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Grève de trois jours à partir du 15 décembre

Publié le 06/12/2015, par dans Non classé.

Le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) a décidé d’observer trois jours de grève partir du 12 décembre pour dénoncer la situation de déliquescence générale qui règne dans le secteur et la violence du gouvernement envers la société « en l’absence d’une politique réfléchie pour faire face aux situations difficile».
Le CNES, précise son secrétaire général, Malik Rahmani, a été empêché de tenir son conseil national, vendredi au niveau de son siège, à l’ex-Ecole de commerce, abritant aujourd’hui plusieurs institutions du supérieur.

Les 120 membres du conseil national du CNES, empêchés d’accéder à l’enceinte universitaire, ont été contraints de couper la circulation automobile pour se faire écouter par le premier responsable de l’université d’Alger, qui a ensuite donné le feu vert pour que le syndicat tienne sa réunion ordinaire. « C’est humiliant qu’un professeur du supérieur soit chassé du local de son syndicat comme un malfrat et soit empêché de rassemblement par les policiers. C’est seulement après que l’on ait entravé la circulation automobile que le responsable concerné a réagi», soutient M. Rahmani, encore en colère.

Le syndicat dénonce la dégradation du pouvoir d’achat des fonctionnaires de ce secteur et les mesures envisagées, sans prendre en considération la dégradation du pouvoir d’achat des Algériens.

« Cela indique l’incapacité du gouvernement à mettre en place une stratégie de développement, et le recours à la violence contre la société sans se soucier de son vécu au quotidien», dénonce M. Rahmani.
La plateforme de revendications brandie par le CNES comporte également des explications sur le sort des quotas de logements destinés aux enseignants universitaires, sachant que selon le même syndicats, 30 000 enseignants ne sont pas logés.

« Seuls 13% du programme ont été réalisés», révèle le n°1 du CNES, qui compte organiser un rassemblement le 15 décembre devant le ministère de l’Enseignement supérieur, à Ben Aknoun (Alger). Le Cnes interpelle les autorités sur le devenir de la recherche et dénonce « le recours à la facilité» qui menace la qualité des travaux de recherche réalisés par les doctorants.

Selon ce syndicat, le ministère a revu les modalités de réalisation des recherches pour les soutenances de doctorat en vue de réduire la durée des travaux, mais en réalité, la qualité et le sérieux qui se sont détériorés, dénonce M. Rahmani. Le syndicat compte organiser une série de mouvements de protestation après les vacances d’hiver, annonçant une autre grève de trois jours partir du 6 janvier 2016.
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Il était hospitalisé depuis jeudi en France : Bouteflika a regagné l’Algérie

Publié le 06/12/2015, par dans Non classé.

Le président Abdelaziz Bouteflika a regagné hier le territoire national, à l’issue d’une « courte visite privée» en France durant laquelle il a effectué des « contrôles médicaux périodiques», a indiqué la présidence de la République dans un communiqué répercuté par l’agence officielle APS.
« Son Excellence Abdelaziz Bouteflika, président de la République, a regagné le pays ce jour, samedi 5 décembre 2015, à l’issue d’une courte visite privée en France durant laquelle il a effectué des contrôles médicaux périodiques, sous la direction de ses médecins traitants», est-il écrit dans ce communiqué.

Dans la même journée, l’agence France-Presse a annoncé la sortie de l’hôpital du président algérien. Dans une dépêche livrée en début d’après-midi, la même agence annonçait aussi que Bouteflika avait même quitté le territoire français : « Le chef de l’Etat algérien a quitté, peu après midi, le service de cardiologie du Groupe hospitalier mutualiste, à Grenoble (sud-est), où exerce son cardiologue, Jacques Monségu.»
Ainsi, ce dernier séjour hospitalier du chef de l’Etat qui a commencé jeudi s’est achevé hier matin. Comme précisé par le communiqué de la présidence de la République du jeudi 3 décembre, le contrôle médical qu’a subi Abdelaziz Bouteflika a été de courte durée. L’AFP précise que Bouteflika avait déjà séjourné dans cette même clinique en novembre 2014.

