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«70% de la production de courgette et de laitue perdus»

Publié le 13/08/2017, par dans Non classé.

– Les prix de certains produits ont augmenté. Il s’agit de la laitue et de la courgette. A quoi est due cette subite hausse sur les marchés ?

La raison de cette hausse des prix qui touche, disons-le, deux produits uniquement, soit la laitue et la courgette, est la chaleur. Ces deux produits ne résistent pas aux fortes chaleurs. En venant de l’aéroport (Dar El Beida, Alger), vous remarquerez les champs de salades complètement perdus. Il y a ce vent chaud et sec, le sirocco, qui détruit les récoltes.

Par ces fortes chaleurs, 45° et plus, les surfaces cultivées à Aïn Taya (Alger), à la Mitidja ou ailleurs, ne pourront jamais résister, d’où la baisse de l’offre et automatiquement une hausse des prix.

La marchandise récoltée ne tient pas, et les agriculteurs et les commerçants sont obligés de la jeter. D’ailleurs, je vous informe que 70% de la récolte de ces deux produits sont perdus. La chaleur donc explique la hausse des prix, alors qu’avant, ces produits étaient disponibles en quantité suffisante et vendus à des prix très abordables, comme ont dû le constater les consommateurs.

– Qu’en est-il de la tomate, dont le prix a augmenté légèrement, alors que l’on parle de récoltes très importantes pour cette saison ?

Les agriculteurs ont beaucoup perdu. Mais qui s’en soucie vraiment ? On a souvent pensé plus aux consommateurs qu’aux fellahs, dont les pertes sont énormes. Il y a eu effectivement une quantité importante de ce produit cette saison. Chez nous, au marché de gros, les prix de la tomate ne dépassaient pas 12, 15, 20 DA. Et, étrangement, les consommateurs, malgré ces faibles prix, l’ont boudée.

Je m’interroge : les clients préfèrent-ils les produits chers ? C’est visiblement le cas quand je vois que la production est jetée, puisqu’elle ne peut pas être stockée à tous les niveaux de la chaîne, ni par le producteur lui-même, ni par nous… A cela s’ajoute l’absence d’industrie de transformation qui aurait permis d’absorber la production.

– Les prix de la pomme de terre ont connu une légère hausse, selon les endroits et la qualité du produit. Une explication ?

Effectivement, les prix ont légèrement augmenté. Une seule explication à cela, la production a été récoltée et elle est actuellement stockée dans les chambres froides dans le cadre du Système de régulation des produits agricoles de large consommation (Syrpalac) instauré par les pouvoirs publics.

Donc pour maintenir les prix bas, il est essentiel que les gérants de ces chambres froides jouent le jeu pour ainsi éviter la spéculation. Comme nous l’avons soutenu dans nos discussions avec le ministère, les transactions doivent obéir à la règle de l’offre et de la demande. Sans cela, les prix seront incontrôlés.

– Qu’en sera-t-il pour les prochains jours ? Y aura-t-il de nouveaux produits de saison ou autres ?

Il faut préciser que la hausse des prix a touché deux ou trois produits, principalement, comme je l’ai dit précédemment. La carotte est actuellement disponible… Dans les prochains jours, nous allons voir l’arrivée de nouveaux produits, comme le chou-fleur, le chou… Nous allons surtout avoir tous les produits des Hauts-Plateaux, de Relizane, Tiaret, etc., et ainsi la courgette, la salade et la tomate seront de nouveau disponibles, ce qui fera baisser sensiblement les prix. Il y aura en septembre les récoltes sous serres de piment, tomates et autres…

– Quelles sont les propositions de l’Association des mandataires en fruits et légumes que vous présidez pour encourager la production et maintenir les prix à un niveau abordable ?

Nous avons toujours demandé une étude sur le marché pour avoir un plan des cultures pour mettre un terme à l’anarchie. Actuellement, nous constatons que les producteurs sont perdus, ils changent de récoltes, d’une année à une autre, au gré des aléas. Comme je l’ai soumis au ministère du Commerce, il y a trois paramètres à prendre en compte : la consommation, la transformation et l’exportation. L’harmonie entre ces trois critères est déterminante pour rassurer et encourager les agriculteurs à produire et ainsi maintenir les prix à des niveaux abordables.

– Vous avez réclamé aussi que la production agricole passe automatiquement par les marchés de gros…

Oui, effectivement. Nous avons demandé aux services du Commerce que toute la production récoltée suive un circuit préalablement défini; qu’elle passe d’abord par les marchés de gros, pour permettre de respecter la règle de l’offre et de la demande. Quand la marchandise suit ce circuit, on casse le monopole qui profite au réseau informel.

– Vous avez insisté, par ailleurs, sur la marge bénéficiaire…

Il faut impérativement déterminer la marge bénéficiaire des détaillants. Un coefficient peut être mis en place. Le chef de marché pourra efficacement le faire sur la base des factures présentées par les commerçants…
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