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6000 Palestiniens vivent en Algérie : Les réalités de «la seconde patrie»

Publié le 17/02/2018, par dans Non classé.

6000 Palestiniens environ sont recensés dans notre pays selon la Ligue de la communauté palestinienne en Algérie. Ils sont le ciment humain qui rattache l’Algérie à la Palestine.
Si le soutien indéfectible de notre pays à la cause palestinienne n’est plus à démontrer, en revanche il y a encore des efforts à faire, particulièrement sur le plan administratif (carte de résident, permis de travail, visa…), pour faciliter la vie à nos frères palestiniens. Témoignages de Merouane, Ali et Tayssir…

Selon Hamza Altirawé, président de la Ligue de la communauté palestinienne en Algérie (Rabitate al Djaliya al Falastiniya), il y a approximativement 6000 Palestiniens qui vivent actuellement dans notre pays. « Ce chiffre inclut ceux qui ont pris la nationalité algérienne», précise-t-il avant d’ajouter : « Sur les 6000 Palestiniens recensés, il y a environ 1500 étudiants. 3000 Palestiniens sont là depuis longtemps.

Ce sont principalement d’anciens instituteurs, des enseignants à la retraite. Il y a aussi nombre de cadres politiques et militaires, de militants, qui sont restés ici. Ils sont arrivés après 1982», détaille Hamza Altirawé (voir interview, 2e partie).

Notons que parmi ces 6000 ressortissants, il y a 1500 étudiants palestiniens qui poursuivent leur cursus dans les universités algériennes. Notre interlocuteur souligne que le nombre des Palestiniens est relativement faible, comparé aux années précédentes, en indiquant que beaucoup de ses compatriotes sont rentrés après les Accords d’Oslo et la naissance de l’Autorité palestinienne.

« On fait partie des réfugiés de 1948»

Merouane Abed a 52 ans mais il fait moins que son âge, avec son air jovial et son esprit taquin. Barbe grisonnante et sourire béat imprimé sur son visage poupard, les joues rosies par le froid, il faut reconnaître que notre homme est un bon communicant. Il a parfaitement la tête de l’emploi, lui qui est responsable des relations extérieures au bureau du Fatah à Alger.

Nous avons rencontré Merouane à l’occasion d’un rassemblement anti-Trump organisé à la mi-décembre 2017 au siège de l’ambassade de Palestine à Dély Ibrahim. Il avait alors posté sur sa page Facebook ce message déroutant : « Chokrane Trump !» (Merci, Trump !) Des remerciements à prendre au second degré bien sûr. Pour lui, la décision du président américain de transférer le siège de l’ambassade américaine à Al Qods a au moins eu le mérite de raviver la mobilisation autour de la question palestinienne.

Merouane est arrivé en Algérie au début des années 1980. « J’ai débarqué précisément le 23 novembre 1983», se souvient-il avec exactitude. Le cadre du Fatah s’exprime en derja algérienne impeccable sur fond d’accent oriental. « J’avais à l’époque 17 ans et demi. En ce temps-là, nous vivions en Egypte, confie-t-il. J’ai passé mon bac là-bas.

Quand je l’ai obtenu, les autorités égyptiennes ont signifié à mon père qu’il fallait payer nos études universitaires, et en devises s’il vous plaît, comme tous les étrangers ! On devait payer 1000 livres sterling par an. Il lui était impossible de s’acquitter d’une telle somme, d’autant plus que nous étions 5 frères et sœurs, tous admis à poursuivre des études universitaires.

Cela voulait dire qu’il fallait payer 5000 livres sterling au total alors que mon père gagnait moins de 100 livres par mois. En plus, il touchait son salaire en livre égyptienne. Il faisait partie de la Brigade Aïn Djalout (une brigade de l’Armée de libération de la Palestine (ALP) qui était stationnée en Egypte, Ndlr). Quand il a appris qu’il y avait des bourses d’étude en Algérie, il n’a pas hésité à m’envoyer ici.» Merouane n’est pas né en Egypte mais « dans un camp de réfugiés palestiniens à Ghaza qui s’appelle Moukhayyam El Maghazi». « Nous, on fait partie des réfugiés de 1948.

J’ai deux frères et une sœur nés dans la région de 1948, tandis que trois autres membres de la fratrie sont nés dans les zones de 1967. Quand il y a eu le massacre de Bayt-Daras, ma famille s’est enfuie et s’est réfugiée dans les zones de 1967. La terre de mes aïeux a été confisquée pour l’aménagement d’un aéroport israélien», se désole Merouane. Et de poursuivre : « Donc, moi je suis venu en Algérie après avoir bénéficié d’une bourse. J’ai fait des études d’ingénieur en génie civil à Oran.

A l’époque, on touchait 2700 DA par trimestre. Je logeais à la cité universitaire Zeddour Brahim Belkacem. Il y avait Rachid Malaoui (Snapap) dans la même cité que moi. J’ai été obligé de suspendre mes études pendant deux ans pour apprendre la langue française.» Concernant ses activités militantes, Merouane ne les a pas interrompues en venant étudier en Algérie, loin de là : « Depuis le début, j’étais militant du Fatah.

A à la base, j’étais envoyé par le Fatah. L’Algérie attribuait au minimum 300 bourses aux étudiants palestiniens», dit-il. Elément très actif, Merouane s’est beaucoup investi dans les milieux étudiants : « J’étais président de l’Union des étudiants palestiniens basée à Gabès (Tunisie). Donc, je faisais des allers-retours entre l’Algérie et la Tunisie. D’ailleurs, c’est comme ça que j’ai connu Abdelaziz Belaïd quand il était à la tête de l’UNEA. Je l’ai rencontré à Gabès», relate-t-il.

« Game of Trump»

Merouane a passé une vingtaine d’années à Oran. C’est là qu’il a rencontré sa future épouse, une Algérienne, alors étudiante à USTO, spécialité hydraulique. Ils sont parents d’une fille âgée de 15 ans. « Depuis quatre ans, je suis établi à Alger», précise Merouane.

D’après lui, il y a une foultitude d’organisations palestiniennes qui sont actives dans notre pays : « Toutes les unions palestiniennes sont représentées en Algérie : celle des étudiants, des médecins, des juristes, des ingénieurs…Tous travaillent en bonne intelligence avec leurs homologues parmi les organisations et les syndicats algériens», se félicite-t-il.

S’agissant du Fatah, il assure : « Nous avons toutes les facilitations pour l’accomplissement de notre mission. Le mouvement Fatah travaille de façon tout à fait normale et mène toutes ses activités dans de bonnes conditions».

Et d’expliquer : « En Algérie, nous faisons un travail de mobilisation et de réflexion. Nous œuvrons aussi pour la formation des cadres palestiniens. Nous veillons également à la préservation et à la célébration des traditions palestiniennes, de la culture palestinienne. Nous nous attachons à renforcer les Lire la suite

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