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Accusations des résidents

Publié le 21/03/2018, par dans Non classé.

Les résidents en sciences médicales interdits d’accès dans l’enceinte de la faculté Ziania dénoncent des « dépassements» perpétrés par les forces de l’ordre. « 
Plus de 200 de nos camarades ont été interpellés et certains ont été grièvement blessés. Les résidents ont été transférés dans des endroits isolés, à Kheraïssia, Draria, Sidi Fredj… Quelqu’un a même été tabassé à l’intérieur d’un commissariat», détaille, dans une déclaration à El Watan, le porte-parole du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), le Dr Taileb Mohamed.

Un dispositif sécuritaire important s’est en effet déployé, dans la matinée d’hier, devant la faculté Ziania pour empêcher l’accès à des résidents « venus soutenir» l’action de boycott de la deuxième session du Diplôme d’études médicales spécialisées (DEMS).

Le Camra dénonce des brutalités policières à l’encontre de certains résidents embarqués « sans aucun motif à bord des fourgons de la police et transférés aux commissariats adjacents (Ben Aknoun, Draria, Chéraga, Zéralda), où leurs téléphones et papiers d’identité ont été confisqués jusqu’à nouvel ordre». « Isolée par des policiers en civil derrière un fourgon, une policière s’est approchée de moi pour exiger mes pièces d’identité.

Devant mon refus, on m’a violemment embarquée par les bras et les jambes dans le fourgon de la police, ce qui m’a causé une blessure à la main», raconte le Dr Meriem Hadjab, résidente au CHU Issad Hassani de Beni Messous (Alger) et déléguée du Camra, qui se retrouvera avec quatre autres de ses confrères dans un fourgon.

« Au commissariat de Draria, il était impossible de nous garder vu qu’il y avait trop de résidents. Ils nous ont alors transférés à Kheraissia, où on a refusé de me rendre mon téléphone pour contacter ma famille et un avocat. Sur place, le commissaire m’a tout de même donné de la Betadine et des compresses pour soigner ma main», poursuit la déléguée. Elle dénonce des comportements autrement plus graves qu’auraient eu des policiers contre ses camarades. « Il y a eu des dépassements graves, des violences et même des attouchements», accuse-t-elle.

Une année supplémentaire pour les spécialistes

Le Camra a décidé de former un collectif d’avocats pour porter plainte contre les « violences policières», signale le Dr Hadjab. A la sûreté de wilaya, on dément ces accusations. « Il n’y a eu ni bavure ni dépassements. Il y a eu une réquisition du wali pour empêcher la perturbation de l’examen. Le transfert des perturbateurs s’est fait légalement par le personnel féminin pour les résidentes filles et masculin pour les garçons», signale une source contactée par El Watan.

Le Camra annonce le durcissement du mouvement après différentes AG qui se réuniront à travers les 11 CHU du pays. Lundi, les membres du Camra ont ordonné un arrêt strict de toute activité hospitalière de 8h à 16h. Ils ont également appelé les médecins à cesser la garde. Les résidents interpellent les responsables de leur double tutelle, qui « ne proposent pas d’initiatives à même de prendre en charge leurs revendications».

Ils répondent au ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar, qui a assuré, samedi, que son administration n’envisageait pas de changer le calendrier de ces examens, prévus du 19 mars au 12 avril 2018, toutes spécialités confondues. « On est responsables de notre décision de boycotter les DEMS et lui (Tahar Hadjar) est responsable de notre avenir qu’il veut gâcher en ne prenant pas d’initiatives pour répondre favorablement à nos revendications», lâche Taileb, qui dénonce les « menaces d’exclusion» à l’encontre des étudiants des premières années.

L’année blanche pourrait être décrétée en raison de l’échec des tentatives de l’Enseignement supérieur de maintenir les examens de la deuxième session de DEMS, celle de janvier a été boycottée par les spécialistes. « Nous assumons l’année blanche, mais ce n’est pas à nous de la décréter», signale le porte-parole du collectif. Le Camra a même menacé d’une démission collective.

Une source explique que les spécialistes astreints actuellement au service civil devront être obligés d' »assurer une année supplémentaire». « Il y aura vraisemblablement une année supplémentaire des médecins du service civil vu qu’il n’y a pas de nouvelles spécialités pour avril. Sinon c’est l’abandon de régions entières», affirme une source. Au ministère de la Santé, pas de réaction sur cette mesure qui pourrait être envisagée dans les prochains jours. Lire la suite

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