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A propos des récentes déclarations de Ali Haroun

Publié le 13/01/2016, par dans Non classé.

De retour à Paris d’où j’étais absent depuis la fin décembre 2015 pour des raisons professionnelles, je découvre l’ampleur de la polémique autour de la proposition faite (ou non) à feu Aït Ahmed par l’armée – à sa tête Khaled Nezzar – pour être « Président», après l’arrêt du processus électoral en 1992.
J’apprends aussi que Ali Haroun est revenu sur ses positions et ses déclarations antérieures à ce sujet. Il en a le plein droit. Néanmoins, par le présent propos, je veux apporter un éclairage que je juge important pour l’opinion publique nationale et plus que nécessaire pour défendre la crédibilité de ma signature et celle de mon journal qui me fait confiance.

Apparemment, M. Haroun n’assume pas quelques-unes de ses déclarations tenues dans une interview qu’il m’avait accordée après l’accident vasculaire cérébral du défunt Aït Ahmed, survenu au début de l’année dernière. L’interview a été publiée dans El Watan du 28 décembre 2015 comme témoignage (sans aucune volonté de polémiquer) sur les positions politiques du regretté depuis l’indépendance.

Voilà le fond d’un « démenti» de M. Haroun, publié dans El Watan du 29 décembre 2015 en page 2 : « Dans votre numéro du lundi 28 décembre 2015, vous publiez en page 2 mon entretien à Paris, en janvier 2015, avec votre correspondant, sous le titre : « Aït Ahmed a refusé d’être Président car il pensait que l’arrêt du processus électoral était un coup d’Etat».» Le texte ajoute que « je l’aurais rencontré avec le général Khaled Nezzar pour lui proposer la présidence de la République après l’arrêt du processus électoral en décembre 1991. Je voudrais préciser que je n’ai jamais rencontré Aït Ahmed à cette époque».

Sans vouloir porter un jugement sur sa personne et avec tout le respect que je lui dois, je tiens à mettre le concerné devant ses propres contradictions. Il s’agit d’un entretien (à consulter en ligne sur le site elwatan.com en version audio complète et brute) réalisé à Paris dans le bus du Colonial-Tour, le 4 février 2015. Lors de la transcription de cet échange de 27 minutes, j’ai respecté au maximum la fidélité des propos – certes parfois avec des reformulations (peut-être maladroites) de quelques questions, souvent exigées par le style journalistique et la mise en forme d’un entretien écrit.

Or, la forme n’a jamais déformé les « affirmations» de M. Haroun. Précisément, je n’ai pas reformulé la fameuse question litigieuse. Je lui ai posé la question suivante en parlant d’Aït Ahmed : « Il a dit dans ses témoignages que vous l’aviez rencontré avec le général Khaled Nezzar pour lui proposer la présidence de la République après l’arrêt du processus électoral, en décembre 1991.» M. Haroun a rétorqué, pratiquement sans attendre la fin de la question par : « C’est exact… mais il était contre.»

Ensuite, il enchaîne pour expliquer les raisons du « refus» par ses soupçons de coup d’Etat. Je n’ai donc absolument pas rajouté ces propos.
Mieux encore, supposons qu’il ait répondu d’une telle manière par inattention, chose possible vu le contexte de l’entretien, pourquoi ne m’a-t-il pas corrigé dans la suite des questions malgré mes nombreuse relances sur ce sujet ? Enfin, mon interviewé ne m’a pas demandé la relecture de l’entretien avant sa publication (ce que j’accorde souvent à mes interviewés, particulièrement quand il s’agit de sujets sensibles). Il ne m’a pas, non plus, demandé de respecter un quelconque « off». Lire la suite

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