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Rappel des événements

Publié le 24/06/2016, par dans Non classé.

Les habitants de Oued Taga se rencontrent chaque soir après Ettaraouih devant le siège de l’APC et n’ont de sujet de discussion que la cimenterie et la manière d’empêcher sa réalisation.
Cette situation nous rappelle le cas d’une autre commune où un événement presque similaire s’y est déroulé au mois de janvier passé. Il s’agit de la commune de Oued El Ma située à une quarantaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de wilaya, où les autorités avaient décidé de délocaliser un projet de réalisation d’une usine de fabrication de panneaux photovoltaïques. Le projet a été inscrit au bénéfice de la commune et a été alloué à une entreprise chinoise qui a commencé par installer le chantier et à y déposer le matériel.

Au moment d’entamer les travaux, les citoyens de cette commune ont été surpris de voir des semi-remorques charger ce même matériel pour le transférer vers une autre wilaya. Mécontents de voir leurs espoirs d’y travailler s’estomper, ils se sont organisés et ont entamé des démarches auprès de tous les responsables de la wilaya afin de préserver ledit projet. Ne trouvant aucune oreille attentive à leurs revendications, ils étaient contraints d’opter pour d’autres moyens de dissuasion.

En effet, ils ont commencé par fermer tous les commerces, à se rassembler quotidiennement au centre-ville et au fur et à mesure la tension montait jusqu’au jour où il ne leur restait que les moyens forts pour se faire entendre. Ils ont alors barricadé la ville, encerclé le centre pénitentiaire et provoqué l’intervention des forces de l’ordre.

Les conséquences auxquelles avait abouti le bras de fer étaient très lourdes : des magasins saccagés, les portes des maisons défoncées, plus d’une cinquantaine de jeunes emprisonnés et plusieurs exactions des forces de l’ordre ont été recensées par la presse. Un exemple qui doit inspirer les autorités afin d’éviter que cela ne se répète. Rappelons que l’ex-wali de Batna et actuel secrétaire général au ministère de l’Intérieur ne manquait jamais d’instruire tant les chargés des projets que les bureaux d’études de ne jamais valider sans l’avis préalable des citoyens. Lire la suite

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Question de la semaine : La coupure du Net sera-t-elle remboursée ?

Publié le 24/06/2016, par dans Non classé.

Depuis le dimanche 19 juin, il y a eu des coupures d’internet. L’accès aux différents réseaux sociaux a été verrouillé afin de s’assurer qu’il n’y aurait aucune fuite des sujets de la deuxième session du bac 2016. Une décision prise par le ministère de l’Education et celui des TIC. Mais c’était compter sans l’ingéniosité des Algériens qui ont finalement réussi à contourner le black-out. Tous ont eu recours au Virtual private network (VPN) afin de pouvoir accéder aux réseaux sociaux. Cependant, ce blocage n’a pas été vu d’un bon œil de la part des internautes qui ont tous invoqué la liberté d’expression. Samir se désole : « On a bloqué la connexion de tout un pays à cause d’un examen.

C’est grave. On espère en tout cas être dédommagés.» Narimene partage son avis et estime que « les réseaux sociaux sont devenus des outils de travail pour beaucoup monde. Les bloquer, c’est entraver leur travail. Cette mesure est désastreuse et j’espère qu’elle ne va pas se reproduire. Nous sommes devenus la risée du monde entier. La preuve, de nombreux médias étrangers ont parlé de ce black-out. Reste à savoir si on sera indemnisés par rapport à cette coupure.».

Alors, y aura-t-il dédommagement ? Pas sûr. Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection des consommateurs, affirme : « Il n’y a rien eu d’officiel. Nous attendons la réaction ou du moins un communiqué du ministère des Technologies de l’Information et de la Communication. Nous avons reçu des plaintes et les internautes réclament le remboursement des jours de blocage.» A cet effet, Nassira Medebeb, chargée de communication au ministère de la Poste, des Technologies de l’information et de la communication, assure : « On parle de compensation quand il y a coupure.