Le Dauphiné libéré était présent au moment de la sortie d’hôpital de Bouteflika et rapportait dans son édition d’hier qu' »un convoi de plusieurs voitures, sous escorte policière, vient de partir de l’établissement hospitalier grenoblois, vraisemblablement pour rejoindre l’aéroport de Grenoble-Saint-Geoirs où un avion médicalisé attendait le chef de l’Etat».

Le communiqué de la présidence de la République, livré jeudi, avait noté que Bouteflika « avait quitté le territoire national pour une courte visite privée en France, durant laquelle il effectuera ses contrôles médicaux périodiques, sous la direction de ses médecins traitants». Nous n’en savons pas plus sur son état de santé. Depuis 2013, date de son accident vasculaire cérébral, les sorties publiques de Bouteflika se font rares et surtout inaudibles. Son dernier discours remonte à 2012. La maladie affectant sa mobilité et sa parole, Bouteflika est devenu un Président invisible pour les Algériens.

Ces derniers le voient en de très rares occasions, à la télévision, lorsqu’il reçoit des invités étrangers. Des personnalités et des formations politiques invoquent souvent la vacance du pouvoir. Lire la suite

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La drogue menace les étudiants

Publié le 06/12/2015, par dans Non classé.

La drogue fait des ravages parmi les jeunes. 37,7% des étudiants en ont déjà pris.
C’est ce que révèle une enquête sur la toxicomanie réalisée dans 10 wilayas d’Algérie.

Parmi les résultats analysés, l’enquête menée à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, par une équipe de médecins résidents en épidémiologie et en psychiatrie, fait ressortir un taux de prévalence de la consommation de drogues (une ou plusieurs substances psychoactives) de 9% des 55 000 étudiants que compte cette université.

La consommation spécifique par sexe est de 73,3% pour le sexe masculin et 6,7% pour le sexe féminin.
Ces chiffres ont été communiqués à la presse locale, jeudi, à l’occasion d’une rencontre organisée à la clinique de psychiatrie Fernane Hanafi de Tizi Ouzou.

De son côté, l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT) a fait savoir, hier, que plus de 9000 toxicomanes ont bénéficié d’une prise en charge médicale et thérapeutique durant le premier semestre de l’année 2015.

Cette prise en charge, pour soins et désintoxication, a concerné 8041 bénéficiaires de consultations externes, 955 bénéficiaires d’hospitalisation volontaire et enfin 17 toxicomanes qui ont fait l’objet d’injonction thérapeutique. Le rapport de l’Office précise, en outre que 3878 des personnes traitées sont âgées de 16 à 25 ans, 3324 ont entre 26 et 35 ans, alors que 1468 toxicomanes ont plus de 35 ans et 343 autres ont moins de 15 ans.

18 000 personnes arrêtées pour trafic de drogue

« Au total, 88 729,390 kg de résine de cannabis ont été saisis durant les neuf premiers mois de 2015, dont 61,69% au niveau de la région ouest du pays», a également précisé l’ONLDT dans son rapport, en se référant au bilan des trois services de lutte (Gendarmerie nationale, DGSN et Douanes).

Les quantités saisies durant les neuf premiers mois de 2015 ont enregistré une baisse de 39,26% par rapport à la même période de l’année 2014. La quantité de cocaïne saisie dans le pays aurait, pour sa part, fortement augmenté, passant de 1197,726 à 85132,883 grammes. L’héroïne a également enregistré une hausse conséquente des quantités saisies, passant de 339,11 à 2534,8 grammes durant la même période. Le rapport révèle également la saisie de 395 346 comprimés de substances psychotropes de différentes marques, en baisse de 51,53% par rapport à l’an dernier.

