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Absence de transparence…

Publié le 06/06/2018, par dans Non classé.

La cellule de veille pour le suivi de la disponibilité du médicament, installée par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière en janvier 2018, ne semble pas venir à bout des tensions enregistrées dans les structures hospitalières et en officines.
Une cellule de veille qui n’a de veille que le nom, puisque depuis sa création, aucune évaluation sérieuse et complète n’a été faite. Les membres de cette cellule ne cessent d’interpeller la direction générale de la pharmacie, en vain. Le scénario des ruptures se répète comme chaque année et des médicaments finissent par disparaître sans être remplacés.

Ce qui est loin d’être une préoccupation du ministère de la Santé, puisqu’à ce jour, 200 programmes prévisionnels d’importation n’ont toujours pas été délivrés par la direction de la pharmacie, alors que les dossiers ont été déposés en octobre 2017. « Nous sommes au mois de juin et de nombreux opérateurs attendent toujours leurs programmes.

Aucune information ne nous est donnée à propos de ces retards, alors que certains produits sont vitaux. Ni la cellule de veille ni le comité de concertation n’ont été réunis pour justement débattre de ces problèmes qui, aujourd’hui, touchent sérieusement le patient algérien», nous confie un opérateur. L’exemple des bandelettes d’autosurveillance glycémique est édifiant.

A ce jour, les programmes n’ont pas été remis aux opérateurs et aucune explication ne leur a été fournie après les avoir signés, remis, puis restitués en avril dernier sur instruction du ministre de la Santé, le Pr Hasbellaoui. D’autres produits sont également en attente de validation, alors que les pharmaciens se plaignent d’une forte rupture de stocks de médicaments essentiels.

Ainsi, plus d’une centaine de produits est actuellement en rupture au niveau des pharmacies, en l’occurrence la Ventoline, des antibiotiques injectables, des collyres et autres produits de différentes classes thérapeutiques. « Certains produits, près d’une centaine, sont effectivement sous tension et s’il arrive qu’un grossiste dispose d’un des produits sous tension, nous sommes automatiquement soumis à une vente sous condition, voire la vente concomitante.

Le médicament est systématiquement accompagné d’un pack d’autres produits que certains pharmaciens ne peuvent pas acheter. Ils se trouvent privés de ce médicament et à leur tour privent leurs patients. C’est malheureux, mais c’est la réalité», nous confie Messaoud Blambri, président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo).

En milieu hospitalier, la situation est plus compliquée, car même les produits censés être fabriqués localement sont introuvables sur le marché national, tel que le Paracétamol injectable, des anesthésiques et tant d’autres produits. La pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) est actuellement soumise à une forte tension sur de nombreux produits essentiels en milieu hospitalier.

« Des produits ne sont pas autorisés à être importés, car un simple engagement des producteurs de les fabriquer localement, sans être au préalable enregistrés, a suffi au ministère de la Santé pour bloquer leur importation, notamment les programmes d’importation, sous prétexte de protéger la production locale. Nous ignorons pour le moment la liste exacte de ces produits et comment cela s’est fait», déplore un opérateur qui relève un manque de transparence dans la gestion de certains dossiers liés à la production nationale.

Nouvel organigramme

Une gestion qui a d’ailleurs valu sa place au directeur général de la pharmacie, Hafed Hamou. Il a été démis de ses fonctions lundi dernier après le limogeage de son directeur, M. Frehat, il y a un mois. Les changements opérés par le ministre de la Santé sont liés, selon des sources concordantes, à « la mauvaise gestion de certains dossiers liés à l’investissement et à l’importation de médicaments, en l’occurrence la signature des programmes à l’importation en souffrance depuis des mois au niveau de la direction de la pharmacie.

Les instructions du ministre n’ont pas été exécutées à la lettre. Comme il a été également reproché au directeur général de la pharmacie de ne pas avoir renouvelé et soumis à signature au ministre l’arrêté expiré depuis mai 2017 portant la liste des médicaments (sida, anticancéreux, et tuberculose, etc.) non enregistrés permettant à la PCH de les importer».

D’autres sources affirment que les deux cadres ont été sanctionnés pour avoir justement respecté la réglementation en vigueur au ministère de la Santé pour ce qui notamment de l’importation de médicaments. « Chose qui a été de mauvais goût du Pr Hasbellaoui qui a décidé de les faire remplacer par des responsables plus dociles à ses instructions», nous confie une source.

Par ailleurs, le départ de Hamou Hafed serait lié à la cacophonie créée au sein de la commission santé au niveau de l’APN, lors de l’examen de la loi sur la santé, à propos de la suppression de la responsabilité du pharmacien sur son officine (art. 259), réhabilité par la suite. « Le problème a été soulevé au sein de la commission qui a jugé nécessaire de tirer au clair cette question.

Les membres de la commission refusent de cautionner cette erreur, puisque les représentants du ministère de la Santé, en l’occurrence de la direction de la pharmacie, présents au sein de la commission n’ont pas jugé utile d’attirer l’attention», nous confie un parlementaire du parti majoritaire.

On apprend que d’autres changements seront opérés au niveau des directions centrales au ministère de la Santé, telles que la DRH, la direction de la réglementation et la direction des structures de santé. Un nouvel organigramme s’impose à l’issue de la promulgation de la loi sanitaire dans les prochains jours.

Au vu de cette loi, la direction de la pharmacie est appelée à disparaître pour laisser place à l’Agence nationale du médicament, dont les activités sont actuellement gelées. Interrogé sur ces changements, le directeur de la communication, Slim Belkessam, a souhaité ne pas faire de commentaire. A propos des programmes d’importation bloqués à ce jour, notre interlocuteur estime que « l’essentiel des programmes devait être libéré dans les délais, surtout pour l’importation».

Concernant le dossier relatif aux bandelettes pour la surveillance de la glycémie, le directeur de la communication affirme qu' »il y a pour le moment deux producteurs nationaux qui fournissent le marché et le troisième sera opérationnel dès septembre prochain. S’il y a nécessité d’une quantité supplémentaire, on procédera à l’importation pour Lire la suite

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