Ce n’est pas le cas cette fois-ci. On a juste bloqué les réseaux sociaux. Il faut plutôt voir du côté des opérateurs.» De leur côté, les opérateurs n’ont pour le moment rien annoncé. « Cette décision a été prise par le ministère et non par nous. C’est au ministère de trouver une solution à cela, car c’est lui qui est derrière cette décision. Nous, on n’a fait qu’obéir à une note qui nous est parvenue», confie une source anonyme.

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Oued Taga : Une mobilisation pour préserver l’environnement

Publié le 24/06/2016, par dans Non classé.

A Oued Taga, dans la wilaya de Batna, c’est toute une population qui s’est soulevée contre la construction d’une cimenterie dans sa région. Les investisseurs assurent que leur usine est non polluante, un argument qui ne convainc pas ces amoureux de la nature.
« Nous ne sommes pas contre les projets d’investissement, mais nous n’acceptons pas ceux qui nuisent à l’environnement et à l’homme.» A Oued Taga, près de Timgad, à 32 km au sud-est de Batna, le mot d’ordre des habitants qui s’opposent depuis près d’un mois à l’implantation d’une cimenterie dans leur région est clair : « Luzine ulac, (Non à l’usine)». Dans cette commune de 25 000 habitants répartis sur plusieurs villages dont Ouled Bedda, Affan ou Bayou, la mobilisation monte d’un cran. Le chargé de communication du mouvement, Mosaab Sadouni, 22 ans, étudiant en première année de journalisme à Alger, explique : « La décision des habitants est irréversible. Nous étions favorables au débat.

Nous avons écrit au P/APC, au wali de Batna et au ministre de l’Environnement, mais personne n’a pris la peine de nous répondre. Aujourd’hui, les habitants sont déterminés. Ils refusent catégoriquement ce projet», se défend Mosaab. Cernée par les forêts de cèdres, les ruines romaines et les montagnes rocheuses, Oued Taga semble être un paradis pointé au centre d’une région aride et rude comme celle des Aurès. Ici, tout est verdure.

Dans cette région, l’eau est en abondance, comme en témoignent les nombreuses sources naturelles qui arrosent ces terres fertiles. Connue plutôt sous le nom de Bouhmar à l’est, Oued Taga, de son vrai nom Ighzer N taqa (Oued du sapin), est une région berbérophone dont les principales activités restent l’agriculture, notamment dans la production et l’exportation de la pomme et la pêche, l’élevage, l’orpaillage et la fabrication des fusils de chasse, de tromblons et leur poudre. « Notre région est une zone agraire. Nous avons plus de 80 bergers qui possèdent chacun des dizaines de vaches, de brebis et de chèvres.

Je ne vous parle même pas des centaines d’hectares de champs de blé, de pommiers et de pêchers. Alors, comment pouvons-nous accepter de la polluer comme c’était le cas pour Aïn Touta (une commune de Batna) ?», s’indigne Tarek Belayati, 20 ans, étudiant en éducation sportive à l’université de Batna et l’un des jeunes qui gèrent une page sur les réseaux sociaux qui porte le nom de Oued Taga dans les deux langues, française et arabe. Son cousin Boumediene, 32 ans, est du même avis. « Rien que ma famille, on possède 700 pommiers. Ici, le pourcentage du chômage frôle le zéro. Tout le monde travaille dans l’or ou dans l’agriculture. Qui va donc tirer réellement bénéfice de ce projet si ce n’est les hommes d’affaires eux-mêmes ?», s’interroge-t-il.

Dégâts

A Oued Taga, les agriculteurs sont les premiers à afficher clairement leur opposition au projet de la cimenterie. Parmi eux, Mohamed Maâlem, 51 ans, natif de Oued Taga. Fellah depuis 1996, il possède rien que dans sa région 56 hectares de pommiers et de pêchers. Invités à visiter ses champs, il raconte en cours de route que ses récoltes font aujourd’hui le tour des marchés algériens. « C’est un investissement personnel sur lequel je veille jour et nuit depuis plusieurs années.

Je ne peux accepter de tout perdre aujourd’hui car j’ai vu ce qu’ont causé comme dégâts sur l’environnement et l’agriculture les autres cimenteries construite en Algérie», s’inquiète Mohamed. « Nous demandons l’ouverture d’une enquête afin d’identifier les responsables qui ont accordé le projet», exigent les habitants, rassemblés dans la cafétéria jouxtant le monument portant le signe amazigh au centre de Oued Taga.

Projet initié depuis 2014, c’est la Sarl Imed Eddine, spécialisée dans la transformation du métal et la production de matériaux de construction, une association d’une dizaine d’entrepreneurs et d’hommes d’affaires qui détient le marché. Ces investisseurs projettent, selon leur manager général, Bouzid Djellal, rencontré dans son bureau au centre-ville de Batna, la construction d’une cimenterie d’une capacité de production de 1,5 million de tonnes par an. La matière première, elle, sera extraite d’une montagne dominant la vallée à environ 9 km de Oued Taga.

Quant à l’endroit où elle sera construite, il n’est qu’à quelques centaines de mètres seulement du village le plus proche, Ouled Fedda en l’occurrence, et à 4 km du chef-lieu de Oued Taga. Clé en main, l’équipement sera importé de chine et c’est l’entreprise chinoise Sinoma qui s’est accaparée de ce marché d’une valeur de 4,7 milliards de dinars, soit la même entreprise qui a conclu, fin mai dernier, deux contrats avec l’Etat algérien portant sur la création d’une nouvelle cimenterie à Béchar et l’extension de celle de Zahana à Mascara (voir encadré).

Aujourd’hui, la Sarl Imed Eddine est en possession de son permis de construire et peut à tout moment entamer ses travaux. « En 2014, nous avons organisé, en présence des responsables de la commune de Oued Taga, des journalistes et des services de la wilaya un colloque animé par les responsables de cette entreprise chinoise qui ont expliqué, durant leur allocution, que leurs équipements répondent parfaitement aux normes environnementales, défend Bouzid Djellal.

Leur modèle fonctionne sur un circuit fermé et ne dégage aucune poussière contrairement à ce que pensent les habitants de Oued Taga.» Et d’ajouter : « La cimenterie que nous projetons de construire est non polluante, car elle est dotée de filtres à manches (les électrofiltres), une nouvelle technologie utilisée partout dans le monde et même récemment en Algérie dans certaines cimenteries algériennes où était posé, justement, le problème de la pollution.»

Toxiques

Afin de rassurer les protestataires, le manager général de la Sarl Imed Eddine invite les habitants à l’accompagner à Biskra afin d’inspecter par eux-mêmes les deux cimenteries installées par la même entreprise chinoise dans les deux communes de Djemora et Branis. « Nous ne pouvons pas leur faire confiance. Nous savons que dans notre pays les autorités ne respectent pas l’environnement. Nous sommes conscients que nous ne pouvons plus faire marche arrière si on les laisse construire cette cimenterie», prévient Mohamed Metouche, 64 ans, résident de Oued Taga.

Selon les normes, les filtres en question doivent Lire la suite

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Matoub Lounès Devoir de vérité

Publié le 24/06/2016, par dans Non classé.

Des milliers de citoyens sont attendus demain à Taouritt Moussa pour se recueillir sur la tombe de Matoub Lounès. A Béjaïa, le wali a instruit les chefs de daïra de commémorer le 18e anniversaire de l’assassinat du Rebelle.
La voix du Rebelle résonne toujours sans discontinuité à Tourirt Moussa, dans la daïra de Beni Douala, wilaya de Tizi Ouzou, où la maison de Matoub Lounès continue d’être un véritable lieu de pèlerinage pour les citoyens de différents horizons. L’heure est ainsi aux préparatifs pour la commémoration du 18e anniversaire de l’assassinant de ce chantre dont la mémoire sera honorée, cette année aussi, par des activités en mesure de revisiter son parcours et son œuvre.

Dans le bureau de la fondation qui porte le nom du Rebelle, les organisateurs étaient déjà, mercredi, à l’œuvre pour mettre en place tout ce qui est nécessaire pour le bon déroulement de l’hommage. Malika, sœur du défunt, veillait au grain pour assurer la coordination de toutes les tâches inhérentes à cette manifestation. « On s’attend, comme à l’accoutumée, à une affluence importante. Il y a des gens qui vont venir de plusieurs wilayas. Le programme est aussi riche que varié. Il porte notamment sur des soirées d’une troupe du village qui retracera, à travers des chants liturgiques, le combat de Lounès», nous-t-elle précisé.

Une exposition de photos, de livres, de coupures de presse et autres documents sur la vie et l’œuvre du regretté a été mise en place, depuis hier, à l’école primaire du village. Une table ronde sous le thème « Mouvement amazigh, combat politique, création artistique et production culturelle» sera au menu de cette commémoration, ce soir à 22h. Elle sera animée par des détenus de mai 1981 à Béjaïa, à l’image de Aziz Tari, Mokrane Agoune et Nacer Boutrit.

Tombe

La journée de demain sera celle des recueillements à Talla Bounane devant la stèle érigée dans le lieu où est tombé le Rebelle sous les balles assassines des forces du mal, un certain 25 juin 1998. Des milliers de citoyens sont aussi attendus pour se recueillir sur la tombe de l’artiste disparu.

D’ailleurs, pour contenir la foule qui déferle, chaque année, sur la demeure de Matoub, les organisateurs ont entrepris même des travaux d’entretien et d’embellissement. « Nous essayons de faire des travaux pour rendre les lieux plus accueillants, car il s’agit des fans d’un grand symbole qui y viennent même en dehors de la date anniversaire de la mort de Lounès. Nous accueillons la moyenne de 80 personnes par jour durant toute l’année», nous dira la sœur du Rebelle qui estime que le classement de la maison Matoub est une nécessité.

« Cette démarche a été entamée depuis 2008 pour son classement par l’Etat au niveau local, puis par l’Unesco, pourquoi pas. D’ailleurs, mon frère, de son vivant, voulait créer, dans cette maison, un espace culturel», a-t-elle souligné. Un concours de chant en hommage à Matoub, prévu du 27 au 30 juin, sera organisé à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Il s’agit d’un concours qui a mis en lice 63 jeunes candidats originaires de plusieurs wilayas du pays, comme Tiaret, Béjaïa, Bouira, Sétif, Boumerdès, Alger et Tizi Ouzou.

Le jury de cette rencontre sera présidé par Céline Léveillé, nièce de Matoub Lounès. « L’objectif de ce concours est de trouver de nouvelles voix et de sélectionner 50 musiciens pour préparer un concert symphonique dans le cadre du 20e anniversaire de l’assassinat de Lounès», ajoute Malika Matoub qui revient sur le procès de l’artiste qui est, selon elle, toujours ouvert. « Le procès de mon frère est toujours ouvert devant la justice. La famille de Lounès a porté plainte contre X. Nous exigeons une véritable enquête. Nous ne cherchons pas un coupable idéal», a-t-elle insisté.

Mobilisation citoyenne à Béjaïa

On s’apprête à honorer la mémoire du Rebelle aussi à Béjaïa. Pour cette commémoration, plusieurs activités commémoratives sont au menu. La nouveauté cette année c’est que même l’Etat s’y implique. Le wali de Béjaïa, Ouled Salah Zitouni, a exhorté les chefs de daïra à participer à cette commémoration. Toutefois, il ne faut pas se faire trop d’illusions sur le contenu de ces programmes officiels de célébration qui ne sauront déroger à ceux organisés dernièrement dans le cadre de la commémoration du Printemps berbère d’avril 1980 ou du Printemps noir de 2001 où 126 jeunes ont péri sous les balles des services de l’ordre.

Sans grande surprise, le folklore avait primé dans l’élaboration des programmes de commémoration qui n’avaient laissé, rappelons-le, aucune place au travail de mémoire proprement dit, lequel seul pouvait assurer l’intervention de conférences ou autres activités pédagogiques porteuses de la charge symbolique et historique propre à ces dates. Bis repetita donc. Encore du folklore pour la célébration de la mort d’un symbole de résistance et de combat.

C’est du moins ce qu’on retient du programme, version officielle, de l’APC de Béjaïa. Il se résume à un simple gala artistique place Saïd Mekbel la nuit du 25, avec Boudjemaâ Agraw. C’est ce qu’a appris El Watan du président du comité des fêtes, M. Bouchebah, qui annonce aussi la participation de chanteurs amateurs qui répondront le répertoire de Matoub. C’est déjà pas mal en attendant que le gouvernement trouve la bonne distance avec ses dates et l’inspiration nécessaire pour élaborer de meilleurs programmes. Des activités émanant de la société civile sont attendues et viendront donner un peu de relief à ces plates manifestations officielles.

Parmi la kyrielle d’activités attendues, l’association Bruits des mots, en collaboration avec le Café littéraire de Béjaïa, a dédié une de ses Nuits du livre à la célébration de l’anniversaire de l’assassinat du Rebelle, sous le signe du refrain d’une de ses chansons devenu célèbre : « Ghas nekdhen achhal d ithri iguenni ur inegrara», littéralement en français « ils ont beau arracher les étoiles, ils ne sauront vider le ciel».

Cette célébration aura lieu sur l’esplanade de la maison de la culture, demain à partir de 22h30, avec au programme lecture et échange de bouquins, poésie sous des airs musicaux, rencontres avec auteurs, artistes… un Lire la suite

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L’objectif du pouvoir est de récupérer l’opposition

Publié le 24/06/2016, par dans Non classé.

Le 1er juin, Jil Jadid se retirait de la Coordination pour la liberté et la transition démocratique (CTLD), coalition de l’opposition regroupant un large éventail de courant politique. Soufiane Djilali s’explique sur ce divorce politique et prévient contre les nouveaux pièges du régime.
– Pourquoi avoir quitté la CLTD ? Pensez-vous que la coalition est arrivée à bout ou que l’essoufflement a eu raison de l’opposition ?

Oui, on peut le dire ainsi. En fait, il y a quelques mois déjà, j’avais relevé que nos rencontres mensuelles étaient devenues stériles. Nous avions épuisé les raisons communes qui nous avaient réunis et n’étions plus en mesure de renouveler nos perspectives. Il y avait aussi, comme une épée de Damoclès sur nos têtes le fait qu’à tout moment la situation pouvait exiger des élections anticipées, qu’elles soient présidentielles ou législatives et nous n’étions pas sur la même longueur d’onde pour affronter ensemble un tel défi. Le groupe étant idéologiquement hétéroclite, nous ne pouvions nous entendre que sur des positions pratiques et des exigences politiques qui cadrent avec la plateforme de Zéralda.

La CLTD avait réussi à créer tout de même des événements politiques essentiels et reconfigurer l’opposition ces deux dernières années. C’était dommage de la voir se neutraliser elle-même. J’ai alors tenté de faire des ouvertures sur des sujets politiques pratiques pour dépasser le blocage : engagement de tous à ne jamais ouvrir une « négociation» individuellement, à s’entendre sur une position commune concernant les élections, à discuter sur un programme commun, à débattre d’un modèle de Constitution, etc. Je reconnais n’avoir pas pu convaincre les partenaires de l’intérêt d’un tel agenda.

