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5 peines capitales et une réclusion à 12 ans requises contre les six accusés

Publié le 06/02/2018, par dans Non classé.

Cinq condamnations à mort ont été requises, hier, par le tribunal criminel près la cour d’Alger contre les accusés pour leur implication dans les attentats-suicides du 11 avril 2007 contre le Palais du gouvernement et les bâtiments de la police et de la gendarmerie à Bab Ezzouar.
Une autre peine de 12 années de réclusion criminelle a été demandée lors de ce procès, où la majorité des mis en cause ont reconnu leur appartenance à un groupe terroriste, mais nié toute implication dans les attentats.

Six des neuf accusés poursuivis dans le cadre des trois attentats-suicides du 11 avril 2007 à Alger, qui ont ciblé le Palais du gouvernement (tuant 22 personnes et blessant 222 autres), ainsi que les sièges des brigades de la police judiciaire et de la gendarmerie à Bab Ezzouar (qui ont fait 2 morts et 131 blessés) ont comparu hier, pour la seconde fois, devant le tribunal criminel près la cour d’Alger.

Tiré à quatre épingles, le visage bien rasé, Haddouche Salim, Ouzendja Khaled, Slimane Adlane, Bechar Hacene, Maarouf Khaled et Kritous Mourad devaient répondre de plusieurs chefs d’accusation, dont « appartenance à une organisation armée qui a pour but de semer la terreur et la désolation au sein de la population», « homicides volontaires avec préméditation» et « attentats à l’explosif», crimes pour lesquels ils ont été condamnés au mois de mars 2012 à des peines allant de la condamnation à mort à la réclusion criminelle perpétuelle, à l’exception de Kritous Mourad, qui a écopé de 10 ans de réclusion.

L’arrêt de renvoi fait état de 22 accusés, dont 13 en fuite, parmi lesquels Abdelmalek Droudkel, émir de l’organisation terroriste Aqmi, ainsi qu’une de ses phalanges qui sévissait à l’est de la capitale jusqu’à Thenia, dans la wilaya de Boumerdès. Dès l’ouverture de l’audience, et après l’intervention des avocats qui avaient soulevé des « vices de forme», que le juge a joint à l’examen de fond du dossier, le premier accusé appelé à la barre est Khaled Marouf.

Le juge lui rappelle les faits pour lesquels il est poursuivi : « Vous avez été chargé de ramener les véhicules ayant servi aux deux attentats-suicides commis à Bab Ezzouar, ainsi que la Mercerdes qui a été retrouvée bourrée d’explosifs à Hydra (ndlr devant le domicile de feu Ali Tounsi, ancien patron de la police).» L’accusé reconnaît avoir rejoint les terroristes, après sa sortie de prison où il a purgé sa peine pour une affaire liée à la subversion. « Aït Salem m’a demandé d’acheter un véhicule, parce que lui ne conduisait pas.

Mais il ne m’a pas dit à quoi il allait servir. Pour moi, il allait l’utiliser pour approvisionner les terroristes. Ils n’ont pas mis mon frère qui était avec eux dans la confidence, comment voulez-vous qu’ils se confient à moi ? Vous ne pouvez pas me tenir responsable de ce qu’ils ont fait avec ces véhicules.» Le juge insiste, mais l’accusé ne cesse de répéter qu’il a rejoint les maquis mais n’est pas impliqué dans les attentats.

Le juge : « Votre propre frère, qui était au maquis, dit que c’est vous qui aviez acheté le camion de type Chana utilisé contre le siège de la police et la Mercerdes bleue bourrée d’explosifs.» L’accusé : « Je ne savais pas ce qu’ils allaient faire avec. Je ne suis responsable que de l’achat de ces véhicules. Ils m’ont impliqué sans que je sache. Lorsque je l’ai su, j’ai eu très peur et j’ai décidé de me rendre.»

« Nous étions très liés, mais il ne m’a rien dit»

Le juge appelle Salim Hadouche. D’emblée, il nie tous les faits qui lui sont reprochés et pour lesquels il avait écopé de la peine capitale. « Vous étiez très lié à Abdeslam Samir, qui avait abandonné la Mercedes piégée. Vous l’avez hébergé chez vous la veille des attentats», lui lance le juge. L’accusé : « Nous étions dans la même prison à Berrouaghia. Nous sommes restés très liés. Il venait souvent chez moi avec sa famille.

Les trois jours qui ont précédé les attentats, il était chez moi. Sa sœur avait accouché à l’hôpital. Il lui rendait visite tous les jours. Il ne m’a rien dit.» Le juge lui rappelle certains de ses aveux qui, selon lui, sont tellement précis qu’ils ne laissent aucun doute sur leur véracité, puis il l’interroge : « Comment un terroriste qui prépare des attentats aussi graves, en achetant des véhicules, puis en les bourrant d’explosifs, peut-il avoir le temps d’aller donner à manger à sa sœur qui a accouché à l’hôpital ?»

L’accusé persiste à nier, puis précise : « Il m’avait dit qu’il allait rejoindre les maquis, mais pas plus…» Le juge : « Votre épouse a déclaré qu’il l’avait appelée au téléphone pour lui demander de vous informer qu’il a pris le chemin du maquis et que si la police cherche après lui, il ne faut pas avoir peur.» L’accusé marque un temps de réflexion puis dément. « Ce sont les propos de votre épouse. Il ne vous a pas appelé parce qu’il savait que votre ligne téléphonique était surveillée.» L’accusé se tait.

Le juge appelle Mourad Kritous, qui avait écopé d’une peine de 10 ans de réclusion criminelle. Il nie tous les faits qui lui sont reprochés en disant qu’ils ont été faits « sous la peur et la pression des services de sécurité». Il s’énerve puis déclare : « Ce qui m’a amené ici c’est un coup de téléphone d’un des terroristes.

Je ne sais même pas qui il était. J’ai signé les procès verbaux sans savoir ce qu’ils contenaient.»
Le juge appelle Adlane Slimane, condamné à une peine perpétuelle, pour avoir filmé mais aussi surveillé les cibles ayant été visées par les attentats-suicides. Le juge : « Si je prends en compte ce qui est écrit dans les procès-verbaux, vous êtes le plus important de tous. Vous avez enrôlé une bonne partie des gens.» L’accusé nie en bloc.

Le président lui fait remarquer qu’il avait reconnu avoir connu Merouane Boudina, un des kamikazes, qui était un enfant de son quartier. Mais lui dément et le juge persiste : « Boudina vous a demandé de recruter des jeunes et vous Lire la suite

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