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18 millions d’euros de commissions payés pour l’usine d’ammoniac d’Arzew

Publié le 15/01/2018, par dans Non classé.

Des généraux, de hauts fonctionnaires de l’Etat, des politiques : la justice espagnole a mis au jour un système de corruption internationale comprenant une douzaine de dirigeants et cadres algériens grassement payés pour avoir sécurisé des contrats du groupe Villar Mir et sa filiale Fertiberia en Algérie.
Le juge José de la Mata Amaya, le président du 5e pôle pénal de l’Audiencia Nacional, le tribunal à compétence nationale et internationale de Madrid, et ses limiers ont découvert plus d’un cadavre dans les placards du florissant business espagnol en terre algérienne. Premier gros client de l’Algérie (avec plus de 15 milliards de dollars de volume d’échange), l’Espagne était jusque-là relativement épargnée par l’avalanche de scandales de corruption entachant les segments de la commande et des marchés publics.

Après le groupe espagnol Elecnor en 2015, c’est au tour de Fertiberia, filiale du groupe Villar Mir — 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires —, d’être dans le collimateur de la justice espagnole. Citant des sources judiciaires, la presse ibérique a fait état, vendredi dernier, de l’ouverture d’une enquête après la découverte de traces de paiements effectués par Fertiberia à une société-écran, Tadfield Limited, basée au Royaume-Uni.

Cadena Ser — le plus important groupe médiatique d’Espagne — rapporte qu’un paiement de 1 887 980,40 dollars a été effectué à Tadfield Limited, qui en a reversé ensuite près de 1,6 million de dollars sur des comptes bancaires, dont ceux d’un général, Atmane Bahloul (décédé dans une clinique à Pampelune, au pays basque espagnol, en 2013), et Mahmoud Ouadah, père du colonel Salim Ouadah.

D’après les mêmes sources, ce paiement s’est fait en échange des services de « médiation» entrepris auprès de décideurs algériens pour l’obtention de licences pour la construction d’usine d’ammoniac et urée, l’usine d’ammoniac d’Arzew plus précisément, dont le contrat, signé en juin 2007, portait sur 315 millions d’euros.

Volet scindé de l’affaire Elecnor dite « Arístegui y de la Serna» — du nom de l’ancien ambassadeur d’Espagne à Alger, Gustavo de Aristegui, et Pedro Gomez de la Serna, député du Parti populaire espagnol, soupçonnés entre autres d’avoir touché plusieurs millions d’euros de commissions dans le cadre de « contrats algériens» d’Elecnor, dont le tramway de Ouargla et la station de dessalement de Oued Tlélat —, les dirigeants de Fertiberia et Villar Mir avaient eu recours au réseau dense tissé par Arístegui et de la Serna en Algérie et leur homme de main à Alger, Cristobal Tomé (décédé).

Les premières investigations ciblant Fertiberia ont été enclenchées après la saisie à Pampelune, au siège d’AS Auditor & Consulting, cabinet conseil officiant pour le compte d’Arístegui et de la Serna, de documents mettant en relation le groupe Villar Mir avec des sociétés-écrans, parmi lesquelles figurent deux sociétés néerlandaises : Bronburg BV et Castelino BV.

La première a été utilisée d’après El Mundo (du 20 septembre 2016) pour effectuer le paiement des commissions arrangées dans le cadre de l’achat de parts de Fertial. Fertiberia est devenue actionnaire à hauteur de 66% dans Alzofert de Annaba et Fertial d’Arzew, alors que Castelino BV a vu transiter une commission mirifique de 18 millions d’euros, pot-de-vin collatéral à la signature du contrat de la construction de l’usine de production d’ammoniac d’Arzew.

Le document-clé saisi par les juges et qui lie Fertiberia à Castelino BV consiste en un simple contrat de consulting pour la « construction d’une usine d’ammoniac en Algérie» auquel ne correspondait pas l’énormité de la somme payée.

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