Durant la période de référence, plus de 18 000 personnes auraient été interpellées pour trafic de drogue, soit 53,86% de plus qu’en 2014. « Les investigations menées par les services concernés ont abouti à l’interpellation de 18 190 individus, dont 79 étrangers, pour des affaires liées à la drogue», indique le rapport, qui précise que parmi le nombre total des personnes impliquées dans des affaires liées à la drogue, 324 sont en fuite. Lire la suite

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Les travailleurs de l’Etusa interpellent Sellal

Publié le 06/12/2015, par dans Non classé.

Depuis mercredi dernier, la capitale est partiellement paralysée en matière de transport collectif en raison de la grève illimitée entamée par les travailleurs de l’Entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger (Etusa).
Dans une lettre adressée au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ces employés témoignent leur colère quant à la situation de flou dans la gestion de cette entreprise publique.

Frappés par plusieurs chocs, ces travailleurs disent ne pas trouver de motif au limogeage de l’ex-directeur général de l’Etusa, Yacine Krim.

Dans une marque de soutien, ils dénoncent à travers cette lettre et ce débrayage une « injustice» à l’encontre de leur ex-directeur général qui a relevé, selon eux, plusieurs défis et contribué fortement à la relance de cette entreprise en plein déficit à l’époque.

« Si seulement il s’agissait d’un simple changement à la tête de notre entreprise ! La directrice par intérim qui a succédé à M. Krim a démissionné un mois plus tard et nous sommes aujourd’hui livrés à nous-mêmes, sans responsable.

Contrairement aux déclarations des responsables au ministère des Transports, notre ex-directeur n’a pas été promu mais carrément relevé de ses fonctions pour envoyer notre entreprise droit dans le mur», s’emporte un syndicaliste. Il dit ne pas comprendre l’utilité d’une telle décision, sauf à laisser le champ libre à la concurrence du secteur privé, brisant ainsi l’entreprise publique qui compte aujourd’hui 2800 employés et une flotte de 720 bus, dont 150 acquis sur ses fonds propres.

« Serait-on en train de casser l’Etusa au profit de l’entreprise Tahkout qui vient d’obtenir l’accord du wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, de déployer 1000 bus à travers la capitale», s’interrogent-ils.
Ce n’est pas tout. « Le ministère des Transports ne s’est pas contenté de limoger M. Krim, mais a retiré 36% et 41% des actions de l’Etusa dans les sociétés de gestion du tramway d’Alger et des téléphériques.

Cela sans compter les manœuvres administratives pour favoriser certaines personnes qui n’ont rien à voir avec la bonne gestion, mais servent plutôt leurs intérêts et ceux des personnes qui les ont placés. Tous nos doutes tentent à se confirmer après le limogeage de neuf syndicalistes après notre premier mouvement de protestation, en octobre dernier», dénoncent les protestataires.

A travers cette lettre, les travailleurs de l’Etusa espèrent voir le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, intervenir pour sauver cette entreprise publique des mains qui veulent la briser à tout prix.

En attendant que cela se fasse, le mouvement de grève se poursuit et seul un service minimum est assuré. Laissant ainsi le citoyen livré à lui-même et dans l’obligation de se soumettre au diktat des opérateurs privés qui ne ménagent aucun effort pour enfreindre la loi et se faire le maximum de gains.

Pour tirer cette affaire au clair et comprendre les causes réelles de ces décisions, nous avons tenté de joindre le ministère des Transports, en vain.
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Lettre du général Toufik et affaire du général Hassan : le message codé de l’ex-chef du DRS

Publié le 06/12/2015, par dans Non classé.

Aussi bien dans son contenu que les circonstances dans lesquelles elle a été rendue publique, la lettre de l’ancien patron du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général de corps d’armé, Mohamed Lamine Médiène dit Toufik, confirme clairement la guerre larvée entre ce dernier et le premier responsable de l’armée, le général de corps d’armée et vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah.

D’abord le contenu de la lettre. L’ex-chef du DRS dit tout sans pour autant donner de détails sur cette opération, utilisée par Gaïd Salah, en tant que vice-ministre, pour engager des poursuites contre le général Hassan, ex-chef du Service de coopération opérationnelle et du renseignement antiterroriste (Scorat), un des plus émérites des cadres de l’institution et le plus décoré de l’armée pour les opérations menées dans le cadre de la lutte antiterroriste et le contre-espionnage.

