, par dans Non classé.

Affligeante ! L’image du président de la République, que le Premier ministre français a pris plaisir à diffuser, a mis dans la gêne tout un pays. Voir ainsi un homme diminué traité de la sorte par son entourage, qui l’expose à chaque visite d’un officiel étranger, est tout simplement abominable.
On ne sait plus si on doit pleurer pour lui ou pour un pays devenant l’objet de campagnes de dénigrement et de moquerie. La coupe de l’absurde est pleine, ne nous reste-t-il que les mouchoirs pour en pleurer ? Faut-il aller au secours d’un homme malade pris en otage d’intérêts et de calculs de pouvoir, ou bien sauver le pays qui prend l’eau de toutes parts ? L’un ne va pas sans l’autre.

Verrouillage

Devant cette image insoutenable qui vaut mille diagnostics de médecins, comment peut-on encore croire à la capacité du Président à exercer ses fonctions, lui qui ne s’adresse plus au peuple algérien, qui n’apparaît que quand l’obligation de recevoir un étranger l’exige ? A chacune de ses rares apparitions, des membres de la classe politique clament l' »état d’impeachment» ; les internautes se partagent les images en faisant différents commentaires d’affliction, de honte même.

Les peuples puisent parfois leur force dans l’image que renvoient leurs dirigeants. Est-ce que l’entourage de Bouteflika peut s’arrêter un moment et imaginer le sentiment éprouvé par le peuple algérien devant une telle manifestation d’exploitation d’un homme et d’atteinte à la fonction présidentielle ? L’appel à l’application de l’article 88 — devenu presque le leitmotiv de nombreuses personnalités politiques depuis l’accident vasculaire cérébral du Président — reste lettre morte.

Entre ceux clamant la bonne santé du Président et ceux affirmant son incapacité à diriger, pro et adversaires de Bouteflika échangent des « amabilités» pendant que les Algériens retiennent leur souffle et accusent le coup à chaque visite d’un officiel étranger et qu’ils sont devant cette image d’impuissance de l’Etat. L’article 88, qui n’a pas été amendé dans la nouvelle Constitution, énonce pourtant que « lorsque le président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel (CC) se réunit de plein droit et, après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous les moyens appropriés, propose, à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement».

Ainsi dit la Loi fondamentale, mais elle est quasiment inapplicable. « Seul le Conseil constitutionnel peut s’autosaisir, personne d’autre ne peut le saisir… et il ne peut prendre de décision que si tous ses membres l’approuvent», précise la constitutionnaliste Fatiha Benabou. La spécialiste du droit constitutionnel estime que l’article 88 est « complètement verrouillé». « C’est un article impossible à mettre en œuvre. C’est fait exprès et bien étudié, de manière à ce que cet article ne soit pas appliqué», dit-elle en expliquant que trois des membres du Conseil constitutionnel, dont son président, sont nommés par le chef de l’Etat.

« En plus du fait que personne ne peut saisir le CC sur cette question d’empêchement, aucune décision à ce sujet au sein de cette institution ne peut être prise sans le consentement de tous ses membres. Il suffit qu’un des neuf membres soit contre pour qu’il n’y ait pas de décision», indique Mme Benabou, en notant qu’il s’agit là d’un verrouillage dont le but est d’éviter « un coup d’Etat médical». En l’absence de communication claire sur l’état de santé de Bouteflika, les Algériens continueront à recevoir, comme des gifles, le mépris venant d’en haut et les moqueries émanant d’ailleurs. Lire la suite

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