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Amokrane Sabet sera enterré à Tizi Ouzou

Publié le 13/05/2016, par dans Non classé.

Le corps du Franco-Algérien Amokrane Sabet, 44 ans, ex-champion de la MMA (Arts martiaux mixtes ou combat libre), assassiné le 2 mai dernier par la police de Bali, une île touristique indonésienne, sera rapatrié demain en Algérie, affirme à El Watan Week-end sa sœur, jointe par téléphone.
Selon notre interlocutrice, qui a tenu à garder son prénom anonyme, le corps de son frère ne passera pas par la France, car il sera acheminé directement vers l’Algérie, où il sera enterré dans le village natal de ses parents, à Ighil Guefri, à Larbaâ Nath Irathen, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Quant aux raisons de l’intervention des policiers à Bali, le quotidien français Le Figaro explique que « ces derniers avec l’aide des agents des services d’immigration ont été mobilisés dans le but d’interpeller Amokrane Sabet qui se trouvait en situation irrégulière en vue de l’expulser».

Le porte-parole de la police de Bali, Hery Wiyantoun, dont les propos ont été rapportés par le même quotidien se justifie : « Il y a eu beaucoup de plaintes contre cet homme qui mangeait toujours au restaurant sans payer, avait un couteau sur lui et harcelait les gens, mais il ne s’est jamais présenté à nos convocations pour être interrogé.» Des propos qui ont suscité l’indignation de la famille Sabet qui dément : « C’est un pur mensonge.

C’est l’argent qui est derrière cette affaire. Mon frère dont la validité de son titre de séjour a expiré en septembre dernier, a dû payer je ne sais qui pour lui prolonger son visa. Il a dû passer par des voies qu’il n’aurait pas dû prendre et il s’est fait avoir.» Et la sœur d’ajouter : « J’ai eu beaucoup de témoignage des voisins de mon frère qui ont infirmé les propos de la police. Ils m’ont avoué que la police fait du chantage aux touristes.

Elle est connue pour être très corrompue. Mon frère a un grand cœur. Il aide tout le monde. Il avait bien réussi sa vie.»Amokrane est né en 1972 à Toulon, dans le sud-est de la France. Sa sœur raconte qu’il pratiquait beaucoup de sports et les arts martiaux quand il était petit. Jeune, il décide de s’installer à Paris où il tente une carrière de mannequin, mais très vite il s’aperçoit que ce métier n’était pas fait pour lui. En 1999, il décide de recommencer sa vie, il part à Londres où il renoue avec les combats libres.

Ses succès ont changé sa vie. Amokrane s’est fait beaucoup d’argent, ce qui lui a permis d’ouvrir sa première entreprise, une boîte de sécurité, puis un night-club, baptisé le Vendôme, puis un pub. Sa sœur raconte qu’il avait même entamé une carrière d’acteur et qu’il avait joué dans un film anglais. Son neveu, vivant en Haute-Savoie, à l’est de la France, joint par téléphone, se souvient d’un oncle « charitable». « A Londres, il était très entouré par les Algériens, surtout les Kabyles. Il aidait tout le monde, assure-t-il. Idem en France où il donnait aux pauvres. Il était très généreux».

Vidéo

A Tizi Ouzou aussi, Amokrane était perçu comme une personne qui aimait la vie et aidait les gens du village. Contacté par téléphone, le cousin d’Amokrane, Remdane Sabet, 65 ans, ancien muezzin actuellement à la retraite, témoigne : « Ce qu’on raconte sur lui n’est que mensonge. Je ne connais pas plus serviable et rigoureux. Au village, il aidait même les gens qui préparaient leur mariage et conseillait surtout aux jeunes d’arrêter de fumer et de boire de l’alcool. Il n’a jamais fait de mal à personne. Une fois, dans un restaurant après avoir fini de manger, il a offert 100 euros à chacune des employées.» La police de Bali l’accuse aussi d’avoir poignardé, ce jour-là, un de leurs collègues.

Selon Le Figaro, ce dernier a succombé à ses blessures. « L’un de nos officiers a essayé de s’approcher de lui et de le calmer, mais Sabet l’a poignardé», affirme Hery Wiyantoun. Sa soeur rétorque : « Plus de 40 policiers armés jusqu’aux dents et munis de gilets pare-balles ont débarqué chez lui ! Tout ça pour une histoire de permis de séjour ? Mon frère n’était pas un criminel et il n’a poignardé personne avant qu’on lui tire dessus.» Sur la vidéo qui montre la scène de la descente policière, on voit des policiers braquer leurs armes contre Amokrane.

Ce dernier, en s’adressant au policier en chemise blanche qui devance ses collègues, lui dit de tirer s’il souhaite le faire. Ce dernier tire deux coups en l’air, puis un troisième, provoquant la victime, qui, après avoir fait cinq pas, reçoit au moins cinq balles. Malgré toutes les balles reçues, Amokrane qui s’est arrêté un moment, s’est retourné soudainement et s’est mis à courir derrière les policiers. Sans image, on entend clairement les coups de feu s’enchaîner.

C’est probablement ici qu’Amokrane a agressé le policier en question. A la fin de la vidéo, les images reviennent : on y voit Amokrane, au sol, qui se relève, puis tomber sur le dos. Là, les policiers lui tirent encore dessus. Au total, plus d’une quarantaine de balles ont été tirées. « Les autorités ont même dit que selon l’autopsie mon frère s’est tué tout seul. Alors que les vidéos de son assassinat, disponibles sur Youtube, démontrent qu’il a été tué par les policiers», confie la sœur. « On ne tue pas une personne parce qu’elle est en situation irrégulière.

Si mon frère était réellement ingérable, les autorités indonésiennes auraient pu contacter l’ambassade de France et l’informer de sa situation. Ils auraient pu nous contacter, et à ce moment-là on aurait pu faire quelque chose et l’aider. Les autorités indonésiennes sont irresponsables», s’indigne-t-elle. La date de l’enterrement n’a pas été communiquée par la famille du défunt, qui regrette que des journaux fassent du « copier-coller d’un article qui diffame son enfant». Selon la sœur d’Amokrane, la famille a porté plainte contre la police de Bali. En Indonésie, une enquête a été ouverte. Lire la suite

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