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Ahmed Ouyahia accuse les islamo-conservateurs

Publié le 06/06/2016, par dans Non classé.

A l’opposé des autres partis au pouvoir, Ahmed Ouyahia ne s’est pas fait prier pour apporter un soutien appuyé à la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, qui se trouve au cœur de la tempête de la fraude aux épreuves du baccalauréat.
Intervenant au cours d’une conférence de presse, hier à Alger à l’issue de la session du conseil national de son parti, le secrétaire général du RND a défendu une ministre « qui s’applique avec beaucoup de bonne volonté à mettre en œuvre un programme de réforme qui date des années 2000 et qui, dès le début, était contesté par les conservateurs». Après ce soutien appuyé s’ensuit une série d’accusations qu’il lance à l’adresse des milieux islamo-conservateurs.

En rendant hommage à une ministre de l’Education nationale « rigoureuse», Ahmed Ouyahia rappelle comment Nouria Benghebrit a fait l’objet d’attaques systématiques depuis sa nomination. « La fraude partielle enregistrée participe d’un complot. La ministre fait l’objet d’attaques, ils ont joué sur la fibre de ses origines, ensuite ils l’ont accusée d’avoir projeté de supprimer l’épreuve de l’éducation islamique», déplore-t-il.

« On veut lui faire payer une facture sur le dos de 800 000 candidats. Elle est ciblée par ce qu’elle s’applique à réformer l’éducation», ajoute-t-il avant d’interpeller les députés qui réclament la démission de la ministre. « Ils auraient pu débattre du comment revoir la législation pour introduire de nouvelles dispositions de lois coercitives et imposer des mesures très sévères contre les fraudeurs et pour éviter la fraude. Mais pas pour des caprices idéologiques», enfonce-t-il encore avant de mettre en garde contre « les tentatives de la politisation de la religion».

« On ne s’amuse pas à jouer avec nos enfants», prévient-il non sans regret. Le conférencier a dénoncé ce qu’il appelle « la banalisation du crime et de la fraude qui sont devenus un sport national». Il regrette que « les téléphones portables servent au bavardage et à frauder». Le chef du RND, qui cumule aussi le poste de directeur de cabinet à la présidence de la République s’est élevé aussi contre « une politisation à l’excès du système national de la formation depuis longtemps et cela va de mal en pis».

Ahmed Ouyahia s’est dit étonné également du climat dans lequel se prépare l’épreuve du bac. « Je trouve excessif qu’à chaque fois qu’on organise un examen, on donne l’impression que le pays se prépare à livrer une guerre avec des milliers de policiers et d’encadreurs mobilisés, alors que c’est un exercice classique», tance-t-il. Commentant la décision du gouvernement de refaire certaines épreuves du baccalauréat, M. Ouyahia a estimé qu’il « faut gérer les conséquences de cette fraude sur la préparation de la prochaine rentrée universitaire», et d’enchaîner : « voilà ce que nous coûtent quelques caprices idéologiques.»

Au chapitre économique, Ahmed Ouyahia a fait écho à la réunion de la tripartie qui se tenait au même moment. Il s’est dit favorable au relèvement de l’âge de la retraite. Son argument : « Si on relevait l’âge du départ à la retraite, cela ne serait une atteinte pour personne, nous ne sommes pas malheureux de continuer à travailler après 60 an», soutient-il. C’est l’une des manières de « préserver la sécurité financière de la Caisse nationale des retraite», selon lui.

Ce n’est pas l’avis de nombreux experts en la matière. La CNR, qui connaît un déficit structurel, a été instruite par le ministère du Travail de proposer un projet de réforme dans lequel il est prévu le relèvement graduel de l’âge du départ à la retraite à 65 ans et l’abrogation ou l’amendement du dispositif 97-13 relatif à la pré-retraite. Une proposition à propos de laquelle les partenaires sociaux ont des avis divergents. S’agissant de la crise économique, Ahmed Ouyahia estime qu’elle « constitue aussi une bénédiction et une opportunité à capitaliser pour sortir de la dépendance énergétique».

« Les cours du pétrole ne reviendront jamais à leur niveau antérieur élevé que certaines circonstances avaient favorisé, d’où la nécessité de réhabiliter le travail pour construire une économie hors hydrocarbures forte et diversifiée en encourageant l’investissement national pour réduire les importations», soutient-il.
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