En fait, mon sentiment est que chacun estimait qu’il fallait maintenir la CLTD, mais qu’en même temps, chacun voulait rester totalement libre de tout engagement. En gros, l’image de la CLTD faisant de l’opposition était bonne à prendre, mais les uns et les autres se sentaient en droit de négocier directement avec le pouvoir et opter pour la participation aux élections sans prendre l’avis des autres. J’en ai parlé ouvertement à tous de cette situation. J’ai même proposé que l’on puisse arriver à un consensus pour « atterrir» en douceur en trouvant une formule plus souple, à l’image d’un forum par exemple et en renforçant l’ICSO.

Je comprends très bien les réticences des membres de perdre un tel outil et je n’avais pas réussi à les convaincre à passer à autre chose. A ce blocage de perspectives, s’est ajoutée l’insistance récente d’aller vers un gouvernement d’union nationale. Je dois dire qu’un seul membre en faisait état publiquement, mais tous les autres s’en accommodaient. Et cela je ne l’ai ni compris ni accepté. Je ne peux pas accuser quiconque d’avoir négocié en dessous de la table, mais ma confiance a été ébranlée. Il me fallait alors tirer la conclusion : soit j’accepte la situation et je me tais, soit j’assume mon retrait de la CLTD. Moralement, je n’avais plus le choix.

– Vous n’aviez pas peur de rendre service au pouvoir en affaiblissant ainsi l’opposition ?

Nous nous sommes posé cette question au sein du Conseil politique de Jil Jadid. Il ne fallait en aucun cas porter préjudice à l’opposition, mais en même temps nous ne pouvions pas nous laisser prendre dans un piège par manque de lucidité. D’ailleurs, nous avions évité de faire du tapage médiatique. Pourtant, je pense que le pouvoir était très au fait de l’évolution interne de la stratégie de certains membres de la CLTD et se frottait les mains.

Quelle belle prise il en ferait ! En 2017, la contestation du pouvoir aurait été close. Pratiquement tous les partis seraient impliqués dans la gestion du pays. Il n’y aurait plus de remise en cause de la légitimité du système et l’opposition aurait à partager le bilan gouvernemental. N’est-ce pas là une aubaine pour le régime ? Il aurait réduit à néant le travail de l’opposition, brisé de nouveau le peu de confiance que nous avions acquise auprès de l’opinion publique, impliqué l’opposition dans sa gestion calamiteuse et rester plus que jamais maître du jeu.

Et ce que je dis n’est pas une vue de l’esprit. Avez-vous remarqué l’attitude des médias appartenant au pouvoir par rapport à cet événement ? Si le geste de Jil Jadid avait causé du tort à l’opposition, soyez sûr que le pouvoir aurait saisi l’occasion, par ses médias et ses partis, pour claironner la débandade chez l’ennemi. Eh bien, il n’y a eu rien de tout cela, sinon une gêne à peine voilée. D’ailleurs, comme en échos aux paroles de ceux qui demandaient la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, M. Ouyahia a tendu la main à l’opposition lors de sa dernière sortie médiatique et M. Saadani lui fait, ces derniers temps, les yeux doux.

La stratégie du pouvoir est ainsi claire et nette : éteindre toute contestation par la distribution de quotas aux législatives, suivi de quelques postes ministériels et repartir d’un bon pied pour préparer la succession de M. Bouteflika dans la tranquillité. L’objectif du pouvoir était de récupérer dans son giron une CLTD devenue porte-parole de l’opposition. Je préfère me voir exclu du champ politique que de m’associer à cette entourloupe.

– Comment peut-on continuer à faire de la politique dans un contexte imposé par le pouvoir qui assassine tout ce qui est politique justement ?

