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«62 peines capitales ont été prononcées en 2015 en Algérie»

Publié le 07/04/2016, par dans Non classé.

En effet, en 2015, pour la première fois de l’histoire, les exécutions n’ont jamais été aussi élevées alors qu’en même temps, le nombre de pays qui appliquent la peine de mort est en net recul.
Dans son rapport annuel sur le recours à la peine capitale, Amnesty International révèle des chiffres inquiétants, les plus élevés depuis 25 ans. En effet, en 2015, pour la première fois de l’histoire, les exécutions n’ont jamais été aussi élevées alors qu’en même temps, le nombre de pays qui appliquent la peine de mort est en net recul. « 140 pays sont abolitionnistes en droit ou en pratique», a révélé Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty International Algérie (AIA), lors d’une conférence de presse tenue hier à l’hôtel Sofitel. « Sur les 173 pays membres de l’Organisation des Nations unies, 169 n’ont pas procédé à des exécutions», a encore déclaré la responsable de l’AIA. Alors, comment expliquer cette hausse ?

Pour Amnesty International, trois pays sont responsables à eux seuls de 89% des exécutions sur l’année 2015. L’Iran en comptabilise 977, alors que le pays des mollahs avait exécuté au moins 743 en 2014, soit une hausse de 31%. L’Arabie Saoudite a augmenté de 76% le nombre des exécutions, la plupart par décapitation, mais certains condamnés ont été passés par les armes. Le Pakistan a poursuivi les mises à mort autorisées par l’Etat, qui se sont multipliées depuis la levée du moratoire sur les exécutions de civils, en décembre 2014. Ainsi, au moins 326 personnes ont été exécutées en 2015. C’est le chiffre le plus haut jamais enregistré dans le pays.

Mais le rapport d’Amnesty révèle une tendance globalement encourageante vers l’abolition universelle de la peine de mort : 102 pays ne la comptent plus dans leur arsenal législatif, soit plus de la moitié des Etats du monde. Pour l’organisation internationale, malgré les revers enregistrés, cette année marque un tournant puisque le monde a continué de progresser vers l’abolition. C’est le cas du Congo, des îles Fidji, du Surinam et de la Mongolie.

« En 2015, la justice algérienne a prononcé 62 condamnations à la peine capitale», a révélé Mme Oussedik, qui s’empresse de préciser que le chiffre avancé est une estimation de l’AIA, car l’organisation se dit « victime du mutisme des institutions» lorsqu’il « s’agit d’obtenir des chiffres officiels». Si la plupart de ces condamnations le sont par contumace pour des infractions liées au terrorisme, AIA regrette l’ambivalence des autorités algériennes qui « défendent le principe de l’arrêt des peines capitales au niveau international mais se refusent de l’appliquer en Algérie».

« Pourtant en 2003, devant le Parlement européen, le président Bouteflika avait affirmé qu’il était personnellement favorable à l’abolition de la peine capitale», rappelle Mme Oussedik. La directrice d’AIA regrette que l’Algérie n’ait pas saisi l’occasion d’inscrire dans la nouvelle Constitution « la suppression de la peine capitale afin de faire avancer les droits humains».
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