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22e Sila: la problématique de la lecture de nouveau évoquée par les professionnels  

Publié le 01/11/2017, par dans Non classé.

ALGER- Le Salon international du livre d’Alger (Sila) relance, chaque année, le débat autour de la problématique de la lecture en Algérie et donne aux professionnels l’occasion de soulever le manque de données statistiques sur l’activité d’édition et partant sur le profil du lecteur et ses thèmes de prédilection.

Professionnels et écrivains tentent de mettre à profit ce rendez-vous pour expliquer les causes de l’absence des données claires sur le livre et le lecteur, ses orientations et ses choix, et autres indicateurs nécessaires aux éditeurs et distributeurs, de plus en plus nombreux au Sila.

Pour l’éditeur et écrivain Rabah Kheddousi, « l’Algérie ne parvient toujours pas, même avec 22 éditions de ce salon, à définir son lectorat » estimant que cela dénote d’un « dysfonctionnement » dans la politique générale du livre.

En l’absence d’une approche pratique pour définir le lectorat, la romancière Leila Hamoutane a fait le choix de se trouver « sa méthode » à partir du travail en ateliers d’écriture et de ses interventions au niveau des établissements scolaires. Une approche qui lui permis de déduire « son lectorat est plutôt féminin ».

Fort de son constat sur place, le jeune écrivain, Mohamed Djaafar soutient que le Sila permet de connaitre relativement le lecteur, affirmant que le lecteur qui ne peut se déplacer au Sila pour cause d’éloignement (notamment des villes éloignées)recherche plus le livre électronique comme « alternative ». Ce type de livre « a relancé la lecture même s’il ne permet pas d’en définir le pourcentage », a-t-il estimé.

L’écrivain-journaliste Lazhar Labtar, s’est, pour sa part, interrogé sur les leçons à tirer du Sila après 22 éditions, affirmant que cette manifestation « est appréhendée en termes de chiffres qui ne sont en rien indicatifs ».

Les organisateurs se contentent de communiquer sur le nombre des visiteurs qui « ne reflète nullement le taux du lectorat » imputant une part de responsabilité à l’Office national des statistiques qui « n’a toujours pas entrepris une enquête nationale » sur la question du lectorat afin de permettre d’en connaitre les catégories en termes de genre et de tranche d’âge mais aussi de langue de lecture.

Un « tableau illustratif » est aujourd’hui plus qu’une nécessité au vu de la longue expérience du Sila, affirme l’écrivain-journaliste Lazhar Labtar.

Par ailleurs, il juge « illogique » la démarche des éditeurs à n’imprimer que 1500 exemplaires de chaque titre dans un pays qui compte 8 millions de scolarisés et 2 millions universitaires.

A ce propos, le Coordinateur de l’organisation et de logistique au commissariat du SILA, Mohamed Ikreb, a indiqué l’APS que « le Commissariat du Salon n’a pas la prérogative d’obliger les participants à lui remettre des comptes rendus de leurs ventes », ajoutant qu’en dépit de cela, le Sila présente depuis toujours des statistiques « globales » fiables.

== Lacunes de la part du Centre national du livre==

La 22eme édition du SILA enregistre plus de 264.000 livres dont 184.000 étrangers, tous types confondus, a précisé M. Ikreb, estimant que « ces données préliminaires » constituaient pour « les instances concernées par le livre » la base d’un travail de statistiques.

Il a appelé, dans ce sens, le Centre national du livre, à saisir l’occasion du SILA pour distribuer « des formulaires » lui permettant de connaître les taux de vente par genre, sachant que le Commissariat avait fait état dans son guide de 70% de livres étrangers et 30% de livres algériens en notant que le livre électronique gagne davantage de terrain.

Le même responsable a tenu, dans ce sens, à mettre en exergue « l’expérience de l’Arique du Sud », invitée d’honneur du 22e Sila, pour mesurer le lectorat et déterminer les tendances générales des lecteurs.

M. Ikreb a annoncé le lancement, l’année prochaine, d’un système d’enregistrement destinés aux participants, étrangers et nationaux, permettant de « mieux définir » les livres exposés en fonction de leur genre et partant des ventes.

De son côté, le Directeur général du Centre national du livre, Djamel Yahiaoui a indiqué que le Sila était pour le moment « le seul indicateur » pour connaitre le lectorat à l’échelle nationale, affirmant que « l’accès à une information statistique exacte demeurait le problème majeur qui empêche le lancement d’un travail sur le terrain ».

« Le Centre, ont déploré des observateurs, Approchés par l’APS, ne respecte pas les missions qui lui ont été attribuées depuis sa fondation », à savoir la promotion du marché du livre au pays, la définition des orientations générales et les dysfonctionnements liés à la publication.

S’agissant du Centre national du livre, de nombreux observateurs ont déploré, dans leurs déclarations à l’APS, « le non respect des missions qui lui ont été assignées depuis sa créations » à savoir définir le marché du livre et déterminer les tendances générales et les dysfonctionnements.

A cela, M. Yahiaoui répond que le Centre « était focalisé, ces cinq dernières années, sur la phase de mise en place dans son volet organisationnel et réglementaire, outre la promulgation de la loi relative au livre et les textes d’application ».

L’étape à venir sera consacré au « lancement de projets » à même de renseigner sur la problématique de lecture en Algérie, a-t-il ajouté, sans donner plus de précision sur la nature de ces projets.

L’année 2018 verra la conception du « Guide des bibliothèques » ouvrant la voie à des opérations d’inventaire et à études statistiques en y associant les syndicats des éditeurs, le commissariat du SILA, les éditeurs et les distributeurs, a-t-il conclu.

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