« J’affirme qu’il a traité ce dossier dans le respect des normes et en rendant au moment opportun. Après la première phase de l’opération, je l’ai félicité, lui et ses collaborateurs, et encouragé à exploiter toutes les opportunités offertes par ce succès. Il a géré ce dossier dans les règles, en respectant le code du travail et les spécificités qui exigent un enchaînement opérationnel vivement recommandé dans le cas d’espèce», précisant plus loin que le général Hassan « fait partie de cette catégorie de cadres capables d’apporter le plus transcendant aux institutions qu’ils servent».

L’opération dont parle le général Toufik n’est pas aussi simple à expliquer aux Algériens, dans la mesure où elle concerne des secrets d’Etat qui n’auraient jamais dû se retrouver sur la place publique.

De quoi s’agit-il au juste ? Tout simplement d’une opération d’achat d’un lot d’armement, dont des missiles, auprès de terroristes en Libye qui étaient sur le point de les vendre à un groupe de terroristes algériens. Connaissant parfaitement la zone et ayant des « sources» d’information sur place, le général Hassan, après autorisation de son chef, a réussi à faire capoter la transaction entre les deux groupes, racheté l’armement et neutralisé les deux parties avant de rapatrier le lot par route vers l’Algérie.

Ce n’est pas la mission elle-même qui pose problème, parce qu’elle ne pouvait être considérée comme illégale à partir du moment où c’est sous les ordres écrits du premier responsable du DRS qu’elle a été exécutée.

De ce fait, si le général Hassan était poursuivi, inévitablement, c’est son chef qui serait le premier à être appelé à la barre. Il fallait donc chercher une « faille» pour construire une accusation contre le chef du Scorat et, à travers lui, cibler indirectement son patron, le général Toufik, qui avait écrit une lettre au président de la République lui expliquant les tenants et les aboutissants de cette affaire tout en plaidant l’innocence de son subordonné, sa bravoure et son patriotisme. Est-elle arrivée à destination ? Nous n’en savons rien.

Ce qui est certain, c’est que pour le tribunal militaire de Blida, le général Hassan a commis un crime en dépassant le délai de remise du lot d’armes au service concerné, tel que stipulé dans le règlement général militaire.

Dans sa lettre, le général Toufik s’adresse à l’opinion publique, lui expliquant que le général Hassan n’est coupable de rien. « J’ai moi-même encouragé (le général Hassan, ndlr) à exploiter toutes les opportunités offertes par le succès de la première phase», qui est, faut-il le préciser, la récupération des armes.

Il poursuit : « Je l’ai encouragé à pour poursuivre la mission», qui consiste en réalité à remonter la traçabilité et l’origine de l’arsenal. « Il a géré ce dossier dans les règles, en respectant le code du travail et les spécificités qui exigent un enchaînement opérationnel vivement recommandé dans le cas d’espèce», écrit le général Toufik. Comment a-t-on construit alors l’accusation ? Très simple. En reprochant au général Hassan de n’avoir pas respecté le délai de remise des armes.

Les témoins à charge ont été choisis parmi les éléments de son service. Certains, malgré les lourdes pressions exercées sur eux, ont refusé de servir de faire-valoir ; d’autres, animés par un esprit de revanche pour avoir été écartés par le général Hassan, pour une raison ou une autre, ont accepté de le confondre au cours d’une audience fermée aux médias et à la famille de l’accusé et à laquelle un ancien trafiquant de drogue, faisant l’objet de plusieurs mandats d’arrêt, comparaissait comme témoin à charge.

Malgré ce « coup de force judiciaire», pour reprendre les propos d’un des avocats de l’accusé, ce dernier a été « d’une pertinence exemplaire et a réussi à démonter toute l’argumentation» d’un procureur militaire qui réclame la peine maximale, retenue d’ailleurs, et aggravée par le refus du bénéfice de toutes circonstances atténuantes, créant un climat de malaise dans les milieux aussi bien militaire que politique.