Tout le dilemme est là. Le pouvoir veut domestiquer toute l’action politique. C’est sa nature qui l’impose. C’est à la société de réagir. La classe politique doit prendre du recul. Elle doit assumer sa responsabilité. Le régime algérien doit céder la place à un nouveau mode de gouvernance. Non seulement il est totalement anachronique mais l’ampleur de la prédation est devenue un danger potentiel pour la sécurité nationale. Le problème est qu’au fond, l’opposition ne croit pas en elle-même, elle pense que le pouvoir est invincible et qu’il lui faut, pour survivre, s’inscrire dans son jeu. Dans ces conditions, les calculs politiciens reprennent le dessus.

A mon sens, l’opposition doit rester sur des positions très strictes. Il faut réclamer des règles du jeu politique aux normes Lire la suite

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L’engagement du Créad pour les réfugiés et les migrants

Publié le 24/06/2016, par dans Non classé.

« Dans un ouvrage publié dans le cadre des activités inscrites au titre de réalisation d’un projet de recherche « PNR sur les étrangers en Algérie, le Créad propose une estimation du nombre des personnes étrangères pouvant être classées dans la catégorie des réfugiés à s’élevait en 2012 à 209 148 personnes», affirme Hocine Labdelaoui, chef de l’équipe « Migrations et Mobilités» et directeur de recherche associé au Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Créad), en précisant qu’il s’agit d’une estimation du nombre des « réfugiés reconnus» comme tels et des personnes pouvant être « assimilées» à ce statut. « Nous pensons que ce chiffre est plus élevé en 2016 compte tenu que les flux des étrangers vers l’Algérie ont augmenté ces dernières années».

Faisant référence aux Syriens, Hocine Labdelaoui s’appuie sur les chiffres donné par le représentant du HCR en Algérie, Hamdi Bukhari : « Le nombre de Syriens est estimé par le représentant du HCR à 40 000 personnes et des subsahariens dont le nombre dépasse le chiffre de 25 000 personnes. Le nombre des réfugiés et des assimilés augmente ainsi à 234 148 personnes.» Ces chiffres ont été communiqués lors d’une rencontre organisée par le Créad et le HCR, lundi dernier, à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés sur le thème « La question des réfugiés : vue de l’Afrique».

Le programme de cette concertation d’experts nationaux et internationaux a tenté d’identifier tous les problèmes rencontrés par les réfugiés et migrants en Algérie, tout en reconsidérant leur quotidien par différents aspects, notamment socioéconomiques. Le représentant du ministère des Affaires étrangères a confirmé l’avancement du texte de loi sur le statut des réfugiés et apatrides élaboré par son institution et impliquant d’autres départements ministériels.

Le Créad démontre sa volonté de créer un important espace d’échange pluridisciplinaire à travers cette rencontre. « Depuis sa création, le Créad a accordé un intérêt particulier à l’étude de la question des migrations», assure Hocine Labdelaoui. « La situation des réfugiés nécessite des solutions rapides. Ce n’est pas aux chercheurs de trouver des solutions immédiates à ces questions mais c’est à eux de proposer des analyses scientifiques inscrivant l’imagination de ces solutions dans le contexte d’une évolution historique dans un contexte de spécificités régionale et sociétale», explique-t-il.

Les conclusions du Créad qui ont ponctué cette journée mettent en exergue la nécessité d’inscrire la sensibilisation comme objectif afin de contrer l’intolérance ; de mettre en œuvre une session de formation en direction des médias pour clarifier les données évolutives sur les réfugiés et éviter les amalgames. En outre, le Créad recommande d’institutionnaliser les échanges avec les organismes et institutions impliqués dans la prise en charge des réfugiés et des migrants vue de les associer à la réalisation des projets de recherche, de réflexion et de formation sur les migrations de crises et des réfugiés. Ce sont là quelques points qui réaffirment l’engagement du Créad et son implication dans ce dossier complexe des réfugiés et des migrants en Algérie. Lire la suite

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