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«500 migrants subsahariens arrivent quotidiennement sur le territoire national»

Publié le 11/04/2018, par dans Non classé.

L’Algérie n’est plus face à un flux migratoire, mais à « un déplacement massif» de populations vers son territoire. C’est ce qu’affirme Hacène Kacimi, directeur au ministère de l’Intérieur, chargé du dossier de la migration. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il parle d’une puissante organisation de 3000 à 5000 passeurs acheminant quotidiennement, vers l’Algérie, quelque 500 Subsahariens.
– De nombreuses ONG nationales et internationales ont violemment critiqué l’Algérie pour sa gestion du phénomène de l’immigration clandestine et l’accusent d’aggraver la détresse des migrants subsahariens en multipliant les opérations de refoulement. Qu’en pensez-vous ?

La détresse qu’évoquent les ONG ne se trouve pas en Algérie, mais dans les pays dont sont originaires ces migrants. Ceux qui accablent l’Algérie, ne disent jamais pourquoi ces milliers de Subsahariens risquent leur vie, en traversant des milliers de kilomètres dans des conditions inhumaines, juste pour rallier l’Algérie.

Ils évitent d’expliquer comment des pays aussi riches ont été pillés, minés par des conflits armés et réduits à la misère, à la famine et au sous-développement par des multinationales occidentales qui exploitent à fond leurs ressources. L’Algérie n’a jamais fui ses responsabilités. Elle a toujours été une terre d’accueil pour les migrants et continue à l’être au nom de la fraternité qui la lie avec les pays africains.

Elle a toujours été aux côtés de ces populations en détresse. Elle n’a jamais cessé d’apporter son aide même durant les périodes de disette. Mais, elle n’a pas pour habitude de médiatiser ses actions humanitaires, qu’elle fait dans la discrétion la plus totale. Durant ces trois dernières années, et malgré sa situation financière délicate, elle a dépensé 11 millions de dollars dans la prise en charge humanitaire des migrants à travers l’hébergement dans des centres d’accueil, l’accès aux soins, à la nourriture et aux commodités d’hygiène et de sécurité.

Je pense que notre pays est l’un des rares, pour ne pas dire le seul, à assurer sur ses fonds les opérations de rapatriement. Une bonne partie des Nigériens rapatriés ont bénéficié de produits alimentaires, vestimentaires et même, pour beaucoup, de médicaments, sans compter le transport jusqu’à Agadez et, pour certains, jusqu’à Niamey. L’Algérie entretient de bonnes relations avec le bureau du HCR ( Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés).

Les Subsahariens qui bénéficient du statut de réfugiés sont protégés par l’Etat. Les autorités travaillent en collaboration avec le HCR et tiennent à ce que le statut de réfugié ne soit pas détourné de sa vocation initiale et que les migrants économiques ne puissent pas bénéficier d’un tel statut. L’Algérie fait tout pour que des solutions soient trouvées avec les pays d’origine pour permettre aux ressortissants de ces derniers d’être rapatriés dans de bonnes conditions.

– Les ONG, qui travaillent en direction des migrants subsahariens, accusent l’Algérie de faire du profilage ethnique. Est-ce le cas ?

Dire que l’Algérie pratique le profilage ethnique est inadmissible. Les opérations de reconduction aux frontières de personnes en situation illégale sont menées régulièrement ces derniers temps, parce que les réseaux de passeurs se sont multipliés et le flux des migrants est devenu massif. Durant les cinq dernières années, le nombre de cette population a connu une hausse considérable et inquiétante pour dépasser les 400 000 personnes.

Ce qui constitue une véritable préoccupation pour les autorités aussi bien sécuritaires que politiques. Les opérations de reconduite aux frontières touchent les migrants en situation illégale qui posent un problème d’ordre public. Vous savez que parmi les Nigériens, par exemple, il y en a beaucoup qui s’adonnent à la mendicité sur la voie publique, et souvent c’est parmi eux que la traite des femmes et des enfants est pratiquée.

Ceux qui travaillent, même au noir, et qui ne posent pas de problème avec les lois de notre pays, ne sont jamais inquiétés. C’est le cas pour les autres nationalités africaines. Ce sont les migrants illégaux qui agissent en bandes mafieuses qui se retrouvent dans les reconductions aux frontières. Les réseaux de prostitution, de faux et usage de faux, de trafic de stupéfiants et de traite d’enfants sont en train de se multiplier, et dans les tribunaux, ces affaires prennent de l’ampleur.

– Pourquoi un tel flux massif vers l’Algérie ?

Nous pensons que ces opérations sont délibérées et bien organisées. Depuis quelques années, l’Algérie subit des pressions énormes pour la pousser à rouvrir les frontières aux millions de migrants clandestins, et faire de notre pays un réceptacle de la migration massive. Une situation qui aura des conséquences catastrophiques sur sa sécurité et sa stabilité.

Nous savons tous que l’Algérie est dans le viseur de certaines puissances. La ceinture de feu qui l’entoure n’est pas innocente, tout comme les installations successives de bases militaires étrangères au Mali, au Niger, en Libye et dans tous les pays de l’Afrique occidentale, orientale et centrale.

Cette militarisation de la région constitue des dérapages stratégiques, qui encouragent l’installation et l’extension du terrorisme et du djihad international, dans ce continent aux grandes richesses minières, laissant supposer la duplication imminente du scénario syrien et irakien vers l’Afrique, au nom fallacieux de la lutte contre le terrorisme.

– Comment expliquer qu’au même moment où nous assistons à une militarisation des pays qui nous entourent, le phénomène du terrorisme, la contrebande, la criminalité transfrontalière ne cessent de proliférer ?

C’est un vrai paradoxe qui explique de lui-même cette situation. Nous sommes bien encerclés. Jamais nos forces de sécurité n’ont saisi autant d’armes de guerre aussi sophistiquées les unes que les autres au niveau des frontières avec le Niger, le Mali que durant ces dernières années. Comment avec autant de moyens, de drones de surveillance et de troupes au sol, les terroristes arrivent à se déplacer, s’armer et à mener des attentats spectaculaires faisant des victimes de plus en plus nombreuses ?

L’Algérie est mise dans une situation des plus délicates. Elle est dans l’obligation de prendre des mesures pour assurer la sécurité de ses frontières et de sa population. Une mission qu’elle assume seule sur une frontière entre le Mali et le Niger longue de 2580 kilomètres. Elle n’a jamais demandé d’aide financière ou militaire, et n’en a jamais reçu, Lire la suite

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