Rumeurs sur d’éventuelles poursuites contre le général Toufik

A chaud, c’est le général Nezzar, ancien ministre de la Défense, qui réagit pour dénoncer la sentence « criminelle et infamante» infligée au général Hassan. Une semaine plus tard, c’est la lettre de l’ex-patron du DRS qui fait tache d’huile. Le deuxième message du général toufik est adressé au vice-ministre de la Défense, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, pour exiger de lui de « réparer en urgence une injustice qui touche un officier qui a servi le pays avec passion et de laver l’honneur des hommes qui, tout comme lui, se sont entièrement dévoués à la défense de l’Algérie».

Le général Toufik sait que le vice-ministre est le seul ordonnateur des poursuites judiciaires, de la grâce et des mises à la retraite d’office des cadres du DRS et, de ce fait, il lui demande de mettre un terme à toutes ces opérations de chasse aux sorcières contre ceux qui, comme le général Hassan, se sont dévoués durant toute leur carrière pour sauver le pays du terrorisme.

A aucun moment le général Toufik ne fait de commentaire sur ceux qui ont jugé et condamné son subordonné parce qu’il sait, peut-être, que la sentence était connue d’avance.

L’ex-chef du DRS sait aussi que c’est le vice-ministre de la Défense qui a ordonné les poursuites judiciaires contre le général Lire la suite

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Mouloud Hamrouche à Batna : «Le pays est dans l’impasse»

Publié le 06/12/2015, par dans Non classé.

A la tribune de la salle La Victoire, devant un auditoire d’anciens maquisards, l’invité des Aurès s’est gardé d’évoquer les personnes. Il assure que « la situation est encore plus grave que ce qu’ils imaginent».
« Je ne vais pas m’attarder sur les personnes. La situation exige de moi – ici à partir de Batna, capitale des Aurès — d’être franc, car la situation appelle à une vigilance et une conscience pour une mobilisation forte pour l’Algérie», a-t-il précisé, avant de se lancer dans le vif du sujet.

L’ombre des événements inhérents aux arrestations d’officiers supérieurs de l’armée et particulièrement l’inédite sortie médiatique de l’ex-patron du DRS, le général de corps d’armée Mohamed Mediène, dit Toufik, planait sur la conférence. Mais elle a été vite dissipée quand l’orateur s’est employé à s’attaquer de front aux raisons qui brident le pays et leurs conséquences désastreuses.

« D’évidence, notre système politique ne sait pas comment en finir avec la crise qui n’a que trop duré. C’est une crise de système de pouvoir. Il ne sait pas aujourd’hui comment mettre fin aux échecs successifs», fait remarquer Mouloud Hamrouche.

Périls

« C’est avec beaucoup de regret que je me présente ici, devant vous, pour observer que les objectifs du projet national, notamment celui de la construction d’un Etat national, ne sont pas encore réalisés.» Il affirme, non sans insister sur le rôle historique des Aurès, que la situation actuelle « est caractérisée par des perturbations, de l’instabilité et du dénigrement des hommes».

Rappelant la lourde facture payée en raison de l’obstination à maintenir le statu quo, Hamrouche assure que l’impasse actuelle « provoque le dépérissement de l’idée nationale et la régénération de comportements et de situations qui poussent à la destruction de la volonté nationale au profit des tendances régionalistes, ce qui exposerait notre identité à de multiples agressions et dérives dangereuses».

Encore plus précis dans son analyse de la crise actuelle à laquelle fait face le pays, le chef de file des « réformateurs» constate que la conjoncture actuelle « fait face à deux dangers imminents et que ses instruments de gestion de gouvernance sont dans l’incapacité totale d’y faire face.

Le premier danger réside dans la lutte des parties qui détiennent les instruments du pouvoir, ce qui fait que l’on recourt uniquement au remplacement des hommes par d’autres considérés conformes à leurs intérêts (parties en lutte). Je dois dire que le changement des hommes, aujourd’hui, est le plus grand danger pour la stabilité».

Le second péril qui menace le pays d’effondrement, selon l’ancien Premier ministre sous Chadli, se niche dans « l’absence d’une politique sérieuse rapide pour la crise économique, conséquence de la double chute des hydrocarbures et de leurs prix.

Les mesures prises et les ajustements opérés conduisent à l’amplification des difficultés des entreprises et des catégories aux revenus faibles». Une critique à peine voilée de la loi de finances 2016.

L’OS et les pères fondateurs

« La situation a besoin de réponses politiques dans tous les domaines ; chaque décision non étudiée, non comprise et dont l’origine n’est pas claire et surtout pas soumise au contrôle va sans doute déstabiliser le pays», met-il en garde.

Celui qui avait conduit les réformes politiques et économiques au début des années 1990 avant d’être brutalement stoppées appuie encore son propos estime que « l’affaissement des structures de l’Etat et le dépérissement de l’idée nationale ainsi que le rétrécissement de la dimension nationale dans les différentes décisions coïncident avec une situation d’impasse totale porteuse de menaces, alimente les éléments de division et paralyse les hommes et les institutions».

Le propos résume toute l’inévitabilité de la crise algérienne. Une fatalité ? Si l’ancien Premier ministre refuse de se présenter comme un homme qui « redonne espoir», il arbore l’étendard de la « volonté» qui sommeille en chacun de nous.

Pour ce faire, il va chercher dans le passé. Il convoque une séquence particulière de l’histoire qui prend tout son sens car prononcée dans les Aurès, un haut lieu du combat libérateur.

« Aujourd’hui, nous avons un besoin urgent de réaffirmer l’existence d’une volonté nationale claire», dit-il. « Il faut rappeler que la constitution, l’élaboration et la maturité de cette volonté et surtout les instruments de sa concrétisation ont commencé avec la naissance du Mouvement national.

Elle a pris forme avec la mise en place de l’Organisation secrète (OS). Elle a constitue le début de l’expression de la volonté nationale qui dépassait les frontières tribales et de la région.»

Hamrouche rappelle à ce propos que le premier noyau à avoir exprimé cette volonté « est un groupe d’hommes jeunes, inscrits dans l’OS. Ses membres ont par la suite le Front et l’Armée de libération nationale et ont décidé du 1er Novembre 1954».

L’orateur, qui a baigné dans l’esprit du combat libérateur dès son enfance, érige ces militants de l’OS au rang des « pères fondateurs». « Ils ont pu réaliser un consensus et élaborer des solutions consensuelles qui avaient dépassé les divisions traditionnelles et tout obstacle culturel, tribal ou régional.

Ils ont pu mettre en place un projet national pour les Algériens». L’évocation de la Guerre de Libération nationale et du combat pour l’indépendance parle fortement aux maquisards des Aurès.

Faire un retour vers ce passé glorieux ne relève pas de la nostalgie, mais remet au goût du jour l’idée de la volonté sans laquelle rien ne pourra être entrepris pour briser l’impasse historique qui enserre le pays. Mais surtout pour construire un Etat qui « signifie l’édification d’une volonté nationale renouvelable et permanente.

Un édifice qui protège tout le monde, l’unité de son territoire et surtout la liberté des citoyens». Un Etat moderne, dans lequel « l’armée défend l’Etat et non le gouvernement, car elle n’est pas la base sociale du pouvoir mais sa colonne vertébrale. Le pouvoir est conjoncturel, il change avec le changement des hommes et des politiques, mais l’Etat reste», préconise-t-il.

Un système devenu obsolète

Mais pour le moment, cette volonté n’est pas au rendez-vous. « La situation va en s’aggravant», prévient-il. Hamrouche met en garde contre le maintien du statu quo : « La politique qui consiste à défendre la situation actuelle, qui refuse le renouvellement, la réforme et le progrès revient à se placer à contresens de l’histoire.

Cela doit cesser et vite.» Tels étaient les Lire la suite

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