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Algeria Modern. From Opacity to Complexity, ou l’Algérie sous Bouteflika

Publié le 22/05/2016, par dans Non classé.

L’objectif de cet ouvrage collectif est d’étudier, au-delà de l’opacité du système politique algérien, l’Algérie d’aujourd’hui. Qui gouverne ? Qui conteste ?
Et la question de la sécurité dans le contexte général de l’évolution de l’Afrique du Nord après les Printemps arabes. Ces trois thèmes ont été abordés respectivement par Luis Martinez, Rasmus Alenius Boserup (DIIS Copenhague) et Abdennour Benantar (Paris VIII) lors d’un débat organisé, le 10 mai dernier au Ceri, à l’occasion de la sortie du livre.

A la base de l’ouvrage, un questionnement commun de l’équipe qui l’a coordonné et rédigé : « Pourquoi l’Algérie n’a pas été touchée par ce qu’on a appelé le Printemps arabe alors que le pays apparaît prêt à s’effondrer ?» Question récurrente et lancinante.

« Quels sont les ressorts de la longévité du pouvoir sous Bouteflika ?» dans une période d’instabilité régionale. Trois approches prévalent en Algérie sur la question de « qui gouverne», souligne Luis Martinez : selon la première approche, « le mode de gouvernance est clanique». La deuxième approche est institutionnelle, alors que la troisième se décline en termes de « groupes d’intérêt».

C’est l’approche retenue par ce livre. « Ces groupes qui agissent en fonction d’intérêts communs sont aujourd’hui identifiables pour nous, chercheurs. Ils sont accessibles, car ils ont besoin d’être légitimes.»

« nouveau type de protestation politique pacifique»

Le chercheur danois Rasmus Alenius Boserup relève, pour sa part, que ceux qui contestent sont aussi accessibles. Et d’ajouter que « contrairement à ce qu’on croit — soit que la jeunesse est apolitique, passive — nous avons découvert une jeunesse prête à s’engager politiquement mais méfiante de la politique dans le sens classique du terme».

Les nombreux mouvements de protestation ne sont pas accompagnés d' »une demande politique claire». « Un scénario plus révolutionnaire pourrait se manifester s’il n’y avait pas d’argent.» Le chercheur relève toutefois une montée d' »un nouveau type de protestation politique pacifique».

« Dilemmes de la politique de sécurité»

Abordant la question sécuritaire, Abdennour Benantar (Paris VIII) considère que « l’Algérie a une politique de sécurité mais elle n’a pas de corpus la représentant, comme un livre blanc, par exemple. Les documents publics accessibles n’existent pas». Et de préciser que « théoriquement», c’est le Haut-Conseil de sécurité, présidé par le chef de l’Etat, qui réglemente la politique de sécurité. L’organe chargé de la mise en œuvre de cette politique est l’ANP. D’où « la distinction entre l’élaboration de la décision et la prise de décision qui relève de l’état-major et de la Présidence».

En 2008, l’ANP s’est éloignée des institutions politiques. Dans l’optique de sa modernisation, certains choix montrent que l’Algérie est un Etat responsable, pour ne citer que l’institution d' »une certification des armements cédés à des pays tiers, de façon à ce qu’ils ne tombent pas entre les mains de terroristes», l’institution d' »une disposition sur le survol de l’espace aérien algérien par des aéronefs étrangers», souligne encore Abdenour Benantar.

Quant aux fondements de la politique de sécurité algérienne déclinés par le chercheur, le premier est le « légalisme» selon lequel tout doit se faire dans le cadre des Nations unies. Le second principe est relatif à « la non-intervention hors des frontières nationales». Le troisième principe est celui du « droit de tous les Etats de la région à une sécurité non diminuée». « Les deux derniers principes posent problème dans le contexte régional actuel.

Comment invoquer le principe de non-ingérence en l’absence d’Etat et d’institutions comme c’est le cas en Libye. La non-intervention devient un non-sens. L’attaque de Tiguentourine a montré les limites de ce principe.» Pour faire face à l’instabilité régionale, le chercheur avance trois démarches : des mesures internationales pour protéger les frontières ; une restructuration des centres de commandement ; une coopération soutenue avec les pays subsahariens.
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