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14 accusés devant le tribunal criminel pour l’affaire Leïth

Publié le 02/02/2018, par dans Non classé.

Dans une salle archicomble, le procès des personnes impliquées dans l’enlèvement du bébé Leith Kaoua de la maternité du CHU de Constantine s’est ouvert, hier matin, au tribunal criminel de Constantine, qu’une grande foule est venue le suivre de près.
Quatre personnes présumées coupables sont impliquées dans cette affaire largement médiatisée à l’époque, qui avait défrayé la chronique à Constantine, soulevant aussi des réactions à l’échelle nationale au mois de mai 2014. Dans la nuit du 26 au 27 mai 2014, le bébé Leïth Kaoua avait disparu de la nurserie du CHU de Constantine. L’enquête des services de la police après le dépôt de plainte de la famille du nourrisson révélera qu’il s’agissait bel et bien d’un enlèvement planifié et prémédité, avec la complicité de certains employés du CHU. Ce que les investigations confirmeront plus tard.

Il a fallu quinze jours d’intenses recherches pour que le bébé soit retrouvé sain et sauf chez une femme à Tamalous, dans la wilaya de Skikda. Zina B., ex-employée à l’OPGI de Tamalous, sera arrêtée en compagnie de son mari, Saïd N. D’autres personnes seront arrêtées pour complicité. Le fait marquant de ce procès a été l’absence de la principale accusée, Zina B., décédée durant son incarcération au début de l’année dernière.

Les quatre autres principaux accusés, dont le mari de la femme qui serait l’auteure de l’enlèvement, un intermédiaire, un agent de sécurité et une sage-femme ont comparu, hier, devant le tribunal criminel. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux, enlèvement d’un mineur, possession d’arme blanche, corruption et complicité. Dès le début du procès, le principal accusé, Saïd N., a déclaré devant le président n’avoir pas de défense. Son avocat constitué d’office a demandé le report de l’affaire pour l’étude du dossier de son mandant.

Chose que le tribunal a catégoriquement rejetée, ce qui a poussé l’avocat à se retirer, avant que le tribunal ne désigne un second avocat pour le concerné. L’audience s’est poursuivie durant toute l’après-midi d’hier par l’audition des quatre principaux accusés en détention, dix autres qui étaient en liberté provisoire ainsi que quatre témoins parmi les employés du CHU. Appelé à la barre, le principal accusé, Said N., a nié avoir prémédité ou planifié cet enlèvement. « Je voulais juste avoir un bébé pour ma femme.

On m’a appris qu’une femme ayant accouché d’un enfant illégitime voulait se débarrasser de son bébé contre une somme de 90 millions de centimes, mais je ne savais pas qu’il s’agissait d’un enfant enlevé. J’ai juste payé la somme de 60 millions de centimes à un intermédiaire pour avoir le bébé», a-t-il déclaré. De leur côté, l’intermédiaire qui a préparé « le marché» et un agent de sécurité de la maternité ont tenté de rejeter les accusations portées à leur encontre.

L’agent de sécurité ira jusqu’à nier même avoir connu les deux autres accusés, alors qu’il était en leur présence sur les lieux au moment des faits, selon des témoins. Toutefois, selon l’arrêt de renvoi, l’enquête policière a révélé qu’il y a eu des appels téléphoniques entre les deux mis en cause, démontrant bien leur implication dans cette affaire.

De son côté, la sage-femme accusée d’avoir délivré le certificat d’accouchement et qui a permis de faire sortir le bébé a nié avoir apposé sa signature et son cachet sur le document, alors qu’elle se trouvait de garde ce jour-là. Devenu une affaire d’opinion publique, le procès a drainé aussi de nombreuses sages-femmes, dont Akila Guerrouche, présidente de l’Union nationale des sages-femmes algériennes (UNSFA), venues en solidarité avec leurs collègues présumées coupables.

Les témoins appelés à la barre ont tous confirmé que cet enlèvement n’aurait pu avoir lieu sans une complicité de l’intérieur de la maternité, surtout que l’acte a été commis durant la nuit. Un fait qui démontre aussi la situation chaotique qui régnait au service de la maternité du CHU de Constantine où des personnes étrangères pouvaient s’y introduire sans aucun problème. Au moment de la rédaction de cet article, l’audience a été levée momentanément pour se poursuivre par le réquisitoire du procureur général et les plaidoiries des avocats. Lire la suite

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