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A quand la fin de l’«historiquement correct» ?

Publié le 06/12/2017, par dans Non classé.

Par Hanafi Si Larbi ( hanafisilarbi@gmail.com)
La France et l’Algérie ont un travail en commun à mener sur le passé pour en finir avec la guerre des mémoires», écrivait le candidat François Hollande dans les colonnes d’El Watan et du Monde le 19 mars 2012, pour la célébration du cinquantième anniversaire de la signature des Accords d’Evian.

Une fois élu, il déclarera que « chaque président a espéré être le président de la réconciliation. François Mitterrand l’a pensé. Jacques Chirac l’a imaginé. Chaque fois, on a évoqué un traité d’amitié. C’était difficile avant. Avec le changement des générations, c’est peut-être plus facile aujourd’hui».

En effet, Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle, issu d’une génération qui n’a pas connu la période coloniale, avait tenu, le 14 février dernier, sur la chaîne Echorouk News des propos qui avaient déclenché une polémique en France. Il avait affirmé : « Je pense qu’il est inadmissible de faire la glorification de la colonisation (…). La colonisation fait partie de l’histoire française, c’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie (…). La France a installé les droits de l’homme en Algérie, simplement elle a oublié de les lire.»

L’ex-candidat, aujourd’hui président de la République française, confirmera-t-il par des actions concrètes ses propos tenus il y a à peine quelques mois, par, notamment, la restitution des archives, le sort des disparus durant la Guerre de Libération, ainsi que l’indemnisation des victimes algériennes des essais nucléaires français effectués dans le Sud algérien ? On l’espère vivement pour outrepasser le passage, certes imposé par certains lobbies des deux rives de la Méditerranée, du politiquement correct à l’historiquement correct, c’est-à-dire, ne pas chercher à comprendre le passé pour éclairer le présent et appréhender le futur avec une confiance mutuelle.

Pour cela, il suffirait d’interpréter la politique du monde d’hier avec les termes et les notions d’aujourd’hui, notamment en matière de séparation du bien et du mal. Bref, assumer l’inexactitude pour ne pas froisser son vis-à-vis et éviter de regarder son rétroviseur, accessoire pourtant vital pour arriver à bon port !

Alors, expertiser le passé ? Une ignominie. Car l’historiquement correct règne en maître et part du présent pour proposer une histoire mutilée, falsifiée, manœuvrée à travers les médias lourds, pis encore, à l’école des deux rives de la Méditerranée. Bien sûr les raisons sont différentes, mais se rejoignent par leur silence complice, si bien que leur but n’est pas la compréhension mais l’endoctrinement.
Pourtant, aucune idéologie, aucune politique ne peut justifier la disparition de millions de vies que la cruauté des moyens utilisés « pour le maintien de l’ordre» dépasse tout objectif concevable.

Par ailleurs, la guerre d’indépendance, la plus moralement justifiable des guerres, perd tout caractère moral lorsqu’elle exige un sacrifice collectif si énorme qu’il frise l’autodestruction.
Mais les adeptes de l’historiquement correct continuent de pourchasser toute velléité de briser les tabous liés à l’imbroglio des obstacles et des passions en Algérie et en France.

Il est temps de replacer tous les événements, y compris ceux qui fâchent, dans leur contexte, pour faire voler en éclats les idées reçues et les préjugés. Ce sera un gage aussi captivant que convaincant pour démentir les versions dites officielles de l’histoire qui ne reflètent trop souvent qu’une singulière caricature de notre passé commun.
L’historiquement correct doit céder le pas à l’histoire. C’est la voie idéale et salutaire pour des relations apaisées des deux côtés de la Méditerranée.

L’Algérie doit relever uniquement des Affaires étrangères mais pas d’un sujet de politique intérieure dans la politique française. Emmanuel Macron peut relever ce défi, il est d’une autre génération. Lire la suite

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