formats

«2000 à 2500 terroristes de Daech pourraient retourner chez eux en Europe ou aller au Sahel»

Publié le 15/12/2016, par dans Non classé.

– Comment les pays africains avec leur vulnérabilité et leur manque de moyens peuvent-ils faire face à l’arrivée de contingents de Daech contre lesquels vous avez mis en garde ?

Ce que nous faisons en matière de lutte contre le terrorisme sur le continent, à travers le Caert, Afripol qui va bientôt être opérationnel, les processus de Nouakchott et de Djibouti, constitue un effort gigantesque pour renforcer les capacités des pays africains et les aider à faire face au fléau. Sur le terrain, nous avons l’Amisom, une force de l’Union africaine en Somalie, et nous travaillons pour déployer une autre force africaine dans le cadre des Nations unies au nord du Mali.

Malheureusement, nous enregistrons aujourd’hui cet élargissement du champ d’action des groupes terroristes à partir du Nord-Mali mais aussi des pays du voisinage. Il faut absolument que collectivement, avec les Nations unies et tous nos partenaires, nous fassions face à cette menace. Elle peut perturber la mise en œuvre de l’accord de paix au Mali.

– Parallèlement, le danger prend de l’ampleur avec l’arrivée des « combattants étrangers ou plus précisément les terroristes de Daech …

C’est un élément qui complique avec la multiplication des bombardements aériens et la récupération des villes occupées par les groupes de l’Etat islamiques. Les spécialistes affirment que 2000 à 2500 sur les 5000 terroristes répertoriés pourraient revenir en Europe ou vers leur pays d’origine. Nous avons beaucoup d’Africains parmi ces derniers et leur présence est déjà signalée en Somalie et au Yémen. Donc c’est une question qui devient prioritaire.

Nous devons être en mesure de bénéficier d’un échange d’informations et d’intelligence avec tous nos partenaires pour pouvoir s’y préparer. Nous devons développer une coopération plus forte pour juguler ce danger. En Libye, après la perte de Syrte, il faudra qu’on fasse attention non seulement à la frontière tunisienne, mais également au Sahel. C’est pour vous dire que nous avons besoin d’une mobilisation quasi permanente.

– La force africaine au nord du Mali va-t-elle remplacer la force onusienne, la Minusma ?

En fait, nous avons un exemple au RDC. Une brigade africaine qui a fait la différence sur le terrain. Aujourd’hui, le Conseil de sécurité a accepté une force de protection au Sud-Soudan. C’est une force africaine également. C’est ce modèle-là qui va s’imposer crescendo. L’avantage de ces forces, c’est qu’elles auront un mode d’exercice plus robuste et surtout des règles d’engagement différentes.

Elles pourront réellement aller rechercher les terroristes. Cela nous permettra au nord du Mali de perturber toute l’économie criminelle et les réseaux extrêmement liés au terrorisme. J’espère la mettre en place rapidement. Deux groupes techniques ont été dépêchés avec les Nations unies et tous les pays concernés, dont la France.

– Faut-il s’attendre au départ des troupes françaises ?

Je ne peux pas parler au nom de la France, c’est à elle d’en décider. Mais, il faut reconnaître que sa contribution a été positive. Maintenant, on voit qu’il faut un surcroît d’efforts, de moyens et d’effectifs

– Avez-vous discuté avec la Tunisie, sachant que des centaines de ses ressortissants parmi les terroristes de Etat islamique risquent de retourner chez eux ?

Notre disponibilité est totale avec tous les Etats africains. Nous avons parlé de moyens techniques de communication sécurisés mais évidemment tous les pays ayant besoin de l’assistance et la coopération en bénéficient totalement. Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé «2000 à 2500 terroristes de Daech pourraient retourner chez eux en Europe ou aller au Sahel»
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair