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Amor Khelif fustige une «gestion opaque» du secteur

Publié le 03/04/2016, par dans Non classé.

Analysant la situation économique du pays suite à l’effondrement des prix du pétrole sur le marché mondial, l’expert en économie Amor Khelif
estime notamment qu' »il faut une transparence dans la gestion du secteur des hydrocarbures, ainsi qu’un rééquilibrage des dotations budgétaires entre les différents secteurs de l’économie pour sortir de l’option du tout-pétrole».

Intervenant lors d’une conférence organisée, hier, par l’association RAJ, M. Khelif fera remarquer que « dans le cadre du plan quinquennal 2015-2019, le secteur pétrolier engrange 100 milliards de dollars de dotations alors que ceux de l’agriculture et de l’industrie confondus ne récoltent que 30 milliards de dollars». Une réalité qui ne favorise pas, selon le professeur d’économie et directeur de recherche associé au Cread, « l’émergence d’une diversification économique» et reproduit, décennie après décennie, un modèle dont « l’échec a été prouvé tout au long de 50 ans de gestion rentière». Une politique centrée sur les hydrocarbures au nom de laquelle on invoque, souligne Amor Khelif, « Hassi Messaoud et Hassi R’mel» à chaque crise depuis la fin des années 1970. Un scénario dont l’issue est connue d’avance et qui risque d’être reproduit à l’identique, selon l’expert, qui en veut pour preuve les déclarations des pouvoirs publics en faveur de l’augmentation de la production de pétrole.

Une injonction que le Premier ministre avait justement exprimée dès le début de l’effondrement des prix du pétrole aux cadres du secteur de l’énergie, enfermant le pays, selon M. Khelif, dans une économie basée sur le pétrole qui renforce sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur et donne lieu à de nombreux travers, dont la corruption qui a gangrené l’économie. A ce propos, l’expert se demande comment a été géré le Fonds de régulation des recettes (FRR) qui a été alimenté, pendant les années fastes du pétrole cher — avec un pic à plus de 110 dollars le baril — et qui aujourd’hui ne peut prémunir le pays contre une crise à long terme.

M. Khelif estime en effet que si les réserves financières du pays, dont le FRR et les réserves de change, lui permettent d’être à l’abri de grandes turbulences à court terme, le risque sera nettement plus important sur le moyen terme. Il ajoute que si des solutions ne sont pas trouvées et au cas où les prix du pétrole continuent sur une courbe baissière, le pays ira au-devant de grandes difficultés.

A la question de savoir quelles solutions il préconise pour faire face à la chute des prix du pétrole, M. Khelif écarte avec force l’option de l’endettement extérieur et approuve celle de l’emprunt obligataire national, estimant que « l’épargne nationale est importante» et qu’elle pourrait être une partie de la solution d’urgence. Sur la durée, la solution viendrait, selon l’expert, d’une refonte totale de la structure du modèle économique national, en étudiant le modèle de l’Asie du Sud-Est et en prenant, dès à présent, une option nécessaire en faveur du développement des PME.

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