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«Algerian dream»…

Publié le 08/11/2016, par dans Non classé.

C’est sa première sortie à l’étranger et Nedjma ne boude pas son plaisir de goûter à la vie américaine. Il faut dire qu’avec son anglais parfait, elle ne s’est guère sentie dépaysée outre mesure au pays de l’Oncle Sam.
Taille de guêpe, esprit vif et sourire à toute épreuve, Nedjma n’a peur de rien et affiche une jeunesse flamboyante prête à tout pour changer le monde. Nedjma Khelifa a 25 ans, un mastère d’anglais, une émission rien que pour elle, English Zone, sur Radio Zibans, la radio locale de Biskra, sa ville. Et…un traumatisme qu’elle traîne depuis ses 11 ans, qu’elle a su transformer en élan, et qui a été déterminant dans son éveil citoyen. D’ailleurs, elle n’a point de mal à en parler alors qu’elle l’avait tu pendant de longues années, y compris à ceux qui lui étaient les plus proches. C’était à Biskra, elle était en 7e AF.

Un homme qui avait l’âge de son père et se disait son ami a tenté d’abuser d’elle, et c’est par miracle qu’elle a réussi à échapper à ses griffes. Malgré cela, cet évènement va la marquer durant toute son enfance « au point que j’ai dû refaire mon année scolaire», confie-t-elle.
La petite Nedjma n’était plus la même personne, désormais. Elle qui était si pleine de vie, limite hyperactive, s’était recroquevillée sur elle-même, se méfiant de tout ce qui sentait le « mâle».

« Avant, j’étais un garçon manqué, je frappais les filles, je semais la terreur auprès des enfants de mon âge, les profs me mettaient systématiquement avec les élèves turbulents», se souvient-elle dans un éclat de rire. « Après, je ne supportais plus les garçons, je me méfiais de tous les hommes. Et quand je suis entrée au CEM, j’ai décidé de mettre le hidjab, et j’écrivais beaucoup dans mon coin.» Elle évoque avec reconnaissance sa prof d’anglais qui l’a beaucoup aidée au point de lui faire aimer la langue de Shakespeare.

Avec le temps, Nedjma a fait de cette agression un ferment pour réussir et elle finit par épouser la cause des enfants maltraités. C’est ce qui l’a décidé à adhérer en 2014 au réseau Nada pour la défense des droits de l’enfant. Elle en est aujourd’hui la digne représentante à Biskra. « Ce que j’ai vécu, je l’ai vécu seule. Aujourd’hui, je veux aller vers les gens qui souffrent en silence, les écouter, les soutenir…Si j’avais trouvé de l’écoute, si j’avais rencontré des gens comme à Nada, j’aurais été les voir. Je ne voudrais pas que cela arrive aux autres et qu’on taise ce genre de choses !» plaide-t-elle.

Parallèlement à ses nombreuses activités associatives, Nedjma assure des vacations à l’université de Biskra où elle enseigne l’anglais. De son court séjour aux USA, elle dira : « Je me suis sentie chez moi.» Pour autant, elle n’est pas tentée de s’installer aux States. Ni ailleurs. « Je ne peux pas laisser l’Algérie», clame-t-elle. Son « algerian dream» ? : enseigner dans un collège. « C’est parce que je crois fermement que le changement commence par l’école, professe Nedjma, et l’enseignement me permet d’entrer dans la tête des gens.» Lire